La punaise diabolique: le fléau de 2015


Ce n’est pas pour aujourd’hui, surtout avec la neige que nous avons reçu au Québec !!!  Mais, contrairement aux humains, et mêmes des animaux, les insectes envahissants n’ont pas besoin de passeport ou d’une permission spéciale pour entrer au pays. Cet insecte cause déjà des problèmes aux États-Unis et pourrait éventuellement causer des problèmes ailleurs comme au Québec et aussi dans d’autres pays tels que la France
Nuage

 

La punaise diabolique: le fléau de 2015

 

Anne Caroline Desplanques

La punaise diabolique, un insecte asiatique arrivé en douce au Québec cet été, pourrait bien infester les champs et les maisons dès l’année prochaine.

«C’est le prochain fléau du Québec», prévient le biologiste Jacques Brodeur, de l’Université de Montréal, en montrant des insectes gros comme des 25 sous en train de dévorer un plan de soya dans une cage.

Véritable cauchemar aux États-Unis depuis 2010, la punaise diabolique (aussi appelée punaise marbrée), a été capturée vivante pour la première fois au Québec cet été, dans un champ près d’Hemmingford.

Elle a aussi été repérée en Montérégie et à Montréal, indique le Pr Brodeur qui s’est mis à en étudier des colonies dans un local sécurisé du Jardin Botannique de Montréal.

Ce ravageur asiatique s’abat en grand nombre sur les cultures (pommes, poires, tomates, soya, maïs, etc.), à la manière de nuées de sauterelles. Les fruits qu’il pique deviennent déformés et tâchés. Certains légumes, auxquels la punaise transmet des bactéries, vont jusqu’à pourrir sur pied. Et comme si ce n’était pas assez, à la fin de l’été, la bête cherche refuge dans les maisons.

«Si on a une invasion de ça, ça va être un vrai casse-tête», craint le pomiculteur François Blouin, de l’île d’Orléans.

Il explique que ses collègues américains peinent à contrôler le ravageur, alors qu’ils peuvent utiliser, à forte dose, des pesticides interdits au Canada.

Cauchemar aux États-Unis

Au sud de la frontière, la punaise diabolique fait perdre des millions de dollars aux agriculteurs. En 2011, le pomiculteur Gary Mount, de Princeton au New Jersey, a perdu pas moins de 55% de sa production de pommes tardives en seulement trois jours, explique-t-il sur son site web.

La même année, le scientifique principal de la National Wildlife Federation, Doug Inkley, a lui-même été victime d’une infestation dans sa maison du Maryland.

«Quand vous en trouvez dans votre nourriture, dans votre évier, dans votre lit, dans vos cheveux et partout, ça devient invivable», a-t-il confié au Washington Post.

Pour s’en débarrasser, le Dr Inkley a dû débourser pas moins de 10 000$.

Plus de 50 scientifiques américains comme lui sont à pied d’œuvre, sous la houlette du ministère de l’Agriculture, pour tenter de contrôler le fléau. Certains ont installé des radars sur le dos de quelques spécimens pour les suivre et éliminer leurs nids.


Aux États-Unis depuis 2010

Le ministère de l’Agriculture du Québec considère qu’il n’y a pas de problème de punaise diabolique dans la province, même si l’infestation est hors de contrôle au sud de la frontière.

«Au Québec, ce n’est pas un problème, insiste Gérald Chouinard, entomologiste au Ministère. Je n’ai aucune sonnette d’alarme à tirer.»

Pour surveiller la remontée de la bestiole vers le nord, Québec a installé une cinquantaine de pièges dans les champs frontaliers, mais ils sont restés vides tout l’été.

«On en a capturé une seule par hasard dans un piège qui sert à attraper d’autres bêtes», explique M.Chouinard.

Pour ce scientifique également à l’emploi de l’Institut de recherche et de développement agroenvironnemental, l’absence de punaises dans les pièges qui leur étaient destinés, veut dire qu’

«il n’y a pas de population de punaises marbrées au Québec».

Il avoue toutefois que l’insecte pourrait profiter du réchauffement climatique pour s’installer chez nous, comme l’a fait la tique responsable de la maladie de Lyme.

Envahisseur extrêmement mobile

En France, où le premier spécimen de halyomorpha halys a été identifié en 2013, l’Agence Nationale de sécurité sanitaire (ANSE) prévient que «quelques individus seulement sont capables de fonder des populations invasives».

Dans une analyse de risque publiée en février, l’ANSE souligne que «H. halys est un ravageur extrêmement mobile». Elle juge que le risque de dissémination à toute l’Europe est «très élevé». L’envahisseur a d’ailleurs déjà été vu en Suisse et en Italie.


Punaise diabolique

Autre nom: punaise marbrée, punaise puante

Nom scientifique: Halyomorpha halys

Origine: Asie

Morphologie: 12 à 17 mm (deux fois plus grande que les punaises indigènes nord-américaines) ; corps brun jaunâtre en forme de bouclier ; bandes pâles sur les pattes et les antennes

Espérance de vie: de 6 à 8 mois

Capacité de déplacement: 12 km en 24h

Signe particulier: puante

À noter: contrairement aux punaises de lit, les punaises diaboliques ne piquent pas les humains.

http://www.journaldequebec.com

8 réponses à “La punaise diabolique: le fléau de 2015

  1. … pas encore vue, je me bats tous les ans (élimination manuelle et destruction des ooplaques) contre Nezara viridula, la punaise verte qui s’attaque au départ au soja, mais chez nous aux concombres, tomates, haricots… et qui aime bien aussi passer l’hiver au chaud à la maison !

  2. mon condo dans le quartier Le Plateau de Gatineau a été infesté avec beaucoup d’autres, comment les punaisent se propagent-elles?

    • Elles sont généralement transportées par les tissus, meubles et valises d’un endroit a l’autre

      Si tu est locataire averti ton propriétaire pour qu’il fasse un traitement .. des fois ca peut prendre plusieurs traitements pour les exterminées La régie du logement oblige dans la plupart des cas au propriétaire de payer les frais d’extermination.

      Il est important de ne pas tenter de régler le problème soi-même sans l’implication d’un exterminateur professionnel.

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