Découverte du premier poisson à « sang chaud »


Un beau poisson l’opah et peut devenir gros presque comme un pneu de voiture. Il y a une particularité qui l’avantage énormément quand il chasse dans les eaux froides sans être obligé de remonter à la surface pour se réchauffer
Nuage

 

Découverte du premier poisson à « sang chaud »

 

Un opah dans lequel les chercheurs ont placé des thermomètres électroniques est remis à l'eau au large de la Californie.

Un opah dans lequel les chercheurs ont placé des thermomètres électroniques est remis à l’eau au large de la Californie. Photo :  NOAA NOAA / Reuters

Contrairement à ses congénères connus pour être des animaux à « sang froid », l’opah, ou lampris lune, est capable de réguler sa température interne dans tout son corps, faisant de lui le premier poisson à « sang chaud », ont découvert des scientifiques.

Cette caractéristique lui procure des avantages dans les eaux froides des profondeurs océaniques où il se déplace et chasse ses proies.

Selon les scientifiques du l’Agence américaine océanique et atmosphérique (NOAA), qui publient leur découverte dans la revue Science, l’opah génère de la chaleur dans ses muscles en faisant battre ses nageoires latérales. Cette chaleur est ensuite transmise à tout le corps.

Ce poisson rejoint ainsi les oiseaux et les mammifères dans la catégorie des vertébrés capables de maintenir une température corporelle supérieure à celle de leur environnement pendant de longues périodes.

Les scientifiques savaient déjà que des poissons comme les thons ou les requins parviennent à réchauffer ponctuellement certains muscles ou leur tête, mais cela n’a rien de comparable ni d’aussi efficace que la stratégie mise en place par l’opah.

Un échangeur de chaleur

Le chercheur Nick Wegner du NOAA montre un opah capturé lors d'une expédition scientifique au large de la Californie.

Le chercheur Nick Wegner du NOAA montre un opah capturé lors d’une expédition scientifique au large de la Californie. Photo :  NOAA NOAA / Reuters

L’opah est équipé au niveau de ses branchies de véritables échangeurs de chaleur à contre-courant – un système appelé rete mirabile. Le sang froid qui vient de se charger en oxygène dans les branchies circule dans des veines entourées d’autres vaisseaux remplis eux de sang bien chaud qui arrive des muscles des nageoires. Le sang oxygéné se réchauffe alors et plonge à l’intérieur du corps où il peut maintenir les organes internes au chaud.

Certaines espèces d’oiseaux palmés possèdent un mécanisme semblable d’échange de chaleur pour réchauffer leurs pattes.

De plus, l’opah possède des couches de graisse autour des branchies, du cœur et des tissus musculaires.

Au final, ce système permet à l’opah de garder son cerveau au chaud, performant, et de conserver ses muscles actifs pour nager plus vite et attraper ses proies. Il n’a pas non plus à remonter fréquemment à la surface pour se réchauffer.

Les chercheurs ont calculé que l’opah, qui pèse environ 90 kg (certains spécimens atteignent même 270 kg) et fait environ la taille d’un pneu de voiture, arrive ainsi à garder sa température corporelle de 4 ou 5 degrés au-dessus de la température de l’eau – en moyenne de 8 à 11 degrés Celcius dans la zone de 50 à 300 mètres de profondeur où vit ce poisson.

« Nous n’avons jamais rien vu de tel sur les branchies d’autres poissons auparavant », a expliqué Nicholas Wegner, chercheur à la NOAA et principal auteur de la recherche. « C’est une innovation intéressante de ces animaux qui leur donne un avantage compétitif ».

« Avant cette découverte, je pensais que c’était un poisson assez lent, comme beaucoup de poissons qui nagent dans des environnements froids », explique Nicholas Wegner. « Mais puisqu’il peut réchauffer son corps, c’est un prédateur très actif qui chasse des proies agiles comme des calamars, et qui peut migrer sur de longues distances », ajoute-t-il.

Cette découverte offre de nouvelles pistes aux scientifiques qui comptent maintenant comparer les différentes espèces à travers le globe afin de pouvoir étudier leurs évolutions dans des eaux plus froides.

http://ici.radio-canada.ca/

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