Que se passe-t-il dans le cerveau des grands prématurés ?


La technologie d’imagerie permet de mieux observé les cerveaux à différentes étapes du développement. Grâce à l’imagerie, les scientifiques peuvent voir la différence entre un cerveau prématuré et un bébé né a terme. Les premières constatations semblent relier l’autisme et les troubles d’apprentissage chez les prématurés.
Nuage

 

Que se passe-t-il dans le cerveau des grands prématurés ?

 

 

Grâce aux techniques d'imagerie médicales moderne, les chercheurs peuvent désormais recueillir de précieux indices sur la façon dont apparaissent les troubles du spectre autistique. ©EVAN VUCCI/AP/SIPA

Grâce aux techniques d’imagerie médicales moderne, les chercheurs peuvent désormais recueillir de précieux indices sur la façon dont apparaissent les troubles du spectre autistique. ©EVAN VUCCI/AP/SIPA

Des chercheurs ont pu distinguer à l’IRM les différences de connexions cérébrales chez les prématurés qui pourraient favoriser l’apparition de troubles du spectre autistique.

Plusieurs études ont déjà montré que l’autisme et les troubles de la concentration frappaient plus fréquemment les enfants prématurés. Le Pr Yehezkel Ben-Ari, directeur de recherche émérite à l’Inserm confiait même à Sciences et Avenir il y a peu :

« On sait qu’une naissance prématurée favorise l’apparition de troubles du spectre autistique ».

Une affirmation qui repose essentiellement sur des observations statistiques, sans qu’on comprenne précisément pourquoi ou comment cela se passe. Mais une étude publiée dans les Comptes-rendus de l’Académie américaine des sciences (PNAS) par des chercheurs du King’s College à Londres jette un nouvel éclairage sur ce lien. Selon les scientifiques, des naissances prématurées peuvent altérer la connectivité entre certaines parties du cerveau, ce qui augmenterait le risque d’autisme et de trouble de l’attention.

Des connexions cérébrales différentes

C’est en utilisant l’IRMf (imagerie par résonance magnétique fonctionnelle) que les chercheurs ont pu examiner des connexions spécifiques dans le cerveau de 66 enfants, dont 47 sont nés avant la 33e semaine de gestation tandis que les 19 autres sont venus au monde à terme. Les auteurs se sont concentrés sur les connexions dans le cerveau entre le thalamus, centre des réflexes émotionnels, et le cortex, la substance grise entourant les hémisphères cérébraux qui jouent un rôle clé dans de nombreuses fonctions cognitives.

Prématurité : les trois stades On considère généralement qu’un bébé est prématuré s’il vient au monde avant la 37e semaine de gestation. Selon l’organisation mondiale de la santé, on distingue parmi eux trois catégories : la prématurité extrême (naissance avant la 28e semaine) ; la grande prématurité (naissance entre la 28e et la 32e semaine) ; et la prématurité moyenne comprise entre la 32e et la 37e semaine de gestation.

Ces scientifiques ont constaté que les enfants nés entre la 37e et la 42e semaine – période normale de gestation – avaient des structures cérébrales remarquablement similaires à celles des adultes dans ces parties du cerveau, confirmant que les branchements cérébraux sont bien développés dès la naissance. En revanche, chez les prématurés, ils ont observé moins de connexions cérébrales entre le thalamus et le cortex, mais davantage avec une partie du cortex latéral jouant un rôle dans le traitement des signaux du visage, des lèvres, de la mâchoire, de la langue et de la gorge. Cela pourrait s’expliquer par le fait que les bébés prématurés sont nourris au sein ou au biberon beaucoup plus tôt que les enfants nés à terme.

Une moindre connectivité dans la partie du cortex jouant un rôle majeur dans les capacités cognitives, les différences observées à l’IRMf pourraient être liées chez ces enfants à une plus grande fréquence de difficultés de concentration et de relations avec les autres plus tard dans leur vie, selon les chercheurs. Reste que le faible nombre de participants à l’étude ne permet pas de tirer des enseignements solides sur les troubles du développement à l’origine d’une apparition de l’autisme. Mais ce type d’observations contribuent à affiner l’appréhension de ces troubles par la médecine moderne.

« La prochaine étape dans nos travaux sera de comprendre le lien entre ces observations et les difficultés d’apprentissage, pour se concentrer et socialiser, auxquelles un grand nombre de ces enfants sont confrontés en grandissant », commente la Dr Hilary Toulmin, du Centre du développement du cerveau au King’s College, principal auteur de l’étude.

« Grâce aux technologies d’imagerie inexistantes il y a encore quelques années, il est désormais possible de voir les connexions cérébrales des enfants au fur et à mesure du développement de leur cerveau, ce qui va probablement aboutir à des avancées remarquables en médecine », juge le professeur David Edwards, du King’s College qui a dirigé cette recherche.

Avec AFP

http://www.sciencesetavenir.fr/

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