Parole d’enfant ► La petite sirène


Mlle a commencé à aller à la piscine avec sa grand-maman Johanne. Mais pour nager, il lui manque quelque chose ….
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La petite Sirène

 

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Photo prise au Second Cup des Galeries de Gatineau

Novembre 2014

 

Maman demande à Jézabelle

– As-tu hâte d’aller nager ?
-Je ne peux pas nager ! Je n’ai pas de queue.

(comme la petite sirène)

Ana-Jézabelle 3 ans/ avril 2014

Le Saviez-Vous ► Révélation sur les moustiques


Le beau temps est enfin arrivé, le soleil, un peu plus de chaleur et bien sûr, les moustiques. Que serait l’été sans les moustiques ? J’ai vue le premier maringouin de la saison dans ma maison … Pas trop gêné le moustique !  Bref, les moustiques semblent préférer certaines personnes plus que d’autres. Mais, si vous tenez vraiment à vous faire piquer cette été, il est toujours possible de prendre certaines habitudes …
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Révélation sur les moustiques


Vous ne ratez jamais un camping et pour cause, vos potes vous invitent constamment ? Logique, vous attirez tous les moustiques dans un rayon de 50 mètres. Félicitations, vous faites partie de ces 20% de ‘privilégiés’.

La chimie ! Voici la réponse à ces sempiternelles piqûres de moustique. Chaque être humain dispose d’un métabolisme et d’une chimie qui lui est propre, à l’image d’une empreinte digitale. En fonction de ceci votre pouvoir d’attractivité envers le moustique est plus ou moins faible.

Voici quelques découvertes intéressantes :

Les moustiques préfèrent le sang de type O.

La plupart des gens sécrètent des substances qui permettent aux moustiques d’identifier le type de sang avant qu’ils ne mordent. Les moustiques sont presque deux fois plus susceptibles de se poser sur les diabétiques de type 0 sang que ceux de type A, selon une étude japonaise.

Arrêtez de boire de la bière

Une seule bière peut renforcer considérablement votre risque d’être piqué… Du coup, on vous conseillera de lui préférer le champagne… Oui, on sait, c’est dur.

Le moustique garou

La bestiole et ses congénères sont 500 fois plus actifs quand la lune est pleine. Au passage, les moments les plus à risque sont le crépuscule et l’aube. Aussi évitez de l’appâter en tendant les bras à ces périodes.

Otez vos chaussettes

En tant que scientifique courageux, Bart knols a découvert que les chaussettes sales et donc leur fumet, attiraient irrémédiablement les moustiques. De ce fait, cela fonctionne également pour les fromages odorants, qu’il est de tout façon conseillé de laisser en dehors de la tente.

Madame est enceinte ?

Surprise ! Le moustique, lui, le sait, il est pire qu’un test de grossesse. D’ailleurs il se délecte deux fois plus de femmes enceintes plutôt que d’autres. Pourquoi ? Les femmes enceintes expirent 21% plus fort, or les moustiques sont attirés par l’humidité et le dioxyde de carbone contenus dans leur souffle. De même pour la chaleur, la température du ventre est d’environ un degré supérieur. Les hormones sécrétées pourraient aussi être coupables, mais sans preuve formelle.

Ne courrez pas.

Non, ne courrez pas, ne faites pas de sport (chouette hein !). En suant, vous serez plus attirant et expulserez plus de dioxyde, combo parfait pour attirer les bébêtes. Vous doutez, le risque de piqûres diminuera pourtant de 50%.

Ils préfèrent des vêtements sombres.

Oui, les moustiques aiment la mode… Allez savoir, quoi qu’il en soit, voici leurs critères de prédilection : Noir (le plus attrayant), le rouge (très attractif), gris et bleu (neutre), kaki, vert  et jaune (moins attrayant).

Si vous souhaitez vous faire piquer, voici donc la marche à suivre… Faites une grosse heure de sport et enfilez vous quelques bières un soir de pleine lune. Ne lavez pas chaussettes qui seront noires ou rouges et essayez de tomber enceinte (Schwarzy l’a fait, pourquoi pas vous ?).

Rassurez-vous, comme tout n’est que chimie, tout ceci évoluera au fil du temps, un jour les moustiques ne seront peut-être plus qu’un lointain et irritant souvenir.

http://www.gizmodo.fr/

Les fausses couches touchent aussi les hommes


Faire une fausse-couche pour une femme doit être terrible à vivre. Vivre ce deuil prend du temps. C’est important d’être tout coeur avec la mère, mais le père lui ? Pense-t-on a lui demander comment il vit ce deuil ? Eux aussi, vivent des moments tragiques, peut-être pas de la même manière que la mère, mais la peine est présente en silence
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Les fausses couches touchent aussi les hommes

 

Dans le processus du deuil, la phase qui dure le plus longtemps chez moi, c’est la colère. Quand ma première tentative d’avoir un enfant s’est soldée par une fausse couche, j’ai été submergée par la rage pendant des semaines. J’en voulais à la terre entière. Débarrassée de la fatigue de la grossesse, j’ai mis toute mon énergie dans le ménage en espérant que ça m’aiderait à guérir.

Mais, pendant que je m’acharnais sur les plinthes, je n’ai jamais pensé à demander à mon mari comment il vivait ce deuil. Bien que j’aie énormément réfléchi pendant les semaines qui ont suivi ma fausse couche, l’idée que cette perte n’était pas seulement la mienne mais la nôtre ne m’a jamais effleurée. Et nous sommes nombreuses à faire la même erreur.

Chaque fois qu’une femme évoque sa fausse couche à cœur ouvert, le discours est le même:

« je me sens tellement seule. J’ai l’impression que mon mari s’en moque. Il ne me dit rien. Pour lui, c’est comme s’il ne s’était rien passé. »

Or, il suffit d’observer comment, au-delà du couple et du cercle familial, la société traite les hommes dont les compagnes ont perdu un bébé. Qui leur demande ce qu’ils ressentent? On s’inquiète du bon rétablissement de la maman. S’ils répondent qu’elle va bien, on passe à autre chose.

Mon objectif, en tant qu’artiste, réalisatrice et militante, c’est de lever le tabou qui entoure les fausses couches pour que les gens en parlent différemment. Beaucoup de femmes souhaitent en faire de même: en partageant leur histoire, elles tentent de faire disparaître le sentiment de honte. Mais nos efforts seront vains si nous ne nous soucions pas de la population masculine.

Pour commencer, il est nécessaire de reconnaître que les hommes souffrent autant que les femmes quand une grossesse n’arrive pas à son terme. Le chagrin n’est pas l’apanage des femmes.

Notre société collectionne les stéréotypes sur ce qu’un homme doit ressentir ou la manière dont il doit réagir face aux épreuves. De quoi décourager la plupart d’entre eux de s’exprimer. Nous leur apprenons à être stoïques, une épaule solide sur laquelle s’appuyer en cas de coup dur. On leur demande d’être là pour leurs épouses quand elles pleurent. Dans ces conditions, beaucoup d’hommes ont du mal à montrer leur fragilité et à admettre qu’ils pleurent tout autant la mort de cet enfant.

Les chances qu’un homme ose dire qu’il souffre sont d’autant plus faibles que nous avons aussi tendance à relativiser la perte d’un bébé pendant la grossesse.

Pourtant, les hommes se sentent tout aussi concernés quand le test de grossesse se révèle positif. Leur imagination s’emballe, ils s’inquiètent et se mettent à rêver. Une femme se sent mère même si son enfant ne survit pas. De la même manière, un homme a beau ne pas ressentir les nausées, la fatigue et l’ensemble des maux liés à la grossesse, il n’en est pas moins père.

Si nous voulons briser le tabou des fausses couches dans notre société, que les couples se sentent autorisés à porter le deuil du bébé qu’ils ont perdu, nous devons inclure les hommes dans le débat. La situation ne changera pas si la moitié des personnes concernées n’est pas censée intervenir.

Comme souvent, c’est de chacune de nous que viendra le changement. C’est ce que j’aurais dû faire dans mon couple. J’aurais dû demander à mon mari comment il se sentait après la mort de notre bébé, lui dire qu’il était libre d’exprimer ses sentiments, quels qu’ils soient, et qu’il pouvait les partager avec moi.

De même, si une femme me confiait qu’elle avait fait une fausse couche, je lui demanderais aussi comment les autres membres de son foyer vivent la situation, et s’ils ont besoin d’aide.

Il est essentiel de laisser les hommes exprimer leur douleur face au deuil, car ils ont eux aussi vécu la perte d’un enfant.

Je pense que beaucoup de gens s’accordent pour dire qu’il est nécessaire de déstigmatiser les fausses couches. Le chemin pour sortir du silence sera long, mais l’une des premières étapes est claire: il faut lever la chape de plomb qui pèse aujourd’hui sur les hommes.

http://quebec.huffingtonpost.ca/

Une vétérinaire se vante sur Facebook d’avoir tué un chat


Comment une femme qui est vétérinaire peut tuer un animal pour le plaisir ? Que le chat soit sauvage ou perdu, cet acte n’est pas digne de la profession
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Une vétérinaire se vante sur Facebook d’avoir tué un chat

 

Une vétérinaire du Texas qui s'est vantée sur Facebook d'avoir tué un chat avec... (Photo Sylvain Mayer, archives Le Nouvelliste)

Une vétérinaire du Texas qui s’est vantée sur Facebook d’avoir tué un chat avec un arc à flèches ne peut être arrêtée et accusée avant qu’une enquête ne confirme l’authenticité de la photo du chat mort, a indiqué samedi le shérif du comté d’Austin.

Jack Brandes s’est dit perturbé par l’image montrant Kristen Lindsey tenant ce qu’elle décrit comme un chat sauvage mort. Il a remis le dossier à deux shérifs adjoints et un enquêteur.

Selon le shérif Brandes, des gens de partout aux États-Unis l’ont appelé pour dénoncer la publication. Il précise toutefois qu’il ne peut arrêter et accuser quelqu’un sur la base d’une photo sur Internet, car tout le monde peut modifier des images numériques.

Les responsables de la clinique où Mme Lindsey travaillait l’ont congédiée après avoir pris connaissance, plus tôt cette semaine, de cette publication qu’elle a supprimée depuis, ainsi que son compte. Des centaines d’appels ont également été logés à cette clinique.

Sur son site Web, la clinique vétérinaire Washington située à Brenham, à environ 160 kilomètres au nord-ouest de Houston, se dit «absolument consternée, choquée, déçue et dégoûtée» de la conduite de la femme.

À l’extérieur de la clinique, sur une affiche qui énumère les noms de tous les vétérinaires qui y travaillent, le nom de Mme Lindsey a été couvert avec du ruban.

Il n’a pas été possible de joindre la principale intéressée, mais le shérif a indiqué avoir été en contact avec elle.

«Elle ne voulait pas nous parler à ce moment-là. Elle a dit qu’elle viendrait nous voir avec son avocat. Espérons qu’en début de semaine prochaine, elle viendra.»

L’incident aurait eu lieu dans le comté d’Austin, adjacent à celui de Washington, où Mme Lindsey travaillait. Bien qu’elle ait décrit l’animal comme un chat sauvage, des gens auraient indiqué au shérif Brandes qu’il s’agissait d’un chat domestique perdu.

http://www.lapresse.ca/

À Gaza, cinq jeunes voguent sur… des bouteilles en plastique


La débrouillardise des gens de Gaza on surmonté le problème relié au blocus drastique imposé par Israël, pour fabriquer une embarcation avec les moyens du bord
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À Gaza, cinq jeunes voguent sur… des bouteilles en plastique

 

Il a fallu près d'un millier de bouteilles... (PHOTO MOHAMMED ABED, AFP)

Il a fallu près d’un millier de bouteilles pour construire l’embarcation.

PHOTO MOHAMMED ABED, AFP

Cinq jeunes Palestiniens font la joie des badauds sur la plage de Gaza, soumise à un drastique blocus israélien, grâce à leur invention: un bateau fabriqué avec des bouteilles en plastique.

Il a fallu près d’un millier de bouteilles, explique Mohamed Obeid, un avocat de 25 ans qui a imaginé avec ses amis la structure en fer qui forme son embarcation.

«On peut pêcher, faire un tour en mer», grâce à ce bateau «fait avec nos petits moyens», du recyclage et une idée «nouvelle et un peu bizarre», explique-t-il à l’AFP.

Ahmed al-Rass, en promenade sur la rive de la Méditerranée qui longe la bande de Gaza, s’arrête justement pour prendre ses deux enfants en photo à bord du bateau de près de quatre mètres sur deux, surmonté d’un drapeau palestinien.

»J’ai aimé l’idée, et surtout le fait qu’il soit l’invention de jeunes de Gaza», dit-il.

Cette invention, les 5 amis, dont Baha Obeid, électricien de 25 ans, y ont pensé pour briser «la déprime de l’enfermement à Gaza». Il a fallu la construire avec des produits autorisés, car Israël interdit l’entrée de nombreux matériaux dans l’enclave, et au bout de «deux-trois mois» et près de 500 dollars, leur bateau pouvait voguer.

«Ça a pris du temps parce qu’au moment où on le construisait, il n’y avait que six heures d’électricité par jour, donc les soudures de la structure en fer ont pris du temps», explique Mohammed.

Mais pour le petit groupe d’amis, cela valait le coup d’attendre: aujourd’hui, leur bateau peut accueillir cinq à six personnes pour un tour en mer. Mais jamais au-delà de six miles nautiques, la limite imposée par la marine israélienne en raison du blocus.

http://www.lapresse.ca/

A Kavumu, petite ville du Congo, des dizaines de petites filles se font violer


C’est épouvantable que la justice est si différente d’un endroit à l’autre, différente entre les riches et les pauvres. Comment peut-on violer des enfants et rester impuni ? Pourquoi il y a autant de viol dans une ville du Congo ? La sorcellerie, les croyances que cela porte chance ? Et quelle imbécilité encore ? Comment un procureur peut dormir la nuit en acceptant de l’argent pour ne pas poursuivre ces crimes. Pourquoi tant de lenteur pour venir en aide a ses petites filles dont plusieurs sont mortes à cause de la violence de l’agression sexuelle ? Comment des policiers, un gouvernement peuvent-ils fermer les yeux ?
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A Kavumu, petite ville du Congo, des dizaines de petites filles se font violer

 

Des femmes victimes de violences sexuelles, à hôpital Panzi, en 2007. REUTERS/James Akena

Des femmes victimes de violences sexuelles, à hôpital Panzi, en 2007. REUTERS/James Akena

Lauren Wolfe

Les sévices qu’elles subissent sont affreux. Sur place, on spécule sur les explications à donner à ces drames. Et si c’était la sorcellerie? Ou, plus prosaïquement mais tout aussi tragiquement, si les coupables étaient d’anciens soldats, détruits, des victimes devenues bourreaux.

Les hommes viennent en pleine nuit. Ils jettent leur dévolu sur une maison, en défoncent un mur et enlèvent une petite fille pour lui faire des choses atroces. Puis, au matin, ils la ramènent dans son lit ou la laissent gisante devant la porte ou dans le jardin. Si l’enfant a survécu, il faut la conduire en urgence chez un médecin parce qu’un pénis ou un objet quelconque aura écrasé ses organes tout au fond de son corps.  

Des petites filles, parfois encore bébés

En 2014, lorsque je me suis rendue à Kavumu, une ville misérable de l’est du Congo, j’ai entendu de telles histoires racontées à bout de murmures. Kavumu se situe au bord du lac Kivu, en face du Rwanda, non loin d’un bureau de la Monusco, la mission de stabilisation de l’ONU en République démocratique du Congo. Parmi ses habitants, on compte plusieurs représentants des Twa, une minorité ethnique et marginalisée (mieux connue sous le nom de Pygmées), des individus qui ont dû quitter leurs petits villages dans des régions aujourd’hui sous contrôle des milices, et une proportion significative de soldats démobilisés.

Selon des militants des droits de l’homme, Kavumu cumule un taux de criminalité très élevé et un taux d’alphabétisation au plus bas. La ville traîne aussi une effroyable réputation: ces deux dernières années, elle a été le théâtre de plusieurs dizaines de viols de petites filles, parfois encore bébés.

Plusieurs survivantes ont reçu des premiers soins dans des cliniques locales, où on les a souvent lavées et, malheureusement, désinfectées des éventuelles preuves que leur corps pouvait révéler, avant de les envoyer à l’hôpital de Panzi, situé dans la ville voisine de Bukavu. L’établissement est dirigé par le Dr. Denis Mukwege, pionnier de la prise en charge et de la réparation des victimes de violences sexuelles.

Depuis l’an dernier, au moins 35 petites filles de Kavumu ont eu besoin d’une «chirurgie lourde» à leur entrée à l’hôpital, a précisé Mukvege lors de sa visite au Parlement européen en mars. Certaines de ces enfants, âgées de 6 mois à 11 ans, ont dû passer des mois à Panzi à cause de très graves traumatismes. Sur le terrain, une source m’a parlé d’une petite fille obligée de rester allongée sur le ventre, et incapable de refermer les jambes à cause de la douleur.

A l’heure actuelle, personne n’a encore pu identifier les responsables de ces viols. Ce qui, en grande partie, est imputable à un système judiciaire défaillant.

Très peu de ces agressions ont fait l’objet d’un examen spécifique –seuls sept dossiers étaient en cours fin 2014, selon l’organisation humanitaire Physicians for Human Rights (PHR). Des experts de cette organisation, et d’autres, font valoir la nécessité d’ouvrir une enquête formelle sur ces viols, et de les considérer comme les éléments d’un unique crime de masse.

Une justice peu réactive

Mais sur le terrain, des sources estiment que le procureur de Kavumu, la plus haute autorité judiciaire de la ville, traîne des pieds pour des raisons inconnues. Parallèlement, la police argue qu’elle ne peut travailler sans l’autorisation du procureur. Et même si la police pouvait mener de telles procédures, des experts judiciaires de la Monusco et de PHR affirment qu’elle devrait refermer les dossiers après dix jours faute de preuves concluantes –en collecter est une gageure dans un endroit où les ressources des enquêteurs sont réduites aux portions congrues et où les forces de l’ordre se font graisser la patte au quotidien. Plusieurs militants des droits de l’homme et spécialistes du droit m’ont dit que le procureur était surnommé «Monsieur Cent Dollars», tant il est connu qu’il accepte d’abandonner des poursuites pour une telle somme

Denis Mukwege, prix Sakharov 2014n pendant son discours au Parlement européen à Strabourg, le 26 novembre 2014.REUTERS/Vincent Kessler

Karen Naimer, la directrice du programme de PHR contre les violences sexuelles en zones de conflit, détaille comment son organisation, la Monusco, la police de l’ONU, l’hôpital de Panzi et des représentants de la société civile locale ont proposé leur assistance technique afin de retrouver les coupables, notamment dans l’organisation de formations à la collecte de preuves –le tout en vain.

«L’arsenal est prêt et attend d’être déployé, mais personne n’a l’air de vouloir s’y mettre», précise Naimer.

Le 6 avril, le bureau de Jeanine Mabunda Lioko, la Représentante personnelle du chef de l’Etat chargée de la lutte contre les violences sexuelles et le recrutement d’enfants soldats en RDC –une responsable nommée par le président– annonçait

«travailler avec les autorités nationales pour ouvrir une enquête sur les allégations de violences sexuelles» à Kavumu.

Un pas en avant opportun, mais reste à voir comment ces promesses seront mises en pratique. A Kavumu, les militants sont nombreux à être sceptiques.

En attendant, en l’absence de procédures judiciaires, ceux que ces viols bouleversent en sont réduits à spéculer sur l’identité des criminels et leurs motivations. Et certaines réponses sont bien plus étranges qu’on pourrait a priori le penser.

L’hypothèse de la sorcellerie

Parmi les locaux, une rumeur lancinante pointe du doigt la sorcellerie. Croire au surnaturel, et notamment à la magie noire, n’est pas un phénomène rare au Congo. Des enfants sont parfois accusés d’être des sorciers, certains se font même exorciser. Dans d’autres cas, faire du mal à des enfants est considéré comme un moyen pervers de s’attirer la fortune.

Stefano Severe, le responsable régional de l’UNHCR, l’agence des Nations unies pour les réfugiés, mentionne ainsi

le kabanga, une pratique consistant à «étrangler un bébé avec une corde et à vendre ensuite la corde».

A Kavumu, Georges Kuzma, ancien conseiller de PHR sur les violences sexuelles basé à Bukavu, explique que, selon certains locaux, les auteurs des viols nocturnes font du mal aux enfants afin de se porter bonheur.

«Ils pensent que les bourreaux veulent retirer les organes génitaux ou reproductifs des bébés ou des petites filles, dit Kuzma. Pour avoir davantage de chance.»

Neema Namadamu, militante pour les droits des femmes vivant à Bukavu, parle quant à elle d’une croyance superstitieuse voulant que

«si vous couchez avec des vierges, vous serez couverts de diamants rouges». 

Une interprétation que partagent l’Unicef et la Monusco, ou du moins partageaient au début. En juin 2013, lorsque les premiers viols ont été signalés –et après la mort de deux victimes– les organisations publiaient un communiqué commun dénonçant ces violences sexuelles extrêmes et citant des «pratiques traditionnelles préjudiciables».

Les soldats, «bourreaux-victimes»?

Une autre explication est peut-être plus prosaïque, mais tout aussi tragique. Les soldats démobilisés de l’armée congolaise ou de diverses milices ne sont jamais soumis, ou presque, à un suivi psychologique. La violence est souvent ancrée au fond d’eux.

«Même s’ils reviennent à une vie civile et normale, ils sont dans l’incapacité de s’adapter totalement et commettent, de temps en temps, des actes barbares, des atrocités», a pu expliquer le Dr. Mukwege devant le Parlement européen.

Il s’est aussi récemment adressé à l’AFP et a souligné l’importance de ne pas oublier que ces hommes ont aussi été soumis à des violences:

«Nous avons tous ignoré que ces gens étaient eux-mêmes détruits, [que] c’étaient des bourreaux-victimes.»

En mars 2014, je me suis entretenue avec un représentant du Fonds des Nations unies pour la population (FNUAP) qui faisait état d’une augmentation dramatique des viols civils depuis 2011, du fait de la démobilisation des soldats. Plus de 77% des agressions répertoriées en 2013 ont été perpétrées par des civils, m’avait-il expliqué.

A Kamuvu, certains pensent que ce sont bien des soldats démobilisés qui violent la nuit les petites filles. Selon Stefano Severe, des rumeurs font même état d’un réseau ou d’un groupe d’hommes se faisant de l’argent en vendant à d’autres la possibilité de violer ces enfants, ce qui signifie que ces agressions ne cesseront qu’en «arrêtant les vrais auteurs et leurs “clients” potentiels».

Mais quelle que soit l’explication de ces crimes, une question difficile reste en suspens: si ce sont bien de petites maisons qui sont attaquées pour enlever les enfants, est-ce que les familles voient ou entendent les agresseurs? Si oui, est-ce qu’elles essayent de les arrêter? Des membres de PHR se sont entretenus avec des familles de victimes.

«Ce n’est pas clair, on ne sait pas trop ce qui se passe», précise Karen Naimer. Elle se demande, comme d’autres sources à qui j’ai eu affaire, si les familles ne sont pas quelque part impliquées dans les agressions. Ou peut-être, pour des raisons inconnues, qu’elles ont peur de parler ou de s’interposer. «J’ai l’impression qu’il nous manque beaucoup d’informations», ajoute-t-elle.

La difficulté des parents à dénoncer les crimes

Selon Alejandro Sánchez, ancien coordinateur de l’unité de la Monusco luttant contre les violences sexuelles dans le Sud-Kivu, les familles ne sont pas impliquées. Ce sont elles qui amènent leurs enfants à l’hôpital après les agressions.

«Et franchement, ajoute Alejandro Sánchez, quand vous voyez la taille et l’âge des petites, il est assez irréel de penser qu’une mère pourrait permettre qu’on fasse des choses aussi bestiales à son enfant.»

Reste que dénoncer de tels agissements est une autre paire de manches. Il est possible que les parents aient peur de parler, explique Alejandro Sánchez.

«Au [Congo], s’en remettre à la justice comporte toujours certains risques pour les victimes ou les témoins», précise-t-il. «Les programmes de protection n’existent pas ou sont très inefficaces.» Et si les coupables se sont pas incarcérés, «ils reviendront traîner dans la communauté».

La douleur et la peur n’instillent pas seulement les habitants de Kavumu, mais aussi ceux qui œuvrent à stopper les viols.

«Cela devient de plus en plus traumatique, même pour les premiers secours» –c’est-à-dire le personnel médical– «d’avoir affaire à ce genre de cas», affirme Karen Naimer.

Certains humanitaires internationaux m’ont ainsi expliqué avoir quitté le Congo à cause de l’inaction qui entoure ces viols.

«Nous ressentons leur frustration, ajoute Karen Naimer Ils voudraient pouvoir en faire tellement plus.»

En novembre 2014, une délégation de PHR s’est rendue à Kinshasa, la capitale, afin de rencontrer plusieurs dignitaires du gouvernement et leur parler des viols de Kavumu. Les membres de la délégation ont exhorté à l’ouverture d’une enquête nationale. Au mieux, ils se sont heurté à de l’incompréhension –personne n’en avait entendu parler.

Comment faire avancer la justice?

Jeanine Mabunda, récemment nommée par le président Représentante sur la question des violences sexuelles, faisait partie des officiels en présence. Après la rencontre, PHR lui a envoyé des informations sur les viols pour qu’elle puisse mettre à profit ses responsabilités et faire quelque chose, n’importe quoi. Son silence allait durer des semaines.

La promesse d’une enquête nationale arrive «très très tard»

Enfin, dans les derniers jours de mars, Jeanine Mabunda traversait les 1.500 kilomètres séparant la capitale de Bukavu pour venir s’entretenir avec des membres de la société civile luttant contre les viols de Kavumu. Le 6 avril, elle annonçait que son bureau sollicitait une enquête auprès du ministère de l’Intérieur. En d’autres termes, ce que PHR et d’autres attendent depuis si longtemps –une procédure judiciaire coordonnée au niveau national– devrait se réaliser d’ici peu.

«La population est en colère. Nous allons travailler ensemble et faire tout ce que nous pourrons pour détenir et traduire en justice quiconque a commis ces actes horribles», a déclaré Jeanine Mabunda lors d’une conférence de presse.

Pour davantage de justice, il serait aussi possible de faire venir un tribunal mobile à Kavumu. L’idée serait, une fois les preuves collectées dans le cadre de l’enquête nationale annoncée début avril, de recourir à ce tribunal pour le procès des auteurs présumés. Des experts d’ONG de Bukavu font part de leur ambivalence: l’efficacité d’un tel tribunal dépendra de l’expérience et de l’intégrité des personnes qui y siégeront. Par le passé, au Congo, des tribunaux mobiles ont obtenu des succès relatifs face aux auteurs de violences sexuelles.

Alejandro Sánchez se méfie: en fin de compte, un tribunal mobile pourrait très bien se contenter de traduire en justice des gens, sans suffisamment de preuves, histoire uniquement de «montrer des résultats» à la communauté internationale.

Alejandro Sánchez précise aussi que si la promesse d’une enquête nationale est la bienvenue, elle arrive «très très tard». Son expérience au Congo dans la région de Kavumu lui a montré que si les coupables ne sont pas appréhendés sur la scène de crime, les obstacles empêchant de les traduire en justice sont énormes. En outre, dans les 29 cas de viols dont il s’est occupé, aucun témoin ne s’est fait connaître, et les victimes sont trop jeunes pour identifier leurs agresseurs.

«Il faut que l’enquête nationale se dote d’une stratégie très claire», ajoute Alejandro Sánchez qui, comme PHR et d’autres, estime que les viols doivent être traités comme les éléments d’un crime unique, et pas comme des cas isolés les uns des autres.

«Dans le cas contraire, cette enquête, comme le reste, ne mènera à rien.»

 

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