Bactérie C. difficile: choquer pour prévenir


La bactérie C difficile a fait beaucoup de victimes au Québec, et si des mesures qui sont malgré tout très simples ne sont pas pris sérieusement, rien ne fera diminuer les morts.
Nuage
      

 

Bactérie C. difficile: choquer pour prévenir

 

Dans une vidéo percutante, le comédien et metteur en scène Stéphane E. Roy illustre l’inaction du gouvernement et du système de santé dans la prévention des infections par la bactérie C. difficile en mentionnant que «nous avons les mains tachées de sang».

IMAGE TIRÉE DE LA VIDÉO

PIERRE PELCHAT
Le Soleil

(Québec) Le comédien Stéphane E. Roy en a assez de voir des personnes – comme sa mère en 2004 – perdre la vie après avoir contracté la bactérie C. difficile à l’hôpital. Il vient de mettre en ligne une vidéo percutante pour souligner les risques de contamination dans les hôpitaux et les centres d’hébergement et de soins de longue durée.

Dans la vidéo, il qualifie l’infection par le C. difficile de «maladie honteuse de nos hôpitaux», et les milliers de décès en lien avec cette infection de «faille de notre système de santé». Ces images sont en appui à une pétition pour demander au gouvernement de nouvelles mesures pour diminuer les taux d’infection.

«Dans la tête du public, il faut arrêter de penser que c’est des vieux en phase terminale qui pognent ça. Il y a des jeunes de 30, 40 ans qui se font couper des bouts de côlon parce qu’ils ont attrapé la bactérie C. difficile, mais on n’en parle pas parce qu’ils vont en mourir moins souvent. S’ils n’en meurent pas, ils vont être malades et leur vie sera grandement hypothéquée», a-t-il déploré, lundu, au cours d’une entrevue au Soleil.

Stéphane E. Roy, qui a joué le rôle de Sylvain Desjardins dans l’adaptation québécoise de la série télévisée française Caméra café, a perdu sa mère en 2004. Elle était âgée de 59 ans.

«Elle a eu une opération au coeur. C’était pour changer une valve. Elle a subi l’opération avec succès. On était content. Deux, trois jours plus tard, on nous a appris qu’elle avait contracté la bactérie C. difficile. On n’avait jamais entendu parler de ça à l’époque. Deux, trois semaines après, elle est décédée», a raconté Stéphane E. Roy.

Faire bouger les choses

Depuis ce temps, l’acteur et metteur en scène est intervenu à quelques reprises sans grand succès pour faire bouger les choses.

«Le problème, c’est qu’il y a une espèce d’omerta médicale. Les médecins et le gouvernement ne veulent pas trop parler de ça. Il y a une espèce de fatalisme. On minimise ça beaucoup dans le corps médical», a-t-il dit.

Il déplore que le Québec ne fasse pas meilleure figure dans la prévention des infections en milieu hospitalier.

«Je pensais avant que c’était de même partout dans les pays avancés. Ce n’est pas le cas. Quand on regarde les chiffres, on a 50 % de plus de taux d’infection au Québec que dans d’autres pays où on a pris des mesures importantes pour réduire les infections», a ajouté le comédien`

 Parmi les mesures à promouvoir, la principale est le lavage des mains de façon régulière par le personnel soignant. Dans plusieurs hôpitaux, bon nombre de médecins et d’infirmières ne suivraient pas la consigne.

«Il faudrait aussi que les infirmières et les infirmiers n’aient pas le droit de sortir ou entrer en uniforme, qu’on identifie les chambres des malades qui ont le C. difficile par un écriteau particulier, qu’on diminue le nombre de patients par chambre. Ce sont toutes des solutions à court terme qui pourraient être mises en place. En prévention, on pourrait prescrire les probiotiques Bio K lors de la prise d’antibiotiques», a-t-il indiqué.

En outre, Stéphane E. Roy estime que la Régie de l’assurance maladie devrait couvrir des médicaments qui ne le sont pas actuellement pour des personnes qui contractent la bactérie plus d’une fois.

«Une personne sur cinq aura plus d’une fois un épisode de C. difficile. Ce sont des coûts très importants pour le système de santé et des pertes de revenus pour les personnes malades», a-t-il souligné.

Il propose également que les résultats des tests pour détecter le C. difficile soient connus plus rapidement.

Pour en savoir plus: www.actioncdifficile.com.

http://www.lapresse.ca

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