À New York, des milliers de "recycleurs" font les poubelles


Chez-nous, il y a un gars en bicyclette trainant un gros chariot en bois pour aller ramasser les bouteilles et canettes consignés, il passe toujours quand c’est le jour du ramassage de recyclage, mais depuis 2 ans environs, d’autres personnes sillonnent les bacs pour ramasser les bouteilles consignées, en auto ou à pieds. La vie change même ici. Certains en profitent aussi pour ramasser des métaux trouvés pour les vendre aux ferrailleurs ou toute chose qu’ils pourraient revendre.
Nuage

 

À New York, des milliers de « recycleurs » font les poubelles

 

À New York, des milliers de

Les «canners» recycleraient près de 70% des bouteilles individuelles et canettes de New York, selon une récente étude. Photo Don Emmert / AFP

Brigitte DUSSEAU

 

NEW YORK – Courbés sous d’immenses sacs de plastique transparent, poussant de vieux paniers d’épicerie, ils sillonnent New York nuit et jour, ramassant dans les poubelles canettes et bouteilles individuelles.

Jeunes, vieux, femmes et hommes, chômeurs, itinérants, immigrés parlant à peine l’anglais, tous tendent vers le même objectif : gagner quelques dollars en recyclant leur butin.

Armée invisible de laissés-pour-compte dans la ville des multimillionnaires, ils seraient désormais près de 7 000, selon Ana Martinez de Luco, cofondatrice de Sure we Can un centre de Brooklyn où ces «canners» viennent trier et revendre leur butin.

Pour chaque canette, chaque bouteille individuelle de plastique ou de verre, ils sont payés 5 cents. S’ils trient et regroupent par marque, ils peuvent espérer 6 voire 6,5 cents, en vertu d’une loi de l’État de New York, la «Bottle bill», passée en 1982 et amendée en 2009.

De Times Square à Wall Street, de Central Park aux quartiers HLM du Queens, ils sont de plus en plus nombreux.

Levés avant l’aube pour passer avant les camions poubelle, couchés souvent tard. De vieilles Chinoises transportent leurs énormes sacs accrochés de chaque côté de long bâtons. Sylvernus, un itinérant de 45 ans originaire du Nigeria les empile sur un panier d’épicerie devenu toute sa vie. Une jeune mère latino les accumule sur la poussette de son bébé.

Ils les échangent contre du cash dans les machines à l’entrée des supermarchés – qui limitent la restitution à 250 unités (12 dollars) par jour – ou dans une vingtaine de centres de récupération.

Il y a quelques années, il s’agissait surtout d’itinérants ou de marginaux. Mais ces dernières années, la population a changé. La crise de 2008 a laissé des traces.

À Sure we Can, quelque 60% sont des personnes âgées. La plupart sont immigrées. Certains «ont été professeurs, militaires, ils ont été dans les affaires, certains ont des diplômes universitaires», explique Ana Martinez de Luco.

Mais leur vie, un jour, a déraillé.

Carlos, 27 ans, ancien cuisinier dans un restaurant jamaïcain, raconte, mal à l’aise, s’être mis au «canning» après la fermeture du restaurant. Mais insiste: il n’est pas itinérant.

Certains envoient ainsi un peu d’argent à des familles restées au pays. D’autres complètent une retraite trop maigre. De vieilles immigrées venues à la faveur d’un rapprochement familial essaient d’en survivre.

Une affaire de survie

Anita Tirado, petite femme frêle de 74 ans, originaire de Porto Rico, explique qu’elle n’a pas droit au Medicaid, l’assurance maladie des plus pauvres. Tous les matins, parfois dès 4h, elle écume les sacs poubelle posés à même le trottoir de sa rue, avant d’aller s’occuper de sa petite-fille de 3 ans.

Avec son petit pas fragile, elle se fait «de 20 à 30 dollars par semaine, jusqu’à 40», dit-elle.

La tâche peut être harassante, dangereuse.

Il y a quelques années, elle a été battue durant sa tournée.

Ses enfants voulaient qu’elle arrête, mais elle a repris.

«C’était très tôt le matin, explique-t-elle comme une excuse. Maintenant, je ne m’éloigne plus», ajoute-t-elle.

Beaucoup n’ont pas le choix. Pour Sylvernus, agent de sécurité licencié après le 11-Septembre, c’est depuis cinq ans une affaire de «survie». Il rêve d’un «vrai travail».

«Celui là, c’est l’enfer, dit-il. Mais je dois continuer à pousser ce lourd panier simplement pour survivre», ajoute-t-il, tout en se disant fier d’être un «recycleur».

Les «canners» recycleraient près de 70% des bouteilles individuelles et canettes de New York, selon une récente étude.

Difficile pourtant d’espérer en vivre, même à plein temps. Un couple d’une quarantaine d’années travaillant 7 jours sur 7 affirme se faire entre 300 à 350 dollars par semaine.

Et quand on compte en bouteille recyclée, à l’ombre des gratte-ciels, les prix sont astronomiques: 70 canettes pour un petit Capuccino. 100 pour un sandwich. 800 pour une modeste paire de chaussures, et près de 120 000 pour un appartement de deux chambres à Manhattan (6 000 dollars mensuels).

«Cela pourrait être un vrai travail, si les loyers et la nourriture n’étaient pas si chers à New York», dit Ana Martinez de Luco.

Mais le «canning» dit-elle, a aussi ses vertus.

Carlos, José, Paula, Anita, Victoria, Maria, et une vieille Chinoise qui ne parle pas un mot d’anglais, se retrouvent régulièrement à Sure we Can. Certains le vivent comme une thérapie, ils ne restent pas seuls chez eux, explique Ana.

Mais leur nombre croissant n’est pas sans problème.

Certains parfois se battent pour un territoire. D’autres se plaignent ne plus trouver assez de canettes et bouteilles.

Ana Martinez de Luco rêve désormais de pouvoir les entraîner à recycler les déchets des restaurants.

«Ils pourraient être transformés en compost et servir dans les jardins», dit-elle.

http://fr.canoe.ca/

4 réponses à “À New York, des milliers de "recycleurs" font les poubelles

  1. Je ne pense pas que ce système existe ici : Le tri des déchets est  » recommandé  » ( des containers sont prévus pour chaque sorte de déchets ) , mais je n’ai jamais entendu parler de revente de ces objets…..C’est une bonne chose en fait ce  » canning  » je trouve ..
    Amitié
    F.

    • Ici on insiste pour que les gens rapportent les canettes et bouteilles consignées en échange de quelques sous. Comme les boissons gazeuses biere,

      Les mettre au recyclage ne rends pas services à la ville

  2. Non ici cela n’existe pas la revente des consignes de canettes, mais par contre la ville les récupères par des bacs pour les recyclables qui surement les vendent, ce n’empeche pas de nous demander une taxe pour l’enlèvement des ordures il récupère de l’argent à tout les niveau avec ça.

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