Recherche concluante pour l’utilité des insectes dans la résolution de crimes


Ceux qui aiment les séries médico-légales savent que les insectes ont une grande importance dans cas de meutre pour donner un moment approximatif de la mort, mais quand la victime est mis dans un contenant, cela peut changer beaucoup de chose. Une étude menée au Canada et simultanément en Allemagne donne des outils qui aideront sûrement les techniciens en médico-légal
Nuage

 

Recherche concluante pour l’utilité des insectes dans la résolution de crimes

 

 

Insectes

Des insectes étudiés dans le cadre des expériences du professeur Moreau et de son équipe. Photo :  ICI Radio-Canada/Nicolas Steinbach

Un texte de Nicolas Steinbach

Les données recueillies par une équipe de l’Université de Moncton confirment l’utilité des insectes lors de l’étude de scènes de crimes par les services policiers.

L’expérience du professeur d’écologie Gaétan Moreau et de ses étudiants aura duré une centaine de jours cet été. Ils ont déposé 15 carcasses de porc dans des contenants de différentes tailles avec différents degrés d’étanchéité, soit des valises, des poubelles et des barils. Les chercheurs ont ensuite progressivement ouvert les contenants pour recueillir les populations d’insectes à l’intérieur et à l’extérieur des contenants.

L’étude est effectuée en collaboration avec l’Université de Francfort, en Allemagne. L’expérience du côté allemand a particulièrement porté sur les insectes à l’intérieur des contenants, tandis que l’équipe de l’Université de Moncton s’est surtout intéressée aux insectes qu’on retrouve à l’extérieur des contenants, ce qui révèle des données inédites.

On a établi différents groupes d’insectes pour différentes scènes de crimes impliquant des corps reposant dans des contenants. Cela a permis aussi à Gaétan Moreau et à son équipe de mieux établir le temps de colonisation par rapport à la durée et la température. Selon le professeur, les techniciens en identité judiciaire, en scènes des crimes, et les enquêteurs seront mieux préparés avec les données recueillies.

« On a une étude assez détaillée, assez complexe et qui amène quand même à des résultats assez clairs et qui est proactive. […] Si on ne fait pas attention, on pourrait perdre des informations qui sont cruciales pour régler un cas médico-légal. Par exemple, si on a eu un type de larves qui a été très abondant et que c’était imprévu sur les valises, si on approche cette valise-là , qu’on l’ouvre, les larves vont tout simplement se sauver. Ce sont des larves qui sont très timides, donc elles vont disparaître, on va perdre cette information-là et à ce moment-là notre capacité à déterminer le moment du décès vient de disparaître », explique le professeur Moreau.

Les données ont une portée internationale

Lors d’enquêtes sur des meurtres, il arrive de plus en plus que les policiers retrouvent le cadavre dissimulé dans une poubelle ou des valises. Il y a eu par exemple l’affaire Magnotta il y a quelques années. Des membres avaient été envoyés dans des valises et des boites à différents endroits.

Le fait que l’étude ait produit des données avec autant de répétitions sur une aussi longue période et sur deux continents est inédit, selon Gaétan Moreau.

« Les expérience faites sur plus d’un continent, ce n’est pas commun dans le médico-légal. En fait, ça ne se fait pas. Personne ne fait ça. Les gens vont généralement faire des données au niveau local. Là, on le voit quand on décidé de faire l’expérience à des endroits différents, on est capable de voir des similitudes assez importantes pour faire des conclusions, pour faire ce qu’on appelle de l’inférence, et ça, c’est quelque chose qui manque terriblement en cour. L’ensemble des conditions qu’on retrouve dans cette expérience en sciences médico-légales, c’est inédit », souligne le professeur Moreau.

Gaétan Moreau

Le professeur Gaétan Moreau et une étudiante examinent des échantillons d’insectes. Photo :  ICI Radio-Canada/Nicolas Steinbach

Des projets avec les services policiers

Gaétan Moreau et son équipe ont de plus en plus de rapprochements avec la GRC. Les expériences effectuées se retrouvent de plus en plus dans les bases de données des policiers. M. Moreau dit qu’il leur offre des outils, des modèles qui permettent d’établir des probabilités, d’être plus précis sur les intervalles de la mort.

Un premier entomologue médico-légal dans la GRC a été nommé en Alberta. Il s’agit de Jean-Philippe Michaud, un ancien étudiant de Gaétan Moreau. Avant, on devait souvent faire appel à des spécialistes qui viennent de l’extérieur du pays, ce qui donnait des résultats mitigés. Il n’y en pas encore en Atlantique parce qu’il s’y commet peu de crimes graves impliquant des corps dans des contenants, selon le professeur Moreau.

Il s’est développé une expertise unique dans le domaine de l’entomologie médico-légale à l’Université de Moncton. Ces travaux sont suivis dans le monde pour leur rigueur scientifique.

Dès janvier, l’Université de Moncton offrira un premier cours de biologie médico-légale. Gaétan Moreau explique qu’on veut développer et transmettre une expertise. Selon lui, le sujet suscite beaucoup d’intérêt chez les étudiants. Les expériences menées durant l’été vont faire partie du matériel du cours.

http://ici.radio-canada.ca/

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