Le Saviez-Vous ► Quinze mythes sur le cœur


Peut-on vivre sans coeur? Doit-on tousser si une crise cardiaque survient ? Les maladies du coeur sont-ils des maladies des temps modernes ? Et bien d’autres questions qui sont souvent fausses ou une partie vraie
Nuage

 

Quinze mythes sur le cœur

Par Sarah Laîné – Le 14/08/2015

Il est indispensable à la vie et symbolise le sentiment le plus noble : Le Figaro passe à l’épreuve de la médecine 15 idées reçues autour du coeur.

1) Les maladies cardiaques épargnaient nos ancêtres

Une équipe internationale de scientifiques a examiné au scanner les corps de 137 momies couvrant près de quarante siècles. Les analyses publiées en 2013 ont permis de révéler que les hommes sont touchés par l’athérosclérose depuis au moins 4 000 ans. Un tiers des momies présentait en effet des artères obstruées par des dépôts de graisse. Responsable de l’infarctus ou de l’attaque cérébrale, l’athérosclérose ne serait donc pas uniquement une maladie de notre monde moderne. L’âge serait en fait le premier facteur de risque, même si la sédentarité, le tabac, le diabète, l’obésité ou encore la «malbouffe» favorisent la survenue de cette maladie. Plusieurs études ont d’ailleurs démontré l’influence du mode de vie sur les maladies cardiaques.

2) On peut vivre sans cœur

En 2009, Jakub Halík, un Tchèque de 38 ans est décédé après avoir vécu six mois sans cœur: un record mondial. Victime d’une tumeur cardiaque très rare, les médecins avaient dû remplacer l’organe malade par un cœur artificiel constitué de deux pompes mécaniques. Plus récemment, le premier patient français transplanté avec un cœur artificiel autonome a vécu 75 jours. Le 5 novembre dernier, la société Carmat annonçait que le deuxième patient, opéré début septembre au CHU de Nantes, se «portait très bien».

3) Le cœur brisé est juste une figure littéraire

Crédit photo: Flickr/suez92

Crédit photo: Flickr/suez92

Un accident, la perte d’un être cher ou tout autre traumatisme psychologique important peut vous briser le cœur, au sens propre du terme. Le «syndrome des cœurs brisés», «faux infarctus de stress» ou encore «syndrome de tako-tsubo» est une réelle pathologie cardiaque, qui peut survenir après un choc émotionnel ou physique violent. Les symptômes cliniques miment ceux d’un infarctus. Certaines régions du muscle cardiaque ne se contractent plus normalement suite à une trop forte libération de catécholamines, les hormones du stress. Touchant principalement les femmes, cette maladie présente généralement une évolution favorable. La plupart des patients retrouvent un état de santé normal après trois à six mois de traitement.

4) Tousser permet d’échapper à une crise cardiaque

Depuis quelques années, une fausse information circule sur les réseaux sociaux: il serait possible d’échapper à une crise cardiaque en toussant vigoureusement lors de l’apparition des symptômes. La solution semble simple, mais elle n’est basée sur aucune étude scientifique. Bien au contraire, lors de la survenue d’un infarctus, se mettre à tousser violemment peut entraîner une dépense d’énergie défavorable. En cas de douleur thoracique persistante, souvent associée à une sensation de malaise, l’unique bon réflexe est donc d’appeler les urgences

5) Se laver les dents n’a rien à voir avec le cœur

Crédit photo: Flickr/Stan Olliff

Crédit photo: Flickr/Stan Olliff

Plusieurs études ont démontré les liens entre la santé bucco-dentaire et la santé cardiaque. En 2011, des travaux menés par des cardiologues taïwanais sur plus de 100 000 patients ont permis de montrer que se faire régulièrement détartrer les dents (au moins une fois par an) permet de réduire de 24 % le risque d’attaque cardiaque et de 13 % celui d’attaque cérébrale, comparé à des personnes qui n’ont jamais reçu de soins dentaires. En 2013, une nouvelle étude américaine a pour la première fois fourni une explication. Selon les chercheurs, les bactéries dentaires pourraient contribuer à la formation de plaques (athérome) sur la paroi des artères. Or l’athérosclérose est responsable de la grande majorité des cas d’accidents cardiovasculaires.

6) L’insuffisance cardiaque n’est pas mortelle

L’insuffisance cardiaque touche près d’un million de personnes en France. Elle est la troisième cause de décès par maladie cardio-vasculaire, derrière les accidents vasculaires cérébraux et les infarctus. Elle concerne en quasi-totalité les personnes âgées de plus de 65ans. En 2013, des chercheurs français ont publié une étude montrant que la mortalité par insuffisance cardiaque avait diminué de 30% entre 2000 et 2010, avec 23882 décès recensés en 2010. Des résultats très encourageants. Néanmoins, malgré une meilleure prise en charge, cette pathologie demeure toujours de mauvais pronostic et reste une cause fréquente d’hospitalisation chez les personnes âgées (200000 courts séjours en 2008).

7) On ne peut pas faire l’amour quand on est cardiaque

Le sexe et les maladies cardiaques font-ils bon ménage? Oui, selon les experts de l’American Heart Association. Selon leurs conclusions publiées en 2012, l’activité sexuelle est tout à fait permise en l’absence de symptômes et sous réserve de respecter certains délais en cas d’accidents cardio-vasculaires ou d’opération chirurgicale.

«Le risque absolu d’être victime d’un accident cardio-vasculaire pendant un rapport sexuel est minime», rassurent les cardiologues.

Ainsi, l’activité sexuelle est par exemple la cause de moins de 1% de tous les infarctus aigus. Néanmoins, les médecins encouragent un exercice physique régulier et la rééducation cardio-vasculaire pour faciliter la reprise d’une activité sexuelle.

8) Le cancer du cœur n’existe pas

Bien qu’extrêmement rares, les cancers du cœur existent bel et bien. De manière générale, les tumeurs se développent suite à la multiplication anarchique des cellules. Or les cellules musculaires du cœur sont incapables de se diviser (les divisions se font avant la naissance). Cette caractéristique particulière offre donc une certaine protection au cœur contre le cancer. Cependant, de rares tumeurs peuvent se développer sur l’enveloppe du cœur (péricarde) ou bien dans le tissu conjonctif au niveau des oreillettes, car ils ne sont pas constitués de cellules cardiaques. La plupart des cancers qui affectent le cœur sont en fait des métastases, des cellules tumorales provenant d’autres organes déjà affectés.

9) La grippe favorise l’infarctus

Crédit photo: Flickr/William Brawley

Crédit photo: Flickr/William Brawley

En 2013, une étude australienne a évalué à 45% la diminution du risque d’infarctus du myocarde chez les personnes de plus de 40 ans vaccinés contre la grippe saisonnière. Si l’augmentation des cas d’infarctus pendant la saison grippale est observée depuis plusieurs décennies, l’impact du virus de la grippe sur les accidents cardiaques n’a jamais été clairement établi. Les résultats australiens sont donc à prendre avec précaution. D’autres études de plus grande ampleur sont ainsi nécessaires pour mieux comprendre ce phénomène. Notons néanmoins que le virus grippal peut atteindre le cœur et provoquer une myocardite. Le muscle cardiaque peut alors se contracter de manière anormale ou se dilater et provoquer une insuffisance cardiaque.

10) Le mariage est bon pour le cœur

Selon une équipe de chercheurs américains, les personnes mariées ont moins de risque de développer des maladies cardiovasculaires que les célibataires, les veufs ou les divorcés. Femmes ou hommes, les personnes mariées ont 5% de risques en moins qu’un célibataire, toutes maladies cardio-vasculaires confondues. Les résultats étaient plus marqués pour les couples les plus jeunes. Faut-il pour autant vous précipiter à la mairie? Non, car un mauvais mariage peut être source de stress conjugal, qui serait plus délétère qu’un célibat serein.

11) L’animal dont le cœur bat le plus vite est le moineau

Dans le règne animal, la fréquence cardiaque est inversement corrélée à la taille. Ainsi, plus un animal est petit, plus son cœur bat vite et plus il respire vite, car ses besoins en oxygène sont plus importants. C’est ainsi que le cœur de la baleine grise bat neuf fois par minute! Tandis que la fréquence cardiaque du colibri peut aller jusqu’à 1 200 pulsations par minute, un record égalé par certaines espèces de musaraignes. Des données qui font de cet oiseau et de ce rongeur les animaux dont le cœur bat le plus vite. Celui du moineau, quant à lui, peut atteindre 600 battements par minute.

12) On doit aux anciens l’expression «apprendre par cœur»

Crédit photo: Flickr/CollegeDegrees360

Crédit photo: Flickr/CollegeDegrees360

Dans l’Antiquité, Aristote considérait le cœur comme étant le siège de l’intelligence et du bon sens. Ce n’est qu’au Moyen Âge que naît l’expression «souper ou dîner par cœur». Ce qui signifiait alors «se passer de manger», en faisant appel à son imagination, à sa mémoire face à son estomac vide. L’expression «connaître par cœur» apparaît quant à elle pour la première fois au XVIe siècle sous la plume de Rabelais qui fait référence au «savoir par cœur». Malgré la découverte de la réelle fonction cardiaque par le médecin William Harvey au XVIIe siècle, l’expression a perduré jusqu’à aujourd’hui.

13) Les crises cardiaques surviennent plutôt le matin

Selon une étude menée par des chercheurs de l’université de Fribourg, en Suisse, la probabilité de mourir d’un arrêt cardiaque varie au cours d’une journée. Le rythme de notre cœur est en effet régulé par notre horloge interne. Si cette dernière se dérègle – ce qui arrive plus fréquemment avec l’âge -, cela peut perturber le rythme, voire même provoquer l’arrêt du cœur. Or ce type d’événement survient clairement plus souvent le matin au réveil et le soir, selon les cardiologues. Des médecins canadiens ont par ailleurs montré que le travail de nuit augmente le risque de crise cardiaque, les horaires nocturnes perturbant de fait l’horloge biologique.

14) On ne retrouve jamais toutes ses capacités après un infarctus

Chaque année, on compte près de 120 000 infarctus du myocarde en France. Ces arrêts cardiaques sont responsables de 18 000 décès annuels. Mais le pronostic s’est largement amélioré, si bien que la mortalité post-infarctus à 30 jours a diminué de 68 % au cours de ces quinze dernières années. Les victimes sont également mieux prises en charge après leur accident. Grâce à la réadaptation physique, les patients peuvent non seulement retrouver toutes leurs capacités, mais elles peuvent même les améliorer. La reprise d’une activité sportive doit se faire progressivement. Avec une alimentation plus équilibrée, la réadaptation physique permet ainsi de diminuer le risque de récidive de moitié.

15) Soulever des poids et des haltères favorise l’hypertension

Crédit photo: Flickr/Damien Bidaine

Crédit photo: Flickr/Damien Bidaine

Bien pratiquée, la musculation ou toute autre activité physique d’endurance diminue la tension chez les personnes hypertendues. Bien sûr, comme lors de toute pratique d’un exercice physique, la tension augmente lorsque l’on soulève des poids, mais cette activité ne peut être à l’origine d’une hypertension sur le long terme. En revanche, chez les patients hypertendus, ce type d’activité doit être encadré et modéré. Il est ainsi conseillé de ne pas soulever l’équivalent de plus de 50 % du poids maximal, de faire des mouvements complets (sans marquer d’arrêt) et de ne pas bloquer sa respiration. Enfin, il est préférable d’y associer une activité physique d’endurance (vélo, natation, course à pied, marche…).

http://sante.lefigaro.fr/

2 réponses à “Le Saviez-Vous ► Quinze mythes sur le cœur

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