Apologie de la violence et liberté d’expression sur Facebook : où tracer la ligne?


 

L’horreur qu’on vécut la ville de Moncton au Nouveau-Brunswick, Justin Bourque qui disait aller à la chasse à l’homme a tué 3 policiers avait une page sur Facebook. Malgré les signalements faits par les internautes a Facebook, les responsables de ce réseau social a retarder de supprimer cette page, qui enfin n’est plus accessible aujourd’hui, samedi le 7 juin 2014. Ce n’est pas la première fois que des internautes signalent des pages inappropriées que ce soit à caractère pédophilie, violences et menaces et que Facebook ferme les yeux.
Nuage

 

Apologie de la violence et liberté d’expression sur Facebook : où tracer la ligne?

 

Photo :  Joerg Koch/AP

Un texte de Johanne Lapierre

Dans la foulée du drame survenu à Moncton, de nombreuses pages de communautés sont apparues sur Facebook pour faire l’apologie de Justin Bourque, le suspect dans cette fusillade. De ce nombre, Facebook en a supprimé plusieurs, mais certaines demeurent en ligne, ne contrevenant pas proprement dit à ses règles d’utilisation.

Le cas d’une page dépeignant l’auteur présumé du meurtre de trois policiers comme un « héros pour la liberté » n’a donc pas été supprimée par Facebook, malgré le signalement d’internautes. Cette page n’a pas une grande popularité, elle ne contient qu’une vingtaine de mentions « j’aime », mais elle est toujours en ligne. Le réseau social affirme que la page ne contrevient pas à ses politiques d’utilisation.

Selon les standards de la communauté, en matière de violence ou de menaces, Facebook retire par exemple des contenus lorsqu’une « menace directe pour la sécurité du public » est observée. Le site interdit également des menaces contre autrui ou l’organisation d’actes de violence. En vertu de ces principes, des pages de « fans » de Justin Bourque ont été retirées.

Mais pour Facebook, le seul fait de qualifier le suspect de meurtres de policiers comme un héros ne suffit pas pour supprimer une page. Si la page ne contient pas de menaces directes à la sécurité d’autrui selon Facebook, on y voit tout de même une photo avec la mention « Good luck, Justin Bourque », et on le qualifie, dans la définition de la page, de « héros ayant agi au nom de la liberté ».

Mais Facebook affirme que tant qu’ils ne violent pas les conditions d’utilisation, ses membres ont le droit d’exprimer des opinions, même si ces dernières peuvent être jugées de mauvais goût par certaines personnes. Mais où tracer la ligne entre la liberté d’expression et l’apologie de la violence?

Pour le spécialiste des affaires policières Stéphane Berthomet, il y a certainement une question morale à se poser.

« Il me semble que lorsqu’on soutient l’action de quelqu’un qui vient de tuer trois policiers et qu’on dit : « C’est un justicier, c’est un héros de la liberté », on fait l’apologie d’un crime », estime-t-il.

Mais qu’en est-il légalement? Me Marcel Lacoursière, avocat canadien spécialisé en droit des médias, les gens sont responsables des propos qu’ils tiennent sur Facebook. Le site a l’obligation d’agir s’il y a, par exemple, incitation à la haine.

« Mais il ne s’agit pas de la rédaction d’un journal qui fait des choix éditoriaux, ce sont les membres qui sont responsables de leurs opinions », précise-t-il.

Or, la liberté d’expression ne permet pas de dire n’importe quoi. Par exemple, l’incitation à la haine est interdite par le code criminel : des internautes pourraient donc être accusés pour avoir tenus de tels propos sur le web.

Deux poids, deux mesures?

Par ailleurs, Stéphane Berthomet, qui a longuement parcouru le compte Facebook personnel de Justin Bourque, s’interroge plus largement sur le choix de ce qui est permis, ou pas, sur le réseau social. Il se questionne par exemple sur l’interdiction de publier certaines images contenant de la nudité, par exemple dans le cas de mères qui allaitent, sur les réseaux sociaux (Facebook interdit la publication de photos où l’on voit les mamelons des femmes) par rapport à des propos ou des images telles que celles publiées sur la page personnelle de Justin Bourque.

« Ce n’est pas dans nos règles, donc, on supprime ces comptes-là, mais en même temps, on laisse des comptes sur lesquels on voit des gars tirer au gros fusil, menacer des policiers, dire ouvertement qu’ils détestent le gouvernement, qu’ils ne veulent pas respecter les lois et qu’ils ne se laisseront pas prendre leurs armes. En gros, il y a vraiment deux poids, deux mesures », estime-t-il.

Rappelons que sur sa page personnelle, celui qui fait maintenant face à trois accusations de meurtre prémédité faisait notamment l’apologie du port d’armes et critiquait fortement la police. Vendredi en après-midi, cette page était toujours en ligne.

http://ici.radio-canada.ca

3 réponses à “Apologie de la violence et liberté d’expression sur Facebook : où tracer la ligne?

  1. Est il nécessaire que je commente ? Tu sais que je suis contre toute forme , appel à la violence …Je pense que ces sites où sont prônés le racisme , la violence etc….sont bien plus dangereux que ceux où on voit des images de femmes /hommes nus ou des vidéo  » érotico- pornographiques « 

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