Les fourmis aussi peuvent être flemmardes


Les animaux ont leur personnalité, alors, pourquoi pas les fourmis ? Certaines sont plus téméraires, alors que d’autres plus paresseuses.
Nuage

 

Les fourmis aussi peuvent être flemmardes

Deux fourmis viennent collecter du miel, déposé sur la feuille d'une plante. © SIPA PRESS

Deux fourmis viennent collecter du miel, déposé sur la feuille d’une plante. © SIPA PRESS

Par Louise Duclos

Des chercheurs ont découvert toute une palette de tempéraments chez ces insectes. Fini l’image de l’ouvrière appliquée, les fourmis ont, elles aussi, une personnalité… qui peut les éloigner du travail.

FOURMIS. Bien loin de l’image que nous expose la fable de la Fontaine, les fourmis n’ont pas pour unique qualité l’assiduité au travail. Au contraire, il existe chez elles différents types de comportements, comme nous l’affirme une nouvelle étude, publiée dans Behavorial Ecology Parler de « personnalité » pour les animaux n’est pas quelque chose de nouveau.

Cela a débuté dans les années 1990, où « les observations sur le règne animal ont démontré des fluctuations de comportement au sein des vertébrés et des invertébrés », fait savoir àSciences et Avenir Raphael Boulet, chercheur à l’Institut de recherche sur la biologie de l’insecte et responsable de cette étude.

Il en est de même chez les fourmis, qui peuvent adopter une attitude dynamique, courageuse et agressive, ou à l’inverse un tempérament calme, discret et peureux. Ces deux catégories de comportement déterminent leur adaptation à un environnement ou des variations dans leur façon d’amasser de la nourriture.

Deux types de comportement

Pour arriver à ce constat, les scientifiques ont étudié les fourmis de l’espèce Aphaenogester senilis, que l’on retrouve dans le pourtour méditerranéen. Ils ont collecté des colonies d’adultes à une période où elles ont énormément de larves.

« Ce qui était important pour cette étude, c’était de contrôler l’âge des fourmis », explique le chercheur.

Effectivement, les fourmis ont un comportement qui change au cours de leur vie. C’est pourquoi ils se sont focalisés sur des larves, placées au sein d’un nid artificiel (avec toutefois un petit nombre d’ouvrières pour les élever). Une fois adultes, ils les ont testés dans différentes conditions expérimentales, afin de voir émerger les différents types de personnalité. Ainsi, les chercheurs ont pu déterminer quelles colonies étaient assez téméraires pour se risquer à découvrir de nouveaux territoires. Pareille mise en situation a permis de distinguer les colonies entre elles : l’une restera au nid alors que l’autre partira à l’aventure…

Cependant, il ne faut pas réduire les fourmis à deux comportements extrêmes.

« Il y a plein d’axes comportementaux », insiste Raphael Boulet. « A chaque fois, on va essayer d’avoir une réponse le long d’un continuum où on va essayer de faire émerger des différences entre individus. »

 Les chercheurs ont en effet constaté d’autres distinctions à travers les tests effectués, comme le comportement envers les larves par exemple : certaines seront protectrices tandis que d’autres seront négligentes. De même, l’agressivité n’est pas propre à une colonie :

« Les fourmis sont de façon générale très agressives » même s’il persiste différents degrés d’hostilité. Cela rend-t-il les colonies courageuses plus aptes à survivre, et à évoluer, de génération en génération, vers des fourmis plus évoluées ? Non, « les animaux téméraires pourront coloniser de nouveaux habitats, ils auront donc un bénéfice. Cependant, le fait d’être téméraire fait qu’on est exposé aux prédateurs et au risque », affirme M. Boulet.

Et le chercheur de mettre l’accent sur la vraie originalité de cette nouvelle étude : montrer qu’au-delà de « l’individu » fourmi, c’est la colonie qui possède une personnalité.

« La colonie va avoir une personnalité de la même façon qu’un individu solitaire : la colonie est un superorganisme et le comportement de groupe permet cette émergence de la complexité » conclut le chercheur.

http://www.sciencesetavenir.fr/

2 réponses à “Les fourmis aussi peuvent être flemmardes

  1. Chaque fourmis à son tempérament oui ok, mais cette étude à déjà était faite par le professeur Yves Rocard (qui est le père de l’ancien premier ministre Français Michel Rocard) que chaque fourmis à bien un rôle déterminé même si elles sont de même classe, celles qui sont moins vaillantes reste à la colonie et font autre chose pour la collectivité les autres vont chercher à l’extérieur.

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