Cardiologie : les smartphones peuvent-ils faire bugger les pacemakers ?


Quasi, tout le monde a un téléphone intelligent mais certain pourraient être occasionnellement voir très rarement causer un problème avec des porteurs de stimulateur cardiaque causé par les ondes électromagnétiques. Mais cela n’empêche pas de prendre quelques précautions
Nuage

 

Cardiologie : les smartphones peuvent-ils faire bugger les pacemakers ?

 

Il y a d'infimes chances pour le fonctionnement des pacemakers puissent être perturbé par des interférences avec les ondes électromagnétiques des smartphones. ©Llewellyn Rober/SUPERSTOCK/SIPAIl y a d’infimes chances pour le fonctionnement des pacemakers puissent être perturbé par des interférences avec les ondes électromagnétiques des smartphones. ©Llewellyn Rober/SUPERSTOCK/SIPA

Par Hugo Jalinière

NokiaLumia, Samsung Galaxy 3 et HTC One XL… Et si les ondes électromagnétiques des smartphones pouvaient interférer avec les dispositifs cardiaques implantables ?

 

INTERFÉRENCES. Les ondes électromagnétiques des smartphones peuvent-elles interférer avec les dispositifs cardiaques implantables comme les pacemakers par exemple ?

« C’est une question qu’on nous pose presque systématiquement en consultation », confie le Dr Pierre Mondoly du service de rythmologie cardiaque du CHU de Toulouse. « Le risque est pourtant infime », rappelle-t-il.

Mais infime ne veut pas dire non nul. C’est d’ailleurs ce qui ressort d’une étude présentée le 22 juin 2015 lors du congrès de la Société européenne de cardiologie à Milan. Ce travail, dirigé par le Dr Carsten Lennerz du German Heart Center à Munich (Allemagne), a en effet testé ce risque potentiel auprès de 308 personnes équipées de tels implants : 147 porteurs de pacemakers et 161 de défibrillateur automatique implantable (DAI). En tout, 3.400 tests d’interférence électromagnétiques ont été effectués avec trois types desmartphone : NokiaLumia, Samsung Galaxy 3 et HTC One XL. Une série d’expériences réalisées en respectant les recommandations de la Food and Drug Administration (FDA, l’agence de sécurité sanitaire américaine) qui préconisent de respecter une distance de sécurité de 15-20 centimètres entre le dispositif cardiaque et les smartphones.

La mauvaise interprétation des pacemakers

Résultat ? Un seul incident s’est produit chez un porteur de DAI avec les portables NokiaLumia et HTC One. Preuve pour les auteurs de l’étude que les recommandations actuelles ne sont pas suffisantes.

« Un seul cas prouve que le risque est rare (0,3% dans le cas présent, ndlr), mais qu’il peut néanmoins arriver, explique le Dr Lennerz dans le communiqué de la Société européenne de cardiologie. Nous pensons ainsi que les recommandations actuelles des distances à respecter entre les portables et les dispositifs cardiaques doivent être actualisées et réévaluées. D’autant plus qu’elles ne prennent pas en compte les dernières innovations technologiques et les appareils les plus récents tels que les DAI et les appareils de resynchronisation cardiaque », poursuit le Dr Lennerz.

Il rappelle que les pacemakers « peuvent interpréter par erreur les interférences électromagnétiques des smartphones comme un signal cardiaque, ce qui peut causer un arrêt bref du dispositif et entraîner une syncope du porteur ». Du côté des défibrillateurs automatiques implantables – prescrits aux patients présentant des fibrillations ou des tachycardies ventriculaires épisodiques -, « le signal externe peut être interprété comme une tachyarythmie ventriculaire (rythme cardiaque irrégulier et anormalement rapide) ce qui entraîne, en réponse, l’envoi d’un choc électrique douloureux. »

C’est ce qui est arrivé lors de l’unique cas rapporté.

Un problème différent de celui posé par les aimants

Rien à voir en tout cas avec le risque constitué par les aimants des Smart Cover d’iPad rapporté en juillet 2013 lors du congrès de la Société américaine de rythmologie cardiaque.

« Le problème des aimants n’est pas le même, nous confirme le Dr Pierre Mondoly. D’abord, le nombre d’aimants capables de provoquer un dysfonctionnement est relativement rare. Ce n’est en tout cas pas le genre de choses qu’on rencontre quotidiennement, mis à part dans le cas de ces Smart Cover d’iPad. Sans compter qu’il faut se trouver dans une situation particulière où l’aimant reste un certain temps à portée du dispositif cardiaque. » 

Or on s’attarde rarement dans les portiques de sécurité des aéroports ou les portillons de ski qui disposent de tels aimants.

Quoi qu’il en soit, concernant les interférences électromagnétiques, « il est très difficile à partir de ces résultats d’établir des statistiques valables »,explique le Dr Mondoly. « Mais il est vrai que dans les livrets des fabricants de dispositifs cardiaques implantables, il est par exemple clairement recommandé de ne pas porter le téléphone à l’oreille située côté pacemaker », conclut-il.

http://www.sciencesetavenir.fr/

Une réponse à “Cardiologie : les smartphones peuvent-ils faire bugger les pacemakers ?

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s