Le pouvoir des mots


Nous savons pourtant, que les mots peuvent faire mal, peuvent être sujet à l’intimidation, peut amener la colère, mais nous entêtons à utiliser des mots sans vouloir savoir toute la portée de nos paroles. Et pour renier les conséquences, nous appelons cela la liberté d’expression.
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Le pouvoir des mots

 

«Les mots possèdent un grand pouvoir; ils peuvent tout aussi bien créer un moment que le détruire»
 
Susan Gale

Une expérience sociale tourne mal avec un sans-abri


 

Quand une personne fait quelque chose sur YouTube et qui fait le tour de la planète, d’autres sont tenter de faire la même chose. Je ne pense pas que ce soit pour montrer vraiment la misère des gens, mais plus pour dire :  »regarder moi, je suis gentil » Mais, dans le fond, le SDF aura encore faim demain et comment chercher un travail dans ses conditions. En tout cas, c’est une bonne remise en question de l’idée derrière une vidéo
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Une expérience sociale tourne mal avec un sans-abri

 

Aux États-Unis, John a réalisé une expérience sociale qui consiste à donner une pizza et de l’argent à un sans-abri dans la rue, mais ça ne va pas se passer comme prévu…

Le Saviez-Vous ► Pourquoi se cure-t-on le nez ?


Le rhinotillexomanie,  vous connaissez ? Vous l’avez sûrement en privé ou en public, même si vous savez que ce n’est pas très ragoutant. Et bien imaginez-vous que depuis plusieurs années des recherches sont fait sur le fait de se curer le nez, et des chercheurs continuent à se pencher sur le sujet
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Pourquoi se cure-t-on le nez ?

 

Ralph Wiggum, célèbre personnage des Simpson, est surtout connu pour sa fâcheuse propension à se curer le nez à longueur d'épisode. ©Archives du 7eme Art / Photo12

Ralph Wiggum, célèbre personnage des Simpson, est surtout connu pour sa fâcheuse propension à se curer le nez à longueur d’épisode. ©Archives du 7eme Art / Photo12

Par Lise Loumé

Combien de personnes se curent régulièrement le nez ? Est-ce bon ou mauvais pour la santé ? Plusieurs équipes de chercheurs se penchent depuis plus de 20 ans sur ces questions.

HABITUDE. La rhinotillexomanie, vous connaissez ? C’est la fâcheuse tendance qu’ont de nombreuses personnes à se curer le nez régulièrement, même en public. Pourquoi est-on amené à faire ce geste alors qu’il paraît dégoûtant ? Selon les scientifiques, il serait stimulé par la combinaison de deux choses : la satisfaction que nous tirons du fait de « nettoyer » et le fait que notre nez soit toujours à notre disposition. Ou peut-être est-ce juste une preuve de paresse : les doigts sont eux aussi toujours à disposition, ce qui n’est pas toujours le cas de la boîte de mouchoirs. Malheureusement, peu d’études scientifiques ont essayé de répondre à cette question. Mais quelques chercheurs ont tout de même tenté de déterminer à quel point cette pratique, plutôt inavouable, reste répandue dans la population.

Une pratique très répandue chez les adultes et les enfants

Selon le site de la BBC, la première étude scientifique qui a cherché à évaluer la fréquence de ce geste dans la population remonte à 1995 et a été réalisée par deux américains. Ces derniers ont envoyé une enquête à 1.000 adultes résidant dans le Wisconsin. Parmi les 254 personnes qui ont accepté de répondre, 91 % ont avoué se curer le nez régulièrement, et 1,2 % admettait le faire au moins une fois par heure. Cinq ans plus tard, deux médecins indiens du National Institute of Mental Health and Neurosciences de Bangalore ont voulu savoir si cette habitude était répandue chez les enfants et les adolescents. Ils ont donc posé la question à 200 jeunes gens issus de quatre écoles et appartenant à des classes socio-économiques différentes. Presque tous ont admis se curer le nez, en moyenne quatre fois par jour. 7,6 % des sondés ont affirmé faire ce geste plus de 20 fois par jour, mais près de 20 % pensaient qu’il était la preuve d’un « problème sérieux » chez eux.

La plupart ont avoué se curer le nez pour soulager une démangeaison ou enlever leurs crottes de nez, mais 12 % d’entre eux ont déclaré qu’ils se curaient le nez simplement pour se sentir bien…

Et de manière surprenante, les enfants et adolescents n’utilisent pas que leurs doigts pour se curer le nez. 13 d’entre eux ont expliqué se curer le nez avec une pince et 9 avec un crayon. Et 9 ont avoué manger leurs crottes de nez. Les chercheurs n’ont constaté aucune différence de résultats selon la classe socio-économique des enfants, mais une divergence entre les sexes : les garçons auraient davantage tendance à se curer le nez que les filles, qui sont plus nombreuses à penser qu’il s’agit d’une « mauvaise habitude ». Les garçons étaient également plus nombreux à avoir d’autres « mauvaises habitudes », comme celles de se ronger les ongles (on parle d’onychophagie) ou de s’arracher les poils et les cheveux (la thrichotillomanie).

Est-ce dangereux pour la santé ?

Le trou dans la cavité nasale est représenté par les deux petites flèches (image obtenue par tomodensitométrie). © American Society of Neuroradiology / Ronald D. Caruso

Dans de rares cas, se curer le nez n’est pas sans risque. L’étude réalisée en 1995 dans le Wisconsin relate le cas de deux personnes ayant déclaré avoir un trou dans leur cloison nasal, le tissu fin qui sépare les narines gauche et droite. Une patiente de 53 ans a même fait un trou dans ses sinus parce qu’elle n’arrêtait pas de se curer le nez (voir ci-contre), rapporte une étude américaine.

De plus, des chercheurs néerlandais ont expliqué dans une étude publiée en 2006 que le fait de se curer le nez peut favoriser la présence de bactéries pathogènes, en particulier Staphylococcus aureus, responsable de nombreuses infections nosocomiales. Pour autant, malgré la fréquence et la dangerosité potentielle de la rhinotillexomanie, celle-ci n’est pas reconnue comme un trouble obsessionnel compulsif (TOC). Contrairement au fait de se ronger les ongles ou de s’arracher les cheveux.

Manger ses crottes de nez, c’est bon pour la santé ?

Le Pr Scott Napper, chercheur à l’université de Saskatchewan (Canada),prétend que l’ingestion de mucus séché pourrait protéger contre d’éventuelles infections, en stimulant notre système immunitaire (qui produirait des anticorps). Son hypothèse reste contestée dans la communauté scientifique. Le Pr Napper mène actuellement une série d’expériences auprès de ses étudiants. Affaire à suivre…

http://www.sciencesetavenir.fr/

Combat contre le cancer Une petite chienne fugue pour retrouver sa maîtresse à l’hôpital


Il y a des comportements qu’il est difficile à expliquer chez les animaux. Un chien qui habite loin a parcouru sa route pour aller exactement à l’endroit que sa maîtresse est hospitalisée
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Combat contre le cancer

Une petite chienne fugue pour retrouver sa maîtresse à l’hôpital

 


(Crédit: capture d’écran, CNN)

Voici une belle histoire qui nous prouve une fois de plus que le lien unissant les humains à leurs chiens est parfois plus fort que tout.

Ça se passe en Iowa, au centre des États-Unis. Un schnauzer nain qui s’ennuyait cruellement de sa maîtresse a parcouru plusieurs kilomètres pour la retrouver… à l’hôpital, où elle se bat contre le cancer.

Évidemment, personne ne s’attendait à retrouver la prénommée Sissy à cet endroit. Mais les caméras de surveillance ont tout capté.

On y aperçoit donc la chienne franchir les portes automatiques de l’hôpital Mercy, et poursuivre son chemin avec assurance dans l’établissement, comme si elle savait exactement où se diriger.

Quelle ne fut pas la surprise, pour les agents de sécurité en service ce jour-là, de retrouver la petite bête dans un endroit aussi inusité!

«Nous avons jeté un œil à sa médaille, et c’est là que nous avons constaté à quel point elle venait de loin. C’est un trajet assez étonnant qu’elle a dû parcourir pour se rendre jusqu’ici!» a commenté Samantha Conrad, qui se trouvait au poste de sécurité.


L’intrépide Sissy (Crédit: capture d’écran, CNN)

Grâce à cette médaille, les agents ont pu retracer ses propriétaires. Et c’est là qu’ils ont réalisé que sa maîtresse, Nancy Franck, était traitée en ce moment même, dans ce centre hospitalier, pour un cancer de l’utérus.

«Elle voulait voir sa maman!» s’est exclamé le conjoint de Mme Franck, ajoutant en rigolant que la petite chienne avait toutefois eu de la difficulté à trouver quel ascenseur prendre pour la rejoindre.

Inquiet de sa disparition

Dale Franck avait constaté en début de nuit que la petite bête blanche manquait à l’appel.

 «J’étais malade d’inquiétude, j’avais envie de m’arracher les cheveux», a-t-il raconté.

Quatre heures plus tard, l’hôpital l’appelait pour lui faire part de sa trouvaille pour le moins inhabituelle.


La maîtresse de la petite Sissy, Nancy Franck. (Crédit: capture d’écran, CNN)

Sa maîtresse semblait pour sa part épatée.

«Je ne sais pas comment elle s’est débrouillée pour se retrouver ici par elle-même», a-t-elle commenté.

Un grand mystère que la petite bête ne peut malheureusement pas expliquer en mots, mais une belle fugue qui a su ramener le sourire sur les lèvres de la principale intéressée.

«C’était formidable de revoir Sissy… c’était parfait. Je suis vraiment contente qu’elle ait pensé à venir me visiter», a conclu sa maîtresse, visiblement touchée.

http://tvanouvelles.ca/

Des centaines de lévriers morts sur les pistes de courses aux Etats-Unis


Gagner sa vie au dépens des chiens en les faisant courir sur une piste de courses est aussi grotesques que toutes autres courses, combats d’animaux. Les lévriers ont certes besoin de courir, mais pour ses propres besoins.
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Des centaines de lévriers morts sur les pistes de courses aux Etats-Unis

 

Par Sophie Le RouxCrédits photo : Rainer Hungershausen – Flickr

909 : c’est le nombre de Lévriers morts entre 2008 et 2014 sur les pistes de course aux Etats-Unis. Et ils seraient plus de 11 000 à avoir été blessés. C’est ce que révèle un récent rapport publié par l’association Grey2K USA et l’ASPCA, qui exhortent les autorités de plusieurs Etats à interdire les courses de chiens.

Ces chiens courent pour leur vie

« Les gens ne réalisent pas à quel point la vie d’un chien de course est difficile : jambes, crânes, dos brisés, orteils coupés, électrocution, et même arrêt cardiaque en raison du stress » souligne auprès de l’AP Nancy Perry, vice-président senior des relations gouvernementales de l’ASPCA. « Nous voulons que les gens comprennent que ce ne sont pas des chiens qui jouent dans un parc, mais littéralement en train de courir pour leur vie ».

Floride, Alabama, Arkansas, Texas, Iowa, Virginie de l’Ouest, Arizona : si 39 Etats américains ont banni les courses de Lévriers, ils sont encore sept à les autoriser.

Mais la bonne nouvelle est que cette pratique est en train de s’essouffer d’elle-même. Une chute de 66% des paris a en effet été observée entre 2001 et 2012.

lévrier
En moyenne, un lévrier de course meurt tous les trois jours sur les pistes de Floride.

Décès, blessures et maltraitance

Ce rapport de 80 pages compile des centaines de documents et témoignages, relevant en plus des décès et blessures plusieurs cas de cruauté envers les animaux, notamment des chiens morts de faim, ou privés de soins vétérinaires. Il révèle également comment nombre de chiens sont nourris avec de la viande issue d’animaux malades, car moins chère. Les Lévriers de course seraient également enfermés pendant de longues heures dans des cages trop petites où ils ne peuvent pas se tenir debout.

Propriétaires et éleveurs de chiens de course se défendent vivement de ces accusations, affirmant qu’il est dans leur intérêt d’avoir des animaux heureux et en bonne santé.

« Les gens qui possèdent ces chiens aiment ces chiens », affirme Jeff Kottkamp, un ancien lieutenant-gouverneur de Floride faisant du lobbying pour le compte de la Florida Greyhound Association. « C’est leur gagne-pain et ils prennent soin d’eux. »

En France, les courses de lévriers ne sont pas interdites. Les sociétés les pratiquant sont toutes gérées par la Fédération Française des Sociétés de Courses de Lévriers. Si elles donnent lieu à des paris, elles ne constitiuent pas comme c’est le cas dans certains américains une véritable industrie.

http://wamiz.com/

Le mystère du crâne percé d’Otrante résolu


Ceux à qui ont appartenus ces crânes ont eu une mort tragique, mais un d’entre-eux à servi en pharmacologie pour soigner, croyait-on, certaines maladies du cerveau
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Le mystère du crâne percé d’Otrante résolu

 

crâne percé Otrante

Crédits : Gino Fornaciari/Université de Pise

Par Julie Aram

Un crâne percé de 16 trous réguliers, vieux de plus de 500 ans, suscite depuis longtemps la curiosité des historiens. Des chercheurs italiens viennent de résoudre l’origine de ces mystérieux trous.

Un crâne datant du 15e siècle, appartenant à l’un des martyrs d’Otrante, suscite depuis longtemps la curiosité des historiens, en raison des 16 trous réguliers qui y ont été percés. Un mystère que des chercheurs de l’Université de Pise viennent de résoudre : ces trous ont été percés après la mort, afin d’en prélever de la poudre, à des fins d’utilisation médicinales.

Mais pour comprendre le contexte de ces travaux, il nous faut faire un peu d’histoire. Le 28 juillet 1480, une armée turque de 18 000 soldats, menée par Gedik Ahmed Pacha, se présente sous les murs de la petite ville italienne d’Otrante, forte de 6 000 habitants. Quelques jours plus tard, les soldats turcs prennent la ville, tuent une grande partie de ses hommes, et réduisent femmes et enfants en esclavage. Quelques centaines de survivants se réfugient dans la cathédrale, et commencent à prier. Assiégés par les soldats turcs, il leur est demandé de renier leur fois chrétienne. Devant leur refus, 813 d’entre eux sont décapités un à un, sur le col de la Minerva.

Un an plus tard, la ville est reprise par les forces de la couronne d’Aragon. Les corps des suppliciés sont retrouvés, et transférés dans la cathédrale d’Otrante.

Ces 813 martyrs d’Otrante sont aujourd’hui les saints patrons de la ville d’Otrante, et ont été canonisés le 12 mai 2013 par le pape François. Leurs crânes sont exposés dans la cathédrale d’Otrante, comme le montre la photo ci-dessous :

Crédits : Laurent Massoptier

Parmi ces crânes, l’un d’entre eux présente toutefois des caractéristiques surprenante : il est percé de 16 trous, parfaitement réguliers. Des trous dont l’origine n’avait jusqu’ici jamais été établie de façon certaine.

Or, des travaux menés par l’historien de la médecine Gino Fornaciari et ses collègues de l’Université de Pise (Italie) ont permis de révéler la raison de ces trous : ils auraient été percés bien après la mort de l’individu, afin d’en prélever une poudre destinée à des fins médicinales.

Comment ces chercheurs sont-ils parvenus à ce résultat ? Ils ont analysé les caractéristiques précises de ces trous, et ont pu établir qu’ils avaient été produits par un outil bien particulier : un trépan, spécialement conçu pour transformer l’os en poudre. Ce trépan était muni d’une lame en forme de demi-lune, une forme incapable de produire des disques d’os solides, mais uniquement de la poudre.

Quel était l’usage de cette poudre ? Elle servi d’ingrédient dans la confection de préparations pharmacologiques. Ainsi, le chimiste français Nicolas Lémery (1645-1715) indique dans son traité « La pharmacopée universelle » que la poudre issu d’un crâne humain était efficace dans le traitement de la paralysie, de l’épilepsie, et d’autres pathologies du cerveau.

Ces travaux ont été publiés dans le Journal of Ethnopharmacology, sous le titre« Pulverized human skull in pharmacological preparations:Possible evidence from the martyrs of Otranto (southern Italy, 1480) ».

http://www.journaldelascience.fr/

Campagne contre le dégriffage des chats


Personnellement, je n’aurais jamais songé à dégriffer un chat, car les griffes est un moyen défense sans compter qu’ils peuvent s’agripper et éviter bien des chutes
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Campagne contre le dégriffage des chats

 

Selon le spécialiste du comportement félin Daniel Filion,... (Shutterstock, Forewer)

Selon le spécialiste du comportement félin Daniel Filion, un chat qui perd l’un de ses moyens de défense, soit ses griffes, risque de mordre davantage.

SHUTTERSTOCK, FOREWER


ÉLISABETH FLEURY

Le Soleil

(Québec) Des vétérinaires et des spécialistes du comportement félin du Québec prévoient lancer ce printemps une vaste campagne de sensibilisation contre le dégriffage des chats.

C’est ce qu’a annoncé au Soleil cette semaine le spécialiste du comportement félin Daniel Filion.

«On veut mettre l’accent sur les alternatives au dégriffage, que les gens comprennent que le dégriffage n’est pas recommandé et que c’est une pratique parfaitement inutile», a indiqué le blogueur et chroniqueur télé à l’émission Animo de Radio-Canada.

Depuis quelques années au Québec, des groupes de défense des animaux, des vétérinaires et des spécialistes du comportement félin se prononcent contre le dégriffage des chats, arguant que cette pratique n’est rien de moins qu’une amputation de la troisième phalange de chaque doigt du chat et qu’elle peut entraîner de la douleur de même que des changements dans le comportement de l’animal, qui pourrait notamment se mettre à faire ses besoins en dehors de la litière.

Selon M. Filion, l’onyxectomie (ou dégriffage) est interdite dans près de 40 pays dans le monde, alors qu’ici, elle est à peu près banalisée, les gens s’imaginant qu’elle est sans grandes conséquences.

«Bien qu’il n’existe aucune étude démontrant que les chats dégriffés utilisent davantage la morsure comme moyen de défense, la très grande majorité des spécialistes en comportement s’entendent pour dire qu’un amimal qui perd l’un de ses moyens de défense habituels va inévitablement avoir recours à ceux qui lui restent en cas de besoin», dit M. Filion.

C’est ce que croit aussi la vétérinaire montréalaise Odette Girard, dont la clinique a été la première à cesser de pratiquer l’onyxectomie il y a 11 ans.

«Quand un chat utilise ses griffes, c’est parce qu’il est ennuyé. Et s’il n’a pas la possibilité de s’en servir, il va davantage utiliser son langage corporel pour qu’on lui fiche la paix, comme feuler et montrer ses dents», explique la propriétaire de la Clinique vétérinaire de la Promenade.

Douleur

Quant à la douleur qui pourrait être ressentie pendant et après la chirurgie, Mme Girard et M. Filion restent prudents.

«On n’est pas dans la tête des chats, c’est donc difficile à établir. Mais on sait que les bons vétérinaires font ce qu’il faut pour éviter le plus possible la douleur chirurgicale et post-chirurgicale», dit Mme Girard, selon qui une douleur fantôme due à l’amputation pourrait aussi se déclarer.

«La douleur pourrait-elle se manifester plus tard sous forme de douleur articulaire ou arthritique? Le chat pourrait-il éventuellement souffrir de contractions du tendon? Ce sont des questions qu’on se pose, mais il n’y a pas eu d’études de faites là-dessus, donc, encore là, c’est difficile de s’avancer.»

Quoi qu’il en soit, M. Filion et Mme Girard veulent faire comprendre aux propriétaires de chats qu’il n’est ni souhaitable ni utile de faire dégriffer leur animal.

«C’est sûr qu’on aimerait ça que la pratique soit interdite, comme ça l’est ailleurs. Mais avant d’en arriver là, il y a un travail d’éducation et de sensibilisation à faire», dit Daniel Filion.

Il ne s’agit pas de diaboliser les propriétaires de chats qui veulent recourir à l’onyxectomie, mais de leur expliquer, par exemple, que le risque qu’un enfant soit blessé sérieusement par une griffade de chat est minime.

«Ce qu’il faut d’abord et avant tout, c’est apprendre à décoder le langage des chats», croit le spécialiste.

D’autres options

Quant aux chats qui font leurs griffes sur les beaux divans en cuir, M. Filion croit à la bonne vieille méthode des griffoires, «qui sont très efficaces s’ils sont bien faits et qu’ils sont installés aux bons endroits». Devant le coin du divan, par exemple.

Sinon, les Soft Paws (couvre-griffes) constituent une alternative au dégriffage fortement recommandée par les vétérinaires. Il s’agit de petits capuchons en plastique qui s’installent sur les griffes et qui permettent aux propriétaires d’apprendre à leur jeune chat à ne pas faire leurs griffes n’importe où dans la maison.

«On va finir par délaisser cette pratique»

 

L’Ordre des médecins vétérinaires du Québec (OMVQ) n’a pas de position officielle sur l’onyxectomie comme elle en a une sur la caudectomie (écourtage ou ablation de la queue) ou l’essorillement (coupage des oreilles). Du moins pas encore.

«C’est un sujet qui demeure très controversé, tant au sein de la population que chez les vétérinaires. Mais on est conscients que le dégriffage fait partie des débats qu’on doit avoir sur le bien-être animal», dit le président de l’OMVQ, le Dr Joël Bergeron, précisant que «l’Ordre ne recommande pas l’onyxectomie, mais il ne la bannit pas non plus». «On dit à nos membres de sensibiliser leurs clients et de leur proposer des alternatives.»

L’Ordre songe d’ailleurs à se doter d’un programme de sensibilisation sur le dégriffage destiné à ses membres, mentionne le Dr Bergeron.

Si l’onyxectomie est toujours largement pratiquée par les vétérinaires, c’est qu’elle est bien ancrée dans les moeurs, explique le président de l’OMVQ.

«Les gens y tiennent parce qu’ils voient le dégriffage comme une solution facile. Ce n’est pas tout le monde qui a la patience et la persévérance de travailler sur les comportements de leur chat», dit le Dr Bergeron.

Tant qu’il y a une demande

Or tant qu’il y aura une demande pour l’onyxectomie, il y aura des vétérinaires pour la pratiquer.

«Ils le font pour toutes sortes de raisons, mais leur plus grande préoccupation, c’est qu’ils ne veulent pas que les chats se retrouvent dans un refuge ou qu’ils soient euthanasiés. D’où l’importance de travailler sur la sensibilisation des propriétaires de chats et de leur proposer des alternatives», estime le président de l’OMVQ.

En 2010, l’Ordre s’est prononcé contre la caudectomie et l’essorillement pratiqués à des fins esthétiques ou pour des pratiques d’élevage.

«Il y a une vingtaine d’années, il était commun de rencontrer des chiens boxer qui avaient subi ces chirurgies. De la sensibilisation a été faite et, aujourd’hui, les mentalités ont changé», note le Dr Bergeron, selon qui «il devrait se produire la même chose avec l’onyxectomie».

«Mon impression, c’est qu’on va finir par délaisser cette pratique», conclut-il.

http://www.lapresse.ca/