Le secret du ronronnement


A-t-on compris que veux dire le ronronnement des chats ? Le mystère est-il dévoilé ? Quelle sorte de communication peut-elle y avoir avec le ronronnement ? Je pense que ceux qui aiment les chats vont reconnaitre certaines expériences qu’ils ont avec leur boule poils !
Nuage

 

Le secret du ronronnement

 

Le secret du ronronnement

© shutterstock

Dr Michel Pepin

 

Quel plaisir que d’entendre ronronner un chat! Pourtant, derrière ce petit vrombrissement se cachent un mécanique des plus complexes, un mode de communication très sophistiqué et peut-être même des vertus insoupçonnées!

Nous savons aujourd’hui que le ronronnement est propre aux félins, en particulier ceux du genre panthera comme les panthères, les tigres, les jaguars ainsi que notre petit compagnon de maison, le felis sylvestris catus. Selon certains, seul le chat aurait la capacité de ronronner à l’âge adulte. Mais connaissez-vous beaucoup de lions adultes qui se mettent en boule sur des genoux d’humain?

En fait, cette caractéristique serait la conséquence de la néoténie que nous avons appliquée au chat et qui consiste à lui conserver des caractères juvéniles. On aime l’entendre ronronner, et le chat comprend rapidement qu’il peut s’en servir pour communiquer ou même pour quémander ce qu’il désire comme de l’affection, de l’attention ou de la nourriture. Le chat utiliserait donc le ronronnement non seulement comme une réaction à une intense satisfaction, mais aussi afin d’obtenir un contentement.

Le premier ronron du chaton survient vers l’âge de trois semaines, lors de la tétée et du toilettage de la mère. À ce moment-là, il traduit le contentement et le bien-être ainsi qu’un premier mode de communication avec la mère, comme les cris et les miaulements. Les chats adultes l’utilisent ensuite entre eux pour indiquer leur statut social ou leur degré de soumission, et avec les humains pour exprimer leurs besoins d’affection ou de soins en reflétant des états émotionnels comme le stress, la confiance, l’abandon ou la satisfaction.

LES HAUTES FRÉQUENCES

Un article publié en 2009 dans la revue scientifique britannique Current Biology, sous la plume de la chercheuse et biologiste Karen McComb, révèle que le ronronnement est beaucoup plus complexe qu’on le croyait. Ses recherches réalisées à partir de  l’écoute de bandes sonores de chats ronronnant lui ont permis de découvrir des pics de fréquence occasionnels de 1090 hertz. Cette haute fréquence constituerait une sorte de message subliminal émis par le chat pour signifier une situation d’urgence, qui permettrait à la mère ou au maître de percevoir ses besoins.

Pour vérifier son hypothèse, Mme McComb a fait écouter des ronronnements à des propriétaires de chats, et dans 80 % des cas, ils ont été en mesure de reconnaître celui de leur animal! Toutefois, après avoir supprimé ces hautes fréquences, il devenait beaucoup plus difficile pour eux de différencier les ronrons de leur compagnon et de reconnaître le signal subliminaire.Ainsi, ce ronronnement de sollicitation permettrait aux chats d’obtenir ce qu’ils veulent de manière bien plus subtile, sans avoir à utiliser un miaulement agaçant.

LES BASSES FRÉQUENCES

Le vrai pouvoir du ronronnement se situerait aussi dans les basses fréquences (de 25 à 50 hertz) émises.Certains avancent que les vibrations provoquées par le ronronnement auraient la capacité de créer une sorte de champ protecteur, permettant ainsi aux petits félins de se créer une zone de confort. Pourquoi? Pour tenter de réduire l’anxiété, le stress, la peur et la douleur.Ce qui explique que, parfois,un chat blessé et souffrant se mette subitement à ronronner même si, de prime abord, il est loin du sentiment de satisfaction.

Ces mêmes fréquences sont d’ailleurs utilisées par les kinésiologues, les orthopédistes et les spécialistes de la médecine sportive afin de favoriser la réparation des fractures osseuses ou des muscles lésés et d’accélérer la cicatrisation. Certaines personnes y croient tellement qu’on trouve même sur le marché des CD soi-disant «ronron-thérapeutiques », qui réduiraient le stress, l’anxiété, l’agressivité et l’insomnie chez… les humains!

Rien de nouveau si l’on considère que déjà, en 1982,Aaron Katcher, un psychiatre américain, avait prouvé que caresser un chat diminue l’anxiété, la tension artérielle, et par conséquent le risque d’infarctus. D’ailleurs, le vétérinaire français Jean-Yves Gauchet a commercialisé un CD de «ronron-thérapie». Selon lui, à la suite de son écoute, les humains ont ressenti du bien-être, de la sérénité et une plus grande facilité à s’endormir.

Il y a deux ans, il a même conçu une application pour iPhone qui inclut un ronronnement et une lumière bleue afin d’accroître la production de mélatonine et de réduire les effets du décalage horaire du voyageur. Alors, la prochaine fois que votre chat sautera sur vos genoux et qu’il commencera à ronronner, je vous mets au défi de deviner ses véritables intentions. Est-il seulement heureux? Veut-il vous faire comprendre qu’il est temps de le nourrir ou croit-il que vous souffrez et qu’il peut vous apporter un peu d’aide? Décidément, plus on en connaît sur les chats, plus le mystère semble s’épaissir!

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