Un trafic de bébés mis au jour en Chine


Hu Xingdou a dit que « Les Chinois ne croient plus en rien, hormis l’argent et le pouvoir !» Alors qu’importe d’enlever ou de faire croire à des parents que leur nourrisson est condamné afin de pouvoir vendre le bébé qui en réalité est en bonne santé quand dès la maternité, le bébé devient une marchandise pour s’enrichir. Il n’y a vraiment plus de morale …Tout cela pour avoir des héritiers mâles. Il est peut-être temps de considérer aussi les filles a leur juste titre
Nuage

 

Un trafic de bébés mis au jour en Chine

Une maternité dans la capitale chinoise
Crédits photo : Ng Han Guan/AP

Dans ce pays où les enlèvements d’enfants sont nombreux, même des médecins vendent des nourrissons.La loi sur l’enfant unique pourrait être assouplie

L’obstétricienne était une trafiquante. Elle est désormais la cible des insultes des internautes en chinois en colère, après le démantèlement d’un trafic de nourrissons qu’elle orchestrait dans une maternité de la rurale province du Shaanxi. La Chine, habituée aux enlèvements d’enfants, découvre avec effroi que l’appât du gain peut pervertir même le personnel hospitalier chargé des accouchements.

Ce week-end, la police a arrêté la directrice de la maternité de Fuping et deux de ses employés, accusés d’avoir vendu un bébé né dans leur établissement, quelques heures plus tôt. Le 16 juillet dernier, le docteur Zhang avait annoncé avec aplomb à Lai Guofeng, tout jeune papa, que son fils était atteint d’une maladie congénitale fatale. Brisé de douleur, ce fermier et son épouse de 23 ans se pliaient au verdict, abandonnant leur nourrisson sur les conseils des médecins. La nuit même, le nouveau-né était transporté en voiture dans la province voisine du Henan et vendu à des intermédiaires pour 2600 euros. (Environs 3 500 dollars CAD) 

Le père, soupçonnant une manipulation, alerte les policiers qui ont finalement éventé le scandale après deux semaines d’enquête. Le bébé a été retrouvé dimanche à Anyang chez un fermier qui l’avait racheté pour 7300 euros (plus de 10 000 dollars CAD) à un autre paysan. Entre-temps, l’enfant est passé entre les mains de trois intermédiaires et son «prix» a presque triplé. Après un test ADN concluant, le bébé a été remis à sa mère en pleurs, devant les flashs des photographes.

L’attrait d’un héritier mâle

Et les langues se sont déliées, laissant entrevoir non pas un cas isolé, mais un trafic parfaitement huilé sévissant depuis plusieurs années. Lundi, sept couples ont porté plainte contre la maternité, affirmant avoir été victimes de faits similaires. Plusieurs dizaines de nourrissons auraient été vendues depuis sept ans, affirme la presse locale.

Les enlèvements d’enfants émaillent régulièrement la chronique des faits divers en Chine. Le nombre de kidnappings par an pourrait s’élever à 20.000, selon le département d’État américain, et plus de 13.000 familles sont à la recherche de leur enfant, selon l’association «Bébé, rentre à la maison», créée en 2007 pour aider les parents démunis. Sous la pression de l’opinion, la police a déclenché en 2009 une vaste campagne contre ce fléau.

Mais le scandale de Fuping franchit un nouveau pallier, car jamais un réseau n’avait été démantelé dès la maternité. D’où les réactions enflammées sur Weibo, le Twitter chinois.

«Cette femme n’est pas humaine, il faut la condamner à mort, tonne un internaute à l’encontre du Dr Zhang.

«C’est le signe d’une décadence morale en cours depuis des générations. Les Chinois ne croient plus en rien, hormis l’argent et le pouvoir!», dit au Figaro Hu Xingdou, professeur au Beijing Institute of Technology.

À l’heure où Pékin s’apprête à assouplir sa politique de l’enfant unique, ce scandale illustre aussi la résistance du modèle social traditionnel dans les campagnes. Car les paysans sans fils sont les premiers «débouchés» pour les bébés kidnappés. Faute de retraite, ces fermiers recherchent une progéniture qui pourra veiller sur leurs vieux jours, puisque les filles quittent la maison lors du mariage.

Ainsi M. Zhu, acquéreur du bébé de Fuping, déjà père de trois filles, a justifié son «achat» par la nécessité d’avoir un héritier mâle.

«Sans fils, je perdais la face au village», a déclaré le paysan, selon leZhengzhou Soir, le quotidien de la capitale du Henan.


À en croire Mao Quan’an, le porte-parole de la Commission de la santé et du planning familial, «le gouvernement délibère actuellement pour savoir s’il assouplira davantage la politique de l’enfant unique».

Cet «assouplissement» accorderait le droit d’avoir un deuxième enfant aux couples dont l’un des conjoints est lui-même enfant unique.

Même si les démographes chinois estiment que la loi de 1979 sur l’enfant unique a permis «d’économiser» 400 millions d’habitants, ils lui reprochent d’avoir contribué au vieillissement rapide de la population.

Les citoyens âgés de plus de 60 ans représentent aujourd’hui 14,3% des Chinois et «la réserve de main-d’œuvre commencera à diminuer dès 2015», s’inquiète Ma Jiantang, directeur de l’Administration des statistiques.

L’abolition de cette loi ne suffirait peut-être pas à bousculer le taux de natalité.

«En Chine, beaucoup d’enfants uniques, couvés par leurs parents, ont sacrifié leur jeunesse sur l’autel de la réussite scolaire et professionnelle. En élevant un bébé, ils craignent d’être privés de leur vie d’adulte», explique Xu Fan, directrice du magazine Fumubidu («Les parents doivent lire»).

http://www.lefigaro.fr/

2 réponses à “Un trafic de bébés mis au jour en Chine

  1. Tout cela vient de cette politique de l’enfant unique en Chine, les dirigeants auraient dus y pensés qu’en appliquant que cela donnerait à des trafics de toutes sortes.

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