#CrimingWhileWhite: quand des Américains blancs dénoncent une justice à deux vitesses


Aux États-Unis, le questionnement à savoir s’il existe une justice à deux niveaux, un pour les blancs, l’autre pour le reste des Américains semble être justifié. Sur des réseaux sociaux, des blancs dénoncent ces injustices, reste à savoir, si cela va faire bouger les choses
Nuage

 

#CrimingWhileWhite: quand des Américains blancs dénoncent une justice à deux vitesses

 

Les policiers américains agissent-ils différemment quand ils ont... (PHOTO LUCAS JACKSON, REUTERS)

Les policiers américains agissent-ils différemment quand ils ont affaire à une clientèle blanche? Si l’on en croit les témoignages sur #CrimingWhileWhite, on aurait tendance à penser que oui.

PHOTO LUCAS JACKSON, REUTERS

La Presse

Le mot-clic, que l’on peut traduire par «Commettre un crime en étant blanc» (où criming se veut la contraction de committing a crime) répertorie une série de confessions sur Twitter, où des Américains blancs y vont d’intrigantes révélations. Contrairement à leurs concitoyens afro-américains ou hispaniques, ils ne dénoncent pas l’harcèlement ou encore la violence qu’ils subissent de la part des policiers, mais bien l’impunité dont ils jouissent au pays de l’oncle Sam.

Dans la foulée des morts d’Eric Garner et de Michael Brown, le hashtag est devenu tendance (trendy) sur le site de microblogues. Mais si certains saluent l’«honnêteté» de ces criminels impunis qui vise à corroborer la dénonciation faite notamment par plusieurs Américains noirs quant à l’existence d’une justice raciste aux États-Unis, d’autre mettent en doute la pertinence de ce dévoilement de prétendus privilèges dont jouissent les Blancs quand ils ont à faire aux représentants des forces de l’ordre.

« A 13 ans, j’ai volé une voiture avec mes potes et on l’a conduite deux semaines avant de se faire choper. Un seul d’entre nous a été poursuivi : il était noir. »

« Arrêté pour conduite en état d’ivresse. Le flic me dépose au distributeur automatique, pour que je tire l’argent de ma caution. »

« Vol à l’étalage à 14 ans. Les flics me laissent partir parce que mes parents sont arrivés et qu’on “a l’air d’une gentille petite famille”. »

« Ai soufflé la fumée de mon joint au visage d’un flic en ouvrant ma porte, et lui a dit qu’il pouvait pas entrer sans un mandat. Il est parti. »

« Ai provoqué un accident grave et suis allé au tribunal sans ma carte d’assuré. Ai juré au juge que j’avais une assurance. Amende annulée. »

« Alors que je rentrais en voiture, après avoir acheté de la drogue, un flic me fait signe de m’arrêter et me dit que “j’étais dans un quartier chaud et que je ne devrais pas m’y aventurer seule”. »

« Shopping avec un pote noir à New York. Des vendeurs l’ont suivi tout le temps. Précision : il gagne cinq fois plus d’argent que moi. »

« La seule fois de ma vie où j’ai été arrêté et fouillé par un flic, c’était quand j’étais avec un ami noir. »

« Bataille de rue, six contre six. Les flics arrivent. On part tous en courant. Les flics poursuivent SEULEMENT mes potes noirs. »

« Comme ouvrir la porte de l’armoire… »

 

Sur Twitter, les réactions sont contrastées. Certains célèbrent l’ouverture d’un débat franc sur les privilèges dont jouissent les Blancs, sur le racisme institutionnalisé dans le pays. Un journaliste du Washington Post veut y voir « une version numérique des manifestations qui agitent le pays », après l’annonce des verdicts de Ferguson et de Staten Island.

D’autres se félicitent que ce hashtag rende enfin visible un phénomène difficile à prouver :

« C’est comme ouvrir la porte de l’armoire et débarquer dans le monde de Narnia. Un monde dont on m’a parlé mais que je n’avais jamais vu avant. »

Mais tout le monde n’est pas convaincu, en particulier au sein de la communauté noire américaine. Ainsi, la journaliste du New York Times Jenna Wortham s’indigne :

« A quoi rime tout ce #CrimingWhileWhite ? A qui profitent vraiment toutes ces façons d’affirmer et de rejouer les privilèges des Blancs ? »

Des vantardises déguisées

 

Pour certains, ces tweets censés dénoncer l’hypocrisie sont des vantardises déguisées.

« En terminale, j’ai appelé le commissariat et demandé qu’ils m’amènent au lycée. »

Ce sentiment semble d’ailleurs monter à mesure que les tweets #CrimingWhileWhite se multiplient. D’autres voient ces tweets comme des manques de respect, de tact, voire comme des provocations.

Un utilisateur résume ainsi le dilemme :

« Est-ce que #CrimingWhileWhite va contribuer à changer les choses pour nous ou est-ce que c’est juste un espace sans danger pour que s’exprime la culpabilité blanche (voire une provocation ?). »

Comme le résume une autre utilisatrice sur Twitter :

« J’espère juste que les gens de #CrimingWhileWhite parlent aussi de ces disparités offline. Super les mecs, vous buzzez sur Twitter, mais on a besoin d’action maintenant. »

http://www.lapresse.ca

http://rue89.nouvelobs.com/

2 réponses à “#CrimingWhileWhite: quand des Américains blancs dénoncent une justice à deux vitesses

    • et il n’a pas eu ces mandats faciles .. il n’a pas beaucoup d’appui et est bloqué dans presque tout ces promesses ..

      mais ce qui se passent aux USA doit aussi se passé ailleurs .. autant chez-vous que chez-moi

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