Mononucléose: la maladie du baiser démystifiée


Malgré que la mononucléose n’est en générale pas très dangereuse, elle est toute même handicapante était donné la grande fatigue, un grand épuisement général chez une personne
Nuage

 

Mononucléose: la maladie du baiser démystifiée

 

OLIVIA LÉVY
La Presse

L’automne est la saison où on voit le plus de mononucléoses, notamment chez les adultes. Peut-être pour une raison purement épidémiologique, car en cette saison, les virus sont plus nombreux. À l’école ou à la garderie, l’automne, prenez garde aux microbes !

La mononucléose est une maladie infectieuse de la même famille que le virus de l’herpès. Elle se transmet par un contact direct avec la salive d’une personne infectée, d’où le nom de la « maladie du baiser ». Il ne s’agit pas d’une maladie très contagieuse comme la varicelle ou la grippe. Un adulte doit être exposé au virus d’une manière persistante, souvent, lorsqu’il est en contact avec de jeunes enfants.

« Votre enfant de 3 ans est malade, il fait de la fièvre, il a mal à la gorge. Il fera une mononucléose, mais ne sera pas diagnostiqué, explique le Dr Pierre Lebel, infectiologue au Centre universitaire de santé McGill. À cet âge, les symptômes sont plus faibles et vous n’irez pas forcément consulter un médecin. Pour détecter la mononucléose, il faut faire un test en laboratoire. » 

Le problème, poursuit le médecin, c’est que vous allez embrasser votre enfant, boire dans son verre et attraper la maladie par accident. Et la période d’incubation est longue, de 1 à 2 mois (contrairement à 10 à 14 jours pour la varicelle). De plus, les jeunes enfants excrètent beaucoup plus le virus, il sera donc plus facile de l’attraper, précise-t-il.

Plus d’adultes atteints

Il y a plus d’adultes qui ont la mononucléose aujourd’hui qu’autrefois.

« Depuis une vingtaine d’années, compte tenu des familles plus petites, les enfants ne l’ont pas forcément attrapé en étant en bas âge, d’où le fait qu’il y a un nombre plus élevé d’adultes qui feront une mononucléose », constate le Dr Pierre Lebel.

« Je pense que c’est mon garçon de deux ans et demi qui nous l’a transmise à mon conjoint et à moi. Jamais je n’aurais imaginé avoir une mononucléose à mon âge, surtout que c’est une maladie associée à l’adolescence, je n’ai embrassé personne, je le jure », souligne Catherine, 36 ans, qui n’a même plus la force de faire son épicerie.

Les fins de semaine, elle confie son fils à ses beaux-parents ou à des amis. Un petit de deux ans et demi demande trop d’efforts pour le couple, qui manque terriblement d’énergie et dort une grande partie de la journée.

Mal de gorge et épuisement

Pourquoi les adultes reçoivent-ils le diagnostic ?

« Parce que les symptômes sont beaucoup plus sévères. Un gros mal de gorge qui s’éternise, des ganglions enflés au cou, mais aussi au niveau des aisselles, des douleurs musculaires, des frissons et une grande fatigue qui peut durer d’un à trois mois. La rate sera palpable alors qu’elle ne l’est pas d’habitude. C’est une infection persistante. Et il n’y a pas de traitement sinon le repos. On peut être en arrêt de travail pendant un mois, voire deux s’il y a un grand épuisement. Il faut également éviter les sports de contact pour ne pas avoir une rupture de la rate », met en garde le Dr Pierre Lebel.

« On est porteur de la mononucléose comme le virus de l’herpès, c’est-à-dire qu’on va rester un porteur chronique, mais de manière infiniment faible. » 

Il peut y avoir des récidives, mais dans le cas de la mononucléose, les risques de réactiver le virus sont faibles.

« Vous allez garder dans votre sang un lymphocyte par million. Pour les personnes qui ont un système immunitaire déficient, il peut y avoir des complications, mais ce sont des exceptions. »

Il reste que la mononucléose n’est pas une priorité :

« Son taux de transmissibilité est faible, contrairement à la grippe. En matière de santé publique, on est plus inquiet par l’influenza, car elle peut tuer », explique le Dr Pierre Lebel.

En chiffres

De 2 à 18 ans : l’âge classique de la mononucléose.

Entre 60 % et 70 % de la population a déjà eu la mononucléose enfant.

Ce chiffre était de 90 % il y a 30 ans.

Est-ce contagieux?

Voici quelques mises en garde du Dr Pierre Lebel, infectiologue au Centre universitaire de santé de McGill.

1- En serrant la main d’une personne infectée, vous n’attraperez pas la mononucléose, contrairement à la grippe.

2- Un adolescent infecté pourrait donner la mononucléose à sa copine ou son copain, mais étant donné qu’il doit y avoir un contact de salive à salive, il est peu probable qu’il la transmette à ses parents.

3- Bien se laver les mains avec du savon régulièrement, afin de les décontaminer.

4- Ne pas donner de baisers sur la bouche à une personne infectée.

5- Éviter de boire dans le même verre qu’une personne malade ou d’échanger les ustensiles.

http://www.lapresse.ca

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