La poussière en dit long sur les habitants d’une maison


Il reste probablement à peaufiner leur recherche pour que l’étude de la poussière serve à des enquêtes policières. On sait qu’il est possible de déterminer le lieu géographique grâce aux champignons, mais les bactéries pourraient même dévoiler qui habite dans le domicile étudié, femme, homme, et même les animaux
Nuage

 

La poussière en dit long sur les habitants d’une maison

 

lev dolgachov/Syda Productions – Fotolia

Chaque maison possède en moyenne 5.000 espèces différentes de bactéries et 2.000 espèces différentes de champignons.

Par Nicolas Plantey

Les bactéries et champignons qui traînent dans nos intérieurs permettent de dire si un chien, un chat, un homme ou une femme vivent ici, assurent des chercheurs américains.

Que vous viviez avec des animaux, seul ou en couple, la poussière de votre foyer peut révéler beaucoup sur vos habitudes. À partir des milliers d’espèces de micro-organismes présentes dans les maisons, des chercheurs américains de l’université de Boulder au Colorado et de l’université de Caroline du Nord sont parvenus à identifier des populations de bactéries qui donnent des informations sur leurs occupants. Dans un article publié mercredi dans la revue Proceedings B ils imaginent même que cette technique pourrait être utilisée dans le cadre d’enquêtes judiciaires.

Chaque maison abrite en moyenne 5.000 espèces différentes de bactéries et 2.000 espèces différentes de champignons, expliquent les chercheurs. Invisibles à l’œil nu, ces micro-organismes sont la signature de certains de leurs hôtes. Par exemple, les bactéries présentes sur la peau comme lesCorynebacterium et Dermabacter sont plus nombreuses chez les hommes, tandis que les bactéries vaginales comme les Lactobacillus permettent d’identifier des femmes, explique Noah Fierer, chercheur à l’université de Boulder et coauteur de l’étude.

Les hommes moins soigneux

Entre hommes et femmes, les différences de bactéries s’expliquent en partie par des habitudes sanitaires différentes, explique Noah Fierer.

«Les femmes abritent moins de bactéries cutanées. Elles se lavent plus souvent et utilisent plus de produits cosmétiques que les hommes», interprète-t-il.

Les hommes moins soigneux diffuseraient alors plus de bactéries dans leur environnement.

Chez les chiens et les chats, le principe est le même. Les chercheurs ont réussi à identifier, dans une maison, 56 espèces de bactéries différentes qui trahissent la présence d’un chien et de 24 espèces pour les chats.

Transportés par les poussières et les courants d’air, ces micro-organismes se déposent sur les tranches hautes des portes, où, préservés des coups de plumeau, ils s’accumulent avec le temps. Les chercheurs américains ont analysé par séquençage d’ADN les poussières de 1142 domiciles différents, récoltés par des volontaires dépêchés sur place. Afin de vérifier si ces micro-organismes provenaient bien des habitants et non de l’extérieur, ils ont fait deux prélèvements: un sur la porte de la salle de séjour, où la diversité des occupants est la mieux représentée et un sur la porte d’entrée, pour pouvoir identifier et éliminer les micro-organismes provenant de l’extérieur.

Un profil bactériologique

Les bactéries permettent de récolter des informations sur les habitants d’une maison, explique l’équipe de recherche, tandis que les champignons renseignent sur la situation géographique du domicile. Alors qu’ils ont observé une grande différence entre porte intérieure et extérieure chez les bactéries, les espèces de champignons restaient les mêmes.

Au contraire, l’analyse de 70% des échantillons leur a permis d’établir des listes de bactéries spécifiques à chaque profil d’occupant, qu’il soit humain ou animal. Grâce à ces profils bactériologiques, ils se sont essayés à faire des prédictions sur les 30% d’échantillons restants. Pour les animaux de compagnie, la tentative est plutôt réussie: les chercheurs ont détecté avec succès 92% des chiens et 83% des chats. Les chats ayant un profil bactériologique plus simple (32 espèces de bactéries de moins que les chiens), leur détection est moins précise.

En revanche, «nous n’avons pas pu faire des prédictions sur la proportion entre hommes et femmes», reconnaît Noah Fierer dans une interview au Figaro.

À cause du manque d’hommes seuls dans les échantillons qu’ils ont prélevés, les scientifiques n’ont pas pu déterminer un profil bactériologique suffisamment précis pour distinguer hommes et femmes. Ce profil doit être d’autant plus rigoureux que contrairement aux animaux de compagnie, il faut distinguer des individus d’une même espèce.

 Néanmoins, «nous avons pu identifier de nombreuses espèces de bactéries laissant espérer la possibilité de ce type d’analyses», conclut-il.

http://sante.lefigaro.fr/

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