Être gaucher, ça change quoi ?


Être gaucher dans un monde de droitier n’est pas toujours évident. Mais l’impact d’un gaucher va plus loin que l’adaptation à la vie de tous les jours
Nuage

 

Être gaucher, ça change quoi ?

 

Être gaucher implique une vie quotidienne un peu différente de celle des droitiers, mais aussi un cerveau qui ne fonctionne pas exactement de la même manière.

Existe-t-il un impact sur certains problèmes de santé ou encore sur la personnalité ?

Une minorité de gauchers

Aujourd’hui, les mentalités ont évolué et utiliser sa main gauche n’est plus une tare.
Mieux acceptés et moins « contrariés », les gauchers devraient donc normalement être de plus en plus nombreux.

Ils restent pourtant une minorité : 15 % de la population est gauchère.
Pourquoi cette répartition ?

« Bien que des facteurs génétiques aient pu être mis en évidence, on ne sait toujours pas pourquoi la proportion de droitiers reste plus importante », explique le Pr Patrik Vuilleumier, neurologue au CHU de Genève.

Êtes-vous droitier ou gaucher ?

 

Mais être gaucher c’est quoi ?

On considère généralement que le gaucher est celui qui utilise de préférence sa main gauche pour effectuer des actes de la vie quotidienne.

Vous avez un doute ? La main dominante est en général celle qui est intuitivement utilisée pour distribuer les cartes. Attention, les choses peuvent pourtant être un peu plus compliquées… Il est par exemple possible d’utiliser préférentiellement sa main gauche mais d’être droitier au niveau du pied et/ou de l’œil… et inversement.

Un cerveau moins spécialisé

La différence entre gaucher et droitier se situerait également au niveau cérébral.

On a longtemps considéré l’hémisphère gauche comme la partie dominante du cerveau. Chez les droitiers, c’est en effet dans cet hémisphère que se trouvent les zones du langage ou de l’écriture, compétences « nobles » en comparaison aux aspects émotionnels qui sont géré par le côté droit du cerveau.

Or, chez le gaucher cette répartition n’est pas toujours aussi marquée. Chez la majorité d’entre eux, le partage des compétences entre les deux hémisphères du cerveau n’est pas aussi clair. « La zone du langage peut par exemple se trouver à gauche, à droite ou encore des deux côtés. Les hémisphères sont donc moins spécialisés. » explique le Pr Vuilleumier.

Être gaucher a un impact sur la santé

Cette construction cérébrale atypique a-t-elle un impact sur la santé ?

On trouve un peu plus de gauchers dans certaines pathologies liées au cerveau, chez les épileptiques ou les autistes par exemple. 41 % des schizophrènes seraient par exemple gauchers (1) alors qu’ils ne représentent que 15 % de la population générale.

Un cerveau moins latéralisé pourrait toutefois offrir un avantage face aux lésions consécutives à un accident vasculaire cérébral (AVC) par exemple. Puisque les différentes fonctions sont mieux réparties dans le cerveau, les gauchers peuvent en effet mieux récupérer – ou compenser – face à des lésions localisées.

Les gauchers vivraient toutefois en moyenne moins vieux que la population générale, deux ans de moins selon une étude (2). En cause : le risque d’accidents. Les gauchers ne sont pas plus maladroits mais doivent par contre évoluer dans un monde taillé sur mesure pour les droitiers et utiliser leur main la moins habile ou adopter des postures inadéquates pour utiliser certaines machines par exemple.

Des personnalités atypiques ?

Qu’il s’agisse de poinçonner le ticket de métro ou de boutonner une chemise, le monde est généralement conçu pour les droitiers. Les gauchers doivent donc s’adapter et réfléchir un peu autrement. De là à penser que cela peut leur offrir une autre façon de voir le monde, il n’y a qu’un pas.

« On estime d’ailleurs qu’il y a plus de gauchers dans les milieux créatifs, chez les architectes ou les artistes par exemple », précise le Pr Vuilleumier. Mais cette tendance pourrait également s’expliquer par une particularité cérébrale. « Comme le cerveau est généralement moins bien latéralisé, les deux hémisphères communiquent plus. Le corps calleux, la structure qui relie les deux parties du cerveau, est donc plus développé. »

Une particularité qui permettrait aux gauchers de mettre en rapport plus facilement certaines compétences ou encore les parts rationnelles et émotionnelles du cerveau, et donc d’être plus créatifs.

par Thomas Coucq, journaliste santé

Sources : Merci au Pr Patrick Vuilleumier, neurologue au CHU de Genève et Pr de neurosciences fondamentales à l’Université de Genève.
(1) Jadon R. Webb et al., SAGE Publications. Published online October 30, 2013.
(2) John P. Aggleton et al., Journal of Epidemiology and Community Health. 1993; 47: 206-209.

http://www.e-sante.fr

3 réponses à “Être gaucher, ça change quoi ?

  1. Mon oncle est un faux droitier. A son époque, sa maîtresse d’école considérait vraiment mal les gauchers. Il se prenait des coups sur les doigts et la tête dès qu’il essayait d’utiliser sa main gauche. Du coup maintenant, la quarantaine passée, il écrit très très mal autant dans la façon que l’orthographe. Si on l’avait laissé être normal, il n’aurait jamais eu de soucis. Ca a évolué maintenant heureusement, j’avais vu qu’il y a même des boutiques pour gauchers.

  2. Autrefois il arrivait qu’on oblige les gauchers à se servir de la main droite ; pour cela on allait même jusqu’à leurs lier le bras gauche dans le dos ! ..
    Il y a aussi des personne  » ambidextres » , elles se servent aussi facilement de la main gauche que de la main droite …

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