Le Saviez-Vous ► L’étonnante histoire de la théorie de « l’utérus mobile »


Wow !! Je suis bien contente que la médecine féminine a évolué à notre époque. Non, mais les femmes avaient le dos large quand tout était une question d’anatomie féminine pour leurs maux physique et psychologique
Nuage

 

L’étonnante histoire de la théorie de « l’utérus mobile »

 

"Une leçon clinique à la Salpêtrière" de André Brouillet.

Une leçon clinique à la Salpêtrière, d’André Brouillet.

Dans sa chronique hebdomadaire « Fantastically Wrong » (« fantastiquement faux »),le site Wired se livre à une analyse historique des théories les plus farfelues qui ont fait autorité dans la science d’hier.

« Parce que quand il s’agit de comprendre le monde, les erreurs sont un moyen de voir nos progrès », explique le site.

Cette semaine, Wired s’intéresse à l’étonnante théorie des « utérus mobiles ».

« Désolée d’être de si mauvaise humeur, mon utérus n’arrête pas de bouger dans mon torse depuis hier. »

Voilà ce qu’une femme née dans la Grèce ancienne pouvait expliquer pour justifier ses sautes d’humeur.

« Car en ce temps, il n’y avait pas de pire affliction qu’un utérus qui spontanément migrait vers la région abdominale », explique Wired.

Les médecins grecs, parmi lesquels l’illustre Platon ou l’assermenté Hippocrate, se figuraient en effet que l’utérus était la clé de la différence entre les hommes et les femmes, autant physiquement que mentalement.

Le médecin Arétée de Cappadoce écrivait ainsi que l’utérus était « un animal dans l’animal », un organe qui « bouge de lui-même ici et là dans le corps ». Il pouvait ainsi aller s’associer au foie, provoquant la mélancolie, ou encore grimper dans le corps pour causer indolence, fatigue physique et vertiges. En revanche, quand l’utérus redescendait dans le corps féminin, il provoquait dès lors « une grande impression d’étouffement, une perte de la parole et de la sensibilité » qui pouvait résulter parfois en une « mort soudaine et imparable ».

Pour guérir ces maux, les médecins de l’époque affirmaient que l’utérus était attiré par les bonnes odeurs. Dès lors, il suffisait d’appliquer des fragrances au vagin de la patiente, ou lui faire respirer des odeurs nauséabondes pour que l’utérus reprenne sa position traditionnelle dans le corps.

Cette théorie permettait également d’asseoir la domination masculine dans la société grecque.

Selon la spécialiste de la médecine antique Helen King, auteure d’un essai intitulé Il était un texte : l’hystérie chez Hippocrate, les médecins conseillaient en effet aux femmes d’être le plus souvent enceinte possible, afin de garder l’utérus occupé et l’empêcher de se balader dans le corps.

Plus tard, les sociétés prirent leurs distances avec cette théorie.

Les Romains découvrirent ainsi grâce au médecin Galien que l’illusion d’un utérus mobile était en fait due « aux tensions dans les membranes qui composent le corps humain ».

Selon lui, le problème principal venait de la « suffocation » de l’utérus par l’accumulation des sangs, qui produisait des vapeurs internes et influaient sur les autres organes, précise Wired.

Chez les Byzantins, le médecin Paul d’Egine avait trouvé un remède aux maux féminins : l’éternuement et les cris. Une technique de soin qui fut importée par le monde musulman, et se perpétua jusqu’au Moyen Age.

Ce n’est que vers 1500 qu’émergea la « conception traditionnelle de l’hystérie féminine », note Helen King dans son ouvrage, c’est-à-dire « la conception qui met en cause l’utérus pour justifier l’irrationalité des femmes ».

« En quelques siècles, l’utérus était devenu de moins en moins une manière de justifier de maladies physiques, mais de plus en plus un manière de justifier des dysfonctionnements psychologiques », note la spécialiste.

Il faudra attendre le XVIIIe siècle pour que les scientifiques affirment que l’hystérie était davantage due à des problèmes cérébraux qu’en lien avec l’utérus. Les traitements de l’utérus – incluant l’hypnose, des outils vibrants ou encore des jets d’eau virulents sur l’abdomen des femmes – se poursuivirent tout de même jusqu’au XIXe siècle. La littérature victorienne est ainsi peuplée de femmes« touchées par des vapeurs », contraintes de respirer des sels pour se remettre de leurs émotions, dans la droite lignée des préceptes d’Hippocrate.

L’émergence de la psychiatrie moderne a permis de comprendre qu’hommes et femmes sont indifféremment touchés par l’hystérie. Reste que le terme même d’hystérie conserve en son sein l’histoire de cette théorie farfelue, car il vient étymologiquement du latin hystera (« matrice »), et du grec ancien ὑστέρα,hustéra (littéralement « qui est en bas »).

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2 réponses à “Le Saviez-Vous ► L’étonnante histoire de la théorie de « l’utérus mobile »

  1. Cette définition de l’ hystérique explique un peu « l’utérus qui se déplace  » lol ( méconnaissance de son identité sexuelle ) ?

    Une identité sexuelle problématique

    Nous rêvons souvent d’être un autre, de changer d’identité… Pour l’hystérique, la méconnaissance inconsciente de son identité sexuelle – « Suis-je homme ou femme ? » – facilite l’accomplissement de ce rêve ! Refusant d’être limitée par le réel, elle revendique le droit d’être qui elle a envie d’être, et enchaîne les rôles à la façon d’une actrice bollywoodienne. Lorsque nous la rencontrons, nous ne savons jamais vraiment quel aspect de sa personnalité s’exprimera. Garçon manqué au réveil, elle devient femme fatale à l’heure de l’apéritif et s’effondre à 22 heures, fantasmant n’être qu’une loque rejetée de tous. Elle est psychiquement homme et femme, yin et yang, active et passive. D’où ses stratégies amoureuses déconcertantes : séduire activement, s’offrir passivement et s’enfuir dès que l’autre s’approche. Elle érotise les rapports humains les plus anodins. Mais, au fond d’elle-même, n’aspire qu’à l’amour pur ! Elle ne cesse d’intriguer, de jouer les mystérieuses, mais exige d’être reconnue au-delà des masques dont elle s’affuble.
    De nombreux auteurs glosent sur sa frigidité, qui lui assure la maîtrise de son corps et de ses émotions. À l’inverse, le psychanalyste J.-D. Nasio, dans le désormais classique L’Hystérie ou L’Enfant magnifique de la psychanalyse, révèle plutôt qu’elle réussit l’exploit d’éprouver de la jouissance, sans jamais se livrer, même à l’acmé du plaisir. « Elle peut avoir des relations sexuelles orgasmiques sans pour autant y engager le moins du monde son être », écrit-il. Ainsi, l’honneur est sauf.

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