Pourquoi votre latte a moins de chances de se renverser que votre café ?


Bien des recherches prennent souvent leur source sur des choses simples. Une observation peut mener à des solutions futures pour des problèmes présents
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Pourquoi votre latte a moins de chances de se renverser que votre café ?

 

La mousse empêche la boisson de déborder.

La mousse empêche la boisson de déborder.Photo : AFP

SCIENCE – Selon une équipe de chercheurs, la mousse du café au lait diminuerait considérablement les risques de débordement. Des résultats qui ne profitent pas qu’au petit-déjeuner.

Se déplacer avec un café de la cuisine au salon demande un peu de dextérité pour éviter de reverser le précieux liquide. Selon des chercheurs de Princeton, ajouter du lait dans sa tasse suffirait à sécuriser le périple. La mousse créée par cette association gourmande canaliserait en effet l’énergie du liquide ballotant, d’après l’étude publiée dans le journal Physics of Fluids.

Le phénomène est apparu à Emilie Dressaire, professeur adjoint d’ingénierie mécanique et aérospatiale à l’Ecole Polytechnique de génie civil de l’Université de New York, quand elle commande un latte sans couvercle chez Starbucks. Ces quelques couches de bulles, freinant considérablement le mouvement de sa boisson, pourraient éclairer le monde scientifique quant à la sécurisation du transport des liquides dangereux.

Même observation du côté de ses collègues, dont Alban Sauret, chercheur au CNRS, mais avec la bière :

« Alors que je préparais mon doctorat dans le sud de la France, nous étions dans un pub et avons remarqué que lorsque nous transportions une pinte de Guinness, une bière très mousseuse, le ballottement était complètement inexistant. »

La mousse frotte contre les parois

Direction le laboratoire pour confirmer l’hypothèse, où a été conçu un appareil testant l’amortissement de la mousse. Dans un mélange d’eau, de glycérol (pour le côté visqueux) et de liquide vaisselle (pour la durabilité de la mousse), une aiguille injectait un débit d’air constant pour créer des couches uniformes de bulles. Puis les mouvements créés par la secousse du récipient ont été enregistrés par une caméra.

Cinq couches seulement suffisaient pour réduire la taille des ondes par un facteur de dix (davantage d’épaisseur serait inutile). C’est par son frottement contre les parois du contenant que la mousse empêche le liquide de s’échapper. Preuve en est que, quand les bulles restent au milieu et n’entrent pas en contact avec les bords du récipient, la réaction n’a pas lieu.

Ces résultats pourraient profiter aux grands pétroliers par exemple. Le ballottement du pétrole ou du gaz liquéfié exerce une pression sur les parois du navire-citerne, menaçant de provoquer une rupture. Si faire mousser l’ensemble serait une schématisation trop raccourcie, inutile de préciser qu’y ajouter du lait serait également inutile.

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