Comment les bactéries communiquent entre elles


Si vous pensiez être seule à vous parler quand vous êtes seul, sachez que votre corps est un vaste réseau de communication pour les bactéries. Comme dans la vie des hommes, certaines bactéries se comprennent, s’entraident, mais aussi se mentent ou font la guerre
Nuage

 

Comment les bactéries communiquent entre elles

 

Selon les chercheurs, 116 autres espèces de bactéries, dont plusieurs pathogènes humains, utiliseraient cette même langue. © Inserm/Universcience/CNDP/Picta productions

Selon les chercheurs, 116 autres espèces de bactéries, dont plusieurs pathogènes humains, utiliseraient cette même langue. © Inserm/Universcience/CNDP/Picta productions

Par Elena Sender

Une nouvelle langue bactérienne a été identifiée. Comprendre ces échanges dans le corps humain pourrait permettre de leur « parler », voire de leur « mentir » pour influer sur leur comportement.

Blablabla blablabla blablabla c’est ce que se racontent les bactéries lorsqu’elles se rencontrent. Ou presque. En effet, loin d’être des êtres vivants sourds et muets, elles ne cessent de bavarder entre elles, pour se reconnaître, se compter, se multiplier ou au contraire stopper leur croissance, faire la paix avec leurs voisines ou déclarer la guerre.

Comment ? En diffusant des molécules, ce qu’on appelle le « quorum sensing », phénomène découvert dans les années 1990.

Une centaine de bactéries utiliseraient la même langue

 

DÉCOUVERTE. Ce 22 janvier 2015, un professeur de biotechnologie moléculaire de l’université Goethe à Francfort, Helge Bode et Ralf Heerman, du département de microbiologie à l’université Ludwig Maximilian de Munich, ont découvert un nouveau langage jusqu’ici inconnu qui semble être très répandu. Une découverte qui complète les recherches pionnières menées entre autres par la talentueuse Bonnie Bassler de l’université de Princeton, surnommée à raison « la femme qui murmurait à l’oreille des bactéries » (voir l’article en pdf ci-dessous).

Jusqu’ici le langage le plus connu passait par l’émission d’une molécule (N-acyl homoserine lactone). Les bactéries marines Vibrio fischeri, qui colonisent le calmar, en secrètent ainsi à tout-va pour se « compter » jusqu’à devenir bioluminescentes lorsqu’elles sont suffisamment nombreuses. Mais les chercheurs allemands ont, quant à eux, étudié Photorhabdus asymbiotica, comme ils le rapportent dans leur étude publiée dans les PNAS. Ce pathogène, mortel chez les insectes et qui infecte également l’homme, déclenche des problèmes cutanées. Et ces bactéries coordonnent leur action en secrétant du dialkylresorcinol et des cyclohexanediones.

Selon les chercheurs, 116 autres espèces de bactéries, dont plusieurs pathogènes humains, utiliseraient cette même langue. Or ces études sont cruciales. Comprendre le langage des bactéries permettrait en effet de leur « parler », voire de leur « mentir » pour influer sur leur comportement, les empêchant ainsi de développer leur pathogénicité. Une sorte d’antibiotique qui ne provoquerait pas de développement de résistance en quelque sorte.

http://www.sciencesetavenir.fr/

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