Mais pourquoi ces roches ne tombent-elles pas ?


Près de la faille de San Andreas, il y a des rochers qui se tiennent en équilibre et depuis des millénaires, elles sont figées dans le temps en équilibre parfait
Nuage

 

Mais pourquoi ces roches ne tombent-elles pas ?

 

Ces roches équilibristes ont survécu à des dizaines de séismes. Nick Hinze / Nevada Bureau of Mines & Geology

Ces roches équilibristes ont survécu à des dizaines de séismes. Nick Hinze / Nevada Bureau of Mines & Geology

Par Joël Ignasse

En équilibre depuis 10 000 ans dans une zone qui a connu des dizaines de séismes, ces roches défiaient les géologues. Aujourd’hui, ils ont compris les raisons de leur stabilité.

SAN ANDREAS. C’est dans les montagnes de San Bernardino, toutes proches de la faille de San Andreas que sont retrouvées ces pierres drôlement empilées. Elles semblent être en équilibre précaire et pourtant, elles demeurent dans leurs fragiles configurations depuis au moins 10 000 ans et ont résisté à entre 50 et 100 tremblements de terre importants.

Deux failles qui s’annulent

Image © Lisa Grant Ludwig.

Lisa Grant Ludwig, de l’université de Californie à Irvine, a analysé le terrain autour de 36 de ces blocs de granit curieusement disposés et effectué des mesures sismiques. Ils sont situés à seulement 7 kilomètres de la faille de San Andreas et également à 10 kilomètres d’une autre faille moins connue, celle de San Jacinto.

Avec son équipe, la scientifique a même reproduit avec un rocher et une poulie une des configurations rocheuses afin de déterminer quelle énergie de secousse était nécessaire pour la faire tomber. Et la le mystère s’est quelque peu épaissi : en effet tous les blocs de granit auraient dû chuter suite aux nombreux tremblements de terre qu’a connu la région. Les calculs ayant été fait sur la base de trois séismes d’intensité 7,4, 7,8 et 7,9 sur l’échelle de Richter.

RISQUES.

 » Ce fût un véritable casse-tête scientifique. Comment ces roches pouvaient-elles être ici, juste à côté de la faille de San Andreas ? «  se remémore Lisa Ludwig.

Après quelques dix années d’études et de recherches, elle publie enfin dans la revue Seismological Research Lettersune explication du phénomène. En fait, autour de ces blocs, les secousses sont beaucoup moins puissantes qu’elles ne le devraient, en raison d’interactions entre les deux failles.

 » Cela crée des motifs de rupture qui stoppent les ondes sismiques « , explique-t-elle.

Image © Lisa Grant Ludwig.

Outre apporter la solution à une vieille énigme, cette étude pourrait aussi avoir des répercussions sur les modèles sismiques dans une région qui se prépare à « The Big One », un séisme catastrophique qui pourrait se produire dans les prochaines années sur la côte ouest.

« Ces failles s’influencent l’une, l’autre. Et il semble qu’elles aient parfois rompues ensemble dans le passé. Cet article suggère que nous devrions envisager l’impact d’une rupture impliquant les deux failles à la fois. Ce qui n’est pas le cas dans les scénarios établis par les secours ou les calculs des ingénieurs affectés aux travaux publics », conclut Lisa Ludwig.

A l’intérieur d’un canyon, en plein de coeur de la faille. A gauche, on peut toucher la plaque Pacifique, à droite la plaque Amérique du Nord. © France USA Media

Vue du sommet d’une colline formée par le frottement des plaques nord-américaine et pacifique. Au centre de la photo, on distingue clairement un corridor : à gauche, des roches de granit dont les strates descendent de gauche à droite (situées sur le côté Pacifique) ; à droite, des roches dont les strates remontent de gauche à droite (situées sur le côté Amérique). © Crédit : France USA Media.

http://www.sciencesetavenir.fr/

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