Brûlures graves et cicatrices : des femmes témoignent de leur détatouage avec Bye Bye Tattoo


Ce que je trouve étrange, c’est que cette clinique a continuer a donner ses traitements enlever des tatouages a ses clients malgré 18 cas de brûlure qui laisse de vilaines cicatrices. Je n’appelle plus cela de cas isolés.
Nuage

 

Brûlures graves et cicatrices : des femmes témoignent de leur détatouage avec Bye Bye Tattoo

 

Un texte de Benoît Giasson, de La facture

Le Collège des Médecins, La Direction de la santé publique et Santé Canada étudient le dossier de Bye Bye Tattoo. Cette entreprise de la couronne Nord de Montréal promettait de faire disparaître les tatouages sans laisser de cicatrices

Pourtant, au moins 18 femmes se retrouvent avec d’importantes cicatrices après leur traitement. Dimanche, nous vous présentions le cas de Krystel Bonenfant. Nous avons obtenu le témoignage de 17 autres femmes, ainsi que les photos de leurs cicatrices. En voici quelques-unes :

Celle-ci a subi une brûlure profonde au 2e degré au haut de la poitrine et souffre de douleurs intenses :

Celle-ci est traitée à l’unité des grands brûlés de l’hôpital Enfant-Jésus à Québec :

Une autre, brûlée à l’avant-bras :

Magalie Courtemanche, de Shefford en Estrie, a une immense cicatrice sur l’avant-bras :

« Je vais avoir une cicatrice à vie. » — Magalie Courtemanche

Des professionnels de la santé critiques

Le Dr Daniel Barolet, dermatologue, se spécialise dans le détatouage au laser. Il dénonce la technique utilisée par Bye Bye Tattoo, qui consiste à appliquer dans la peau une solution contenant de l’acide glycolique, de l’acide benzoïque ou de l’eau saline.

« Je suis sidéré de voir qu’une technique comme celle-là perce actuellement. » — Dr Daniel Barolet

Charles Bernard, PDG du Collège des médecins du Québec lance un avertissement à la population :

« Ça peut être dangereux, mais surtout, ça laisse une séquelle permanente sur la peau ».

Le pharmacologue Jean-Louis Brazier, professeur émérite à l’Université de Montréal, a analysé les informations diffusées par Bye Bye Tattoo sur son site web. Il y a trouvé de nombreuses erreurs et met en doute les compétences de la propriétaire de Bye Bye Tattoo, Carmen Tassé.

« En chimie elle ne connaît rien, en biologie elle n’y connaît rien. Et on est dans de la fausse science. » — Jean-Louis Brazier, pharmacologue

Un taux de succès de 85 %, selon la propriétaire

En entrevue avec La facture, Carmen Tassé défend sa méthode. Elle soutient avoir un taux de succès de 85 %, mais ne nous a mis en contact qu’avec deux clientes satisfaites.

« Ça fonctionne très bien. Ça fait 4 ans qu’on en fait et on a de très bons résultats. » — Carmen Tassé, propriétaire de Bye Bye Tattoo

Elle reconnaît par contre que sa publicité allait trop loin. Elle compte retirer la mention « sans cicatrice ».

Par la voix de ses avocats, Carmen Tassé soutient que plusieurs de ses clientes « n’auraient pas suivi l’ensemble des séances de détatouage nécessaires ». Elle affirme que la réussite des traitements est « liée au respect des soins post-traitement ».

Une étude remise en question

Elle nous soumet des documents sur l’utilisation de technique semblable ailleurs dans le monde, ainsi qu’une étude datant de 2001 sur un des produits utilisés chez Bye Bye Tattoo.

Le Dr Éric Bensimon, président de l’Association des spécialistes en chirurgie plastique et esthétique, conteste cette étude écrite par le PDG de l’entreprise qui vend le produit.

« Pour nous, scientifiquement parlant, ce genre d’articles n’ont pas beaucoup de valeur scientifique ou de rigueur scientifique à cause du biais et du conflit d’intérêts de son auteur par rapport au produit. » — Dr Éric Bensimon

Le Dr Bensimon se dit troublé du nombre de cas de femmes cicatrisées. Il met en doute le jugement de ceux qui ont continué de faire des détatouages après les signalements de leurs clientes.

« Ce qui est le plus dangereux, ce n’est pas nécessairement un produit ou un instrument, c’est comment il est utilisé. Si quelqu’un cause des dommages comme ça et se ferme les yeux et ne veut pas les voir et continue à le faire, je pense que c’est ça qui est encore plus dangereux, le jugement, plutôt que le produit lui-même », dit-il.

Une entreprise en croissance

Bye Bye Tattoo prend de l’expansion. Neuf franchises ont été ouvertes dans de nombreuses régions du Québec depuis janvier.

Les avocats de Carmen Tassé écrivent par contre que ces franchisés « n’utilisent aucunement la technique de détatouage concernée par les clientes » dont nous parlons dans ce reportage.

Ils ajoutent que Carmen Tassé « n’a aucun doute quant à l’efficacité des produits et de la technique de détatouage utilisés ». Les situations décrites dans notre reportage seraient « des cas isolés ». Ces cas seront évalués et « le cas échéant, ceux-ci seront indemnisés en fonction de leur préjudice, s’il y a lieu ».

http://ici.radio-canada.ca

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