Parole d’enfant ► Les bobos


Et oui, il y a un âge ou tous les bobos sont dramatiques. Mais on se demande quand même quand ils sont très jeunes ou ils vont chercher toutes leurs idées
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Les bobos

 

égratignure de jézabelle

Photo : printemps 2014

Mlle me montre l’égratignure sur sa jambe et me regarde les yeux tristes

–  Maman, je pense que je me suis cassé la jambe

Ana-Jézabelle 3 ans/ avril 2015

Le Saviez-Vous ► L’argent ne fait pas le bonheur…


Vivre sans argent est pratiquement impossible même si on essaie de faire du troc comme autrefois.
Depuis que l’homme a voulu échanger des choses, des moyens ont été créer des richesses de plus en plus grandes
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L’argent ne fait pas le bonheur…

 

L'argent ne fait pas le bonheur…

Ariel Fenster

C’est ainsi que commence un dicton français, avec en seconde partie… «mais il y contribue». Ce qui est certain c’est que l’argent joue un rôle primordial dans notre vie et cela depuis les temps immémoriaux.

Mais l’argent a pris différentes formes au cours de l’histoire. Au départ, la monnaie d’échange était basée sur le troc. On payait avec des commodités qui avaient une valeur intrinsèque; le sel par exemple. Les légionnaires romains recevaient régulièrement leur ration de sel (salarium). Ce qui nous a donné le «salaire». Une personne riche qui avait beaucoup de bétail avait un cheptel ou un «capital». Les deux termes viennent de la même racine latine. En hébreu l’argent se dit «kessef» qui serait dérivé de «kew» ou mouton.

Aux alentours de 3000 av. J.-C., en Mésopotamie l’avoine était la monnaie d’échange la plus couramment utilisée pour les échanges commerciaux. Ce qui convenait bien à la société agraire de l’époque. Mais quand les villes comme Babylone commencèrent à se développer, stocker de l’avoine dans son appartement n’était pas tellement pratique! C’est pourquoi l’avoine a été remplacée par de l’argent, un métal rare. Les paiements se faisaient avec des anneaux d’argent d’à peu près 20g que l’on appelait «shekel» (qui est d’ailleurs aujourd’hui le nom de la monnaie israélienne). Le problème avec cette approche c’est que cela rendait nécessaire pour chaque achat de peser le métal pour être certain du poids. Pour échapper à cette contrainte, un certain poids d’argent prédéterminé était placé dans une bourse de cuir qui était ensuite scellée avec un sceau de cire. Le sceau représentant une personne de confiance qui se portait garante de la quantité d’argent dans la pochette.

Crésus, le roi de Lydie en Asie Mineure, établit l’étape suivante. L’électrum, un alliage rare d’argent et d’or servait de monnaie pour le commerce. Le roi de Lydie eu l’idée d’appliquer son sceau, non sur la cire à l’extérieur de la bourse, mais directement sur le métal. C’est ainsi que furent créées les premières pièces de monnaie en 600 av. J-C (ci-contre). Une invention qui facilita le commerce et fit que le roi de Lydie devint immensément riche comme…Crésus. L’unité de monnaie lydienne était le « Stater ». Mais éventuellement chaque pays frappa sa propre monnaie avec des noms reflétant son origine, le florin pour la ville de Florence, la livre tournois qui était frappée dans la ville de Tours. Mais c’est l’Allemagne qui est à l’origine de l’unité monétaire la plus utilisée, le dollar. On retrouve cette dénomination dans plus de de 35 pays aujourd’hui.

Au 16ième siècle l’empire germanique produisait ses pièces de monnaie à partir de l’argent provenant d’une mine appelée Joachimthal (la vallée de Joachim). Le nom de la monnaie étant le «groshen», en conséquence les prix étaient étiquetés en «joachimthalergroshen».

Comme vous pouvez l’imaginer ceci rendait le marchandage difficile. C’est combien? «Cent joachimthalergroshen! Accepteriez-vous quatre-vingt joachimthalergroshen? Non mais je vous le laisse pour quatre-vingt-dix joachimthalergroshe». Finalement avec l’usage, la première et la dernière partie furent éliminées pour donner le «thaler» ce qui avec le temps se transforma en «dollar«. Un terme générique utilisé pour décrire une pièce de monnaie en argent pesant 28 grammes. Comme l’Espagne, avec ses mines en Amérique, était la plus importante source d’argent, le dollar espagnol devint la monnaie courante pour les échanges commerciaux à travers le continent.

Mais aujourd’hui la base de la monnaie repose sur les billets de banque.

http://www.sciencepresse.qc.ca/

Punaises de lit, le cauchemar continue


J’espère ne jamais vivre un épisode de punaise de lit chez-moi. Pour le moment, les punaises de lit ne transmettent pas de maladie même si théoriquement, elles le pourraient. Mais avec la vitesse que les gens voyagent, qui sait si un jour, elles pourraient transmettre des bactéries, virus et parasites
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Punaises de lit, le cauchemar continue

 

Punaise de lit adulte (crédit: http://www.bedbugs.org/pictures/)

Virginie Barrère

Une étude scientifique publiée cette année présente des résultats surprenants concernant les punaises de lit. Il semblerait que les punaises puissent théoriquement transmettre des maladies lorsqu’elles piquent.

Rien qu’à évoquer son nom, on frémit, on s’inquiète et on se gratte. Il ne faut plus se mentir, les punaises de lit nous envahissent et nous effraient. Il y a encore 15-20 ans, ces bêtes étaient méconnues du grand public. Mais nos nouvelles habitudes de voyages et d’échanges de biens de particulier à particulier ont permis la prolifération de cette peste moderne.

Que sait-on?

Les messages de santé publique mettent en garde les concitoyens contre les punaises de lit. Ces petites bêtes peuvent causer de nombreux problèmes d’ordre médicaux, financiers et psychologiques. Cependant, il est indiqué que les punaises de lit ne peuvent pas transmettre de maladies aux personnes. Les problèmes de santé se traduisent principalement par des réactions allergiques plus ou moins aggravées dues aux piqûres. Seulement voilà, c’est sans compter les résultats d’une collaboration entre des scientifiques d’universités péruvienne et américaines qui ont pu infecter des souris avec un parasite : Trypanosoma cruzi en utilisant des punaises de lit porteuses du parasite (Salazar et al., 2015).

Le trypanosome d’Amérique latine

Trypanosoma cruzi (T. cruzi) est un petit parasite cousin de Trypanosoma gambiense qui transmet la maladie du sommeil en Afrique. T. cruzi sévit principalement en Amérique latine et transmet la maladie de Chagas. Moins grave que la maladie du sommeil, la maladie de Chagas peut mener dans certains cas à des troubles cardiaques et plus rarement à des troubles neurologiques pouvant aller jusqu’à la démence du patient. T. cruzi est naturellement transmis à l’homme via de grandes punaises appelées triatomine (1 pouce de long). Ces punaises disposent leurs excréments sur une plaie et les parasites contenus dans ces excréments contaminent l’homme.

Une expérience et des résultats qui font froid dans le dos

Salazar et ses collègues ont cherché à savoir si une transmission de T. cruzi entre souris via la piqûre de punaises de lit était possible. Grâce à leurs travaux, il est désormais clair que les punaises de lits peuvent contracter T. cruzi en piquant une souris contaminée au préalable par le parasite. Elles peuvent aussi transmettre la phase infectieuse de T. cruzi à des souris non infectées. Enfin, elles libèrent aussi des parasites via leurs excréments. Rappelez-vous que les punaises triatomines transmettent T. cruzi via leurs excréments. Par la même occasion, ces scientifiques ont montré queT. cruzi évolue en stade infectieux dans les punaises de lit comme il le fait dans les triatomines.

Pas de panique

Cette étude fait l’écho d’une autre plus ancienne datant de 1963 (Burton, 1963) qui présentait les punaises de lit comme pouvant être les vecteurs de nombreuses maladies comme la peste, la malaria, la maladie du sommeil, la lèpre, la tuberculose, la fièvre jaune, la variole, la fièvre typhoïde, et bien d’autre. L’heure n’est pas à la panique générale, les scientifiques ne savent pas combien de temps les agents infectieux (bactéries, parasites et virus) peuvent survivre dans les punaises ni leur potentiel de transmission. Les résultats de cette étude ne s’appliquent qu’aux souris dans un premier temps. Cependant, cette étude prouve que théoriquement les punaises de lit peuvent véhiculer des maladies.

Des précautions à prendre

Des recherches scientifiques supplémentaires permettront de mieux connaitre les risques sanitaires associés aux punaises de lit. En attendant, face à la recrudescence de ces punaises et le fait qu’elles pourraient transmettre des maladies, il devient urgent de sensibiliser les gens aux risques qu’elles représentent et peut-être même, de considérer des examens médicaux (prise de sang et recherche d’agents infectieux) chez les personnes présentant des piqûres de punaises de lit.

Références :

Salazar et al. 2015 http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC4347337/
Burton, 1963 http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/14017240

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Atteint de la maladie d’Alzheimer, un artiste peint son auto-portrait chaque année pendant cinq ans, jusqu’à ce qu’il ne se souvienne plus de son propre visage.


Un artiste-peintre a fait ses autoportraits tout au long de sa maladie l’Alzheimer. Est-ce que ses capacités artistiques se sont dégradées où ce sont les émotions qui ont guidé le pinceaux. Ce que je ressens pour ma part, serait du moins les premiers depuis le début de sa maladie, plus les émotions, comme la peur, la colère …
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Atteint de la maladie d’Alzheimer, un artiste peint son auto-portrait chaque année pendant cinq ans, jusqu’à ce qu’il ne se souvienne plus de son propre visage.

 

En 1995, l’artiste William Utermohlen, qui vit en Angleterre, a appris qu’il était atteint de la maladie d’Alzheimer. De manière générale, ce mal est très difficile à assumer pour quiconque en est atteint. Pour sa part, Utermohlen a choisi de peindre une série de tableaux bouleversants jusqu’à sa mort en 2007 : des auto-portraits, peints pendant les cinq dernières années de sa vie, qui illustrent la dégénérescence progressive de son esprit, victime de cette maladie handicapante.

Comme l’explique la veuve de l’artiste, Patricia, dans un billet, ces images sont particulièrement puissantes :

 “Dans ces peintures, on peut voir toute l’intensité déchirante avec laquelle William tentait d’expliquer les bouleversements de son identité, mais aussi toute sa tristesse et ses peurs.”

Il est difficile de savoir si les altérations progressives de ses portraits sont le produit de la dégradation de ses capacités artistiques, ou le résultat de changements psychologiques ; dans un cas comme dans l’autre, elles traduisent le tourment émotionnel d’un artiste qui, peu à peu, voit son esprit lui échapper. (source: williamutermohlen.org)

1967

artiste alzheimer 1

1996

artiste alzheimer 2

1996

artiste alzheimer 3

1997

artiste alzheimer 4

1997

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1998

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1999

artiste alzheimer 7

2000

artiste alzheimer 8

 

http://bridoz.com/

Séisme au Népal: un survivant de 101 ans retrouvé sous les décombres


Qui aurait cru qu’un homme de 101 ans aurait pu survivre après une semaine dans les décombres. Peuvent-ils encore trouver d’autres victimes ?
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Séisme au Népal: un survivant de 101 ans retrouvé sous les décombres

 

Un homme de 101 ans a été extrait samedi des décombres de sa maison au Népal, huit jours après le séisme qui a fait plus de 7 000 morts, a annoncé dimanche la police.

Seulement légèrement blessé, Funchu Tamang a été hospitalisé, a précisé Arun Kumar Singh, un responsable local de la police du district de Nuwakot, à quelque 80 kilomètres au nord-ouest de Katmandou.

« Il a été amené à l’hôpital du district par hélicoptère. Son état est stable », a déclaré M. Singh, indiquant que le vieil homme était blessé à la cheville gauche et à la main.

La police a également extirpé dimanche trois femmes vivantes des débris dans le district de Sindupalchowk, l’un des plus affectés par le séisme. Il n’a pas été précisé depuis combien de temps ces femmes étaient piégées.

L’une avait été ensevelie par un glissement de terrain tandis que les deux autres se trouvaient sous les décombres d’une maison effondrée.

Plus d’une semaine après la secousse, les autorités népalaises n’ont quasiment plus d’espoir de retrouver des rescapés dans les décombres. Des centaines de personnes sont toujours portées manquantes.

Au moins 7 040 personnes ont péri et plus de 14 000 ont été blessées dans le tremblement de terre de magnitude 7,8 qui a frappé le Népal le 25 avril, dévastant sa capitale Katmandou et les régions de l’épicentre à 70 kilomètres de la capitale.

Le gouvernement a prévenu dimanche que le bilan définitif serait « beaucoup plus élevé », des régions dévastées restant inaccessibles aux secours.

http://quebec.huffingtonpost.ca/

Les congés-maladie des anciens Egyptiens


Dans l’antiquité égyptienne, les ouvriers avaient-ils une sorte d’assurance salaire pour une absence au travail ? Il semble que oui, mais pas tous ! Certains privilégiés qui étaient malades pouvaient recevoir certaines compensations malgré la pression que le travail soit vite terminé
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Les congés-maladie des anciens Egyptiens

 

Deir el-Médineh - Anne Austin

Deir el-Médineh – Anne Austin

Nicolas Constans

Sans pitié, le pharaon pour les travailleurs à son service ? Non, la main de fer savait parfois enfiler un gant de velours, selon les travaux d’une anthropologue américaine.

Les maladies mortelles, les blessures, on les connaît. Les archéologues les décèlent en scrutant les os des squelettes ou les momies. Mais qu’en est-il des petites maladies des Egyptiens ?  Les rhumes, les grippes, les diarrhées ? Quel était le degré de tolérance de la société égyptienne vis-à-vis de ces affections, mineures certes, mais capables de faucher provisoirement un travailleur ?

La question peut sembler insoluble, tant ces maladies sont difficiles à mettre en évidence dans des populations anciennes. Elles ne laissent généralement pas de traces sur les os. Les généticiens ne se mettent pas en frais pour identifier l’ADN de microbes aussi bénins. Les quelques traités médicaux égyptiens semblent en mentionner quelques-unes, sans aller plus loin qu’une rapide description des symptômes et des remèdes. Mais une jeune chercheuse en contrat avec l’université de Stanford aux Etats-unis, Anne Austin, a trouvé un moyen de s’en faire une petite idée. Elle s’est penchée sur… les mots d’absence de travailleurs égyptiens vivant entre 1300 et 1000 ans av. J.-C. environ, à Deir el-Médineh, près de Louxor, sur la rive ouest du Nil.

Corpus de papyrus

A l’époque, il y a belle lurette que l’habitude de construire des pyramides s’est perdue. C’est au fond des vallées que descendent les ouvriers pour creuser dans le rocher des Ramsès, Toutankhâmon, et autres pharaons. A la suite de dizaines d’égyptologues, Anne Austin s’est plongée dans l’important corpus de papyrus et d’inscriptions découverts dans le village qui logeait peintres, scribes, dessinateurs et carriers qui travaillaient à la construction de ces tombes, dans la vallée des rois. Une paperasse imposante où le zèle administratif de l’Etat égyptien s’exprime pleinement, voire peut-être un peu trop, si l’on en croit le lieu où elle a été découverte : les ordures du village.

Les dizaines d’égyptologues qui s’y sont penchés depuis le début du XXe siècle, eux, n’ont pas boudé leur plaisir : la vie quotidienne de cette communauté d’ouvriers et d’artisans est sans doute l’une des mieux connues de l’ancienne Egypte. La richesse de cette documentation fait qu’aujourd’hui, les scientifiques en découvrent encore de nouvelles facettes. C’est ce qu’a fait Anne Austin.

Deux mille « mots d’absence »

Elle a analysé plus de deux mille « mots d’absence », des tessons sur lesquels sont inscrits la date à laquelle un ouvrier ou un artisan n’était pas allé travailler. Dates qu’il lui a fallu ensuite convertir dans notre calendrier, ce qui n’est pas sans ambiguïtés − la question de savoir, par exemple, si les Egyptiens connaissaient les années bissextiles n’étant pas tranchée. En général, les scribes notaient les raisons de l’absence (en déplacement − le plus souvent −, malade/blessé dans un tiers des cas). Mais ils ne précisent que rarement les causes de la maladie, ou alors de manière extrêmement laconique.

Pas moyen de savoir exactement de quelle maladie les travailleurs du village souffraient. Il est possible d’imaginer que les absences les plus courtes correspondaient sans doute souvent à des petites maladies infectieuses. Deux indices laissent d’ailleurs penser que c’était peut-être bien le cas. C’est d’abord le caractère saisonnier des infections : à Deir el-Médineh, la proportion de malades parmi les absents est maximum en avril-mai. Mille ans plus tard, dans la même région alors dominée par les Romains, c’était toujours le cas, selon une étude datant d’il y a quelques années. Or ce pic en avril-mai est précisément celui causé par les maladies infectieuses, dans l’Egypte moderne (avant la construction des grands barrages sur le Nil au cours du XXe siècle qui ont profondément bouleversé l’environnement de l’Egypte et le cycle des maladies infectieuses).

« Les arguments me semblent solides », explique Ben Haring, de l’université de Leyde aux Pays-Bas.

Un autre indice vient de l’analyse d’une des rares périodes où il est possible de suivre les absences de mêmes ouvriers sur plusieurs semaines consécutives. Elle semble signer un épisode de contagion infectieuse. Comme dans une sorte de mini-épidémie, la maladie d’un premier ouvrier semble en effet se propager à un nombre croissant de collègues, finissant même par toucher le médecin appelé auprès de l’un d’eux.

Pas de retenue sur salaire

Cloués au lit, tous ces malades ne pouvaient donc aller travailler. Mais alors, que leur arrivait-il donc ? Rien ! Une journée d’absence n’entraînait pas de retenue sur leur salaire. C’est ce que montre l’analyse des registres de paie tous les mois. Bref, les travailleurs de Deir el-Médineh semblent bénéficier d’authentiques congés-maladie, voire d’un genre de prise en charge par l’Etat : certains d’entre eux tenaient en effet le rôle de médecins ou d’assistants, payés par des rations supplémentaires. L’Etat leur octroyait des jours pour préparer les remèdes et soigner leurs collègues.

Bien sûr, il s’agit peut-être d’un régime de faveur. Tous ces ouvriers et artisans n’étaient pas n’importe qui. La construction d’une tombe royale requérait des artisans aux compétences rares, parfois lettrés, qui étaient bien traités. L’Etat égyptien leur fournissait un salaire en nature, et leur allouait une domesticité pour fabriquer leur farine, notamment. Ils avaient femmes et enfants avec eux dans leur village.

Un intérêt bien compris

Mais il s’agit vraisemblablement d’un intérêt bien compris, plutôt que la manifestation d’un hypothétique Etat-providence. Car le but était avant tout d’achever la tombe dans les délais. Par des visites répétées du chantier et l’attribution de primes, le vizir maintenait une pression certaine pour que les ouvriers y parviennent.

Des exemples de cette exigence apparaissent ça et là entre les lignes des textes. C’est le cas une fois, quand l’équipe chargée de la partie gauche de la tombe a pris du retard sur celle de droite, à cause de la maladie de l’un des leurs. Visiblement inquiet, l’un des dessinateurs de la première équipe recherche en toute hâte quelqu’un pour l’aider à rattraper le retard, lui offrant la moitié de son salaire en échange. Une autre fois, un ouvrier, malade, tente coûte que coûte d’accomplir sa tâche. Par deux fois il descend dans la vallée, et par deux fois il est totalement incapable de travailler. Enfin contraint au repos, il ne peut revenir que dix jours plus tard.

La pénibilité du travail se reflète aussi dans les squelettes de ces travailleurs, enterrés à Deir el-Médineh. Des restes des ouvriers qui travaillaient là indiquent que beaucoup d’entre eux souffraient d’arthrite, dans les genoux et les chevilles surtout. Ce qui s’explique. Car tous les jours, les ouvriers et artisans descendaient le matin dans le fond de la vallée des rois et remontaient dans leurs huttes le soir, soit l’équivalent d’un immeuble de 36 étages. A la fin de la semaine, ils faisaient un chemin encore plus long pour rejoindre femmes et enfants au village. La chercheuse a également mis en évidence chez un ouvrier un cas d’ostéomyélite, une infection de l’os causée par une infection du sang. Alors qu’une telle pathologie requiert l’immobilisation immédiate du membre touché, l’homme a visiblement continué à travailler. La pression était trop forte.

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