Le saviez-vous ► Les dessous de l’emballage


L’emballage des produits alimentaires que nous achetons à pour rôle de bien sûr d’attirer les consommateurs, mais aussi de se préserver de l’oxygène. Je disais souvent en blague qu’acheter un sac de croustille, c’était payer pour de l’air, étant donné que les sacs sont gonflés, bien, j’avais tord… C’est plutôt de l’azote …
Nuage

Les dessous de l’emballage

 

Avec leurs multiples couleurs, les emballages servent avant tout à attirer le regard. Mais leur rôle ne se limite pas à faire le beau. Derrière les apparences se cachent des technologies de pointe qui préservent la fraîcheur et le bon goût des aliments.

Pour vous, un sac de croustilles n’est sans doute qu’un sac comme un autre. Mais pour les spécialistes de l’emballage, ce sac est investi d’une mission. Il doit combattre un ennemi redoutable : l’oxygène.

Première observation : le sac est gonflé. Mais ce n’est pas de l’air qui est à l’intérieur. C’est plutôt de l’azote, un gaz inerte. Comme les croustilles sont cuites dans l’huile, elles risquent de rancir si elles sont exposées à l’oxygène de l’air, ce qui leur donnerait un goût désagréable. En remplaçant l’air par de l’azote, les croustilles demeurent fraîches plus longtemps.

Mais ce n’est pas tout. Le matériau même du sac joue aussi un rôle. Côté extérieur, un plastique imprimable; c’est son côté glamour. Côté intérieur, un plastique métallisé, véritable barrière à l’oxygène de l’air. En prime, le gaz qui gonfle le sac tient le rôle de pare-choc pour empêcher les croustilles de s’émietter.

Bien d’autres emballages sont sous atmosphère contrôlée. Ainsi, les pâtes alimentaires reposent dans un gaz composé de gaz carbonique et d’azote. L’oxygène en est absent. D’autres aliments sont emballés sous vide. Encore une fois, on veut éviter que l’oxygène ne vienne oxyder les produits.

Même la bouteille de bière cache certains secrets. Sa couleur foncée filtre les rayons ultraviolets et les empêche d’attaquer le goût de la bière. Mais la capsule aussi joue un rôle protecteur, grâce à la pellicule plastique qui est logée au fond.

Cette pellicule assure l’étanchéité de la bouteille en empêchant la bière de couler entre la capsule et la bouteille. Dans certains cas, la pellicule plastique renferme aussi une substance qui réagit avec l’oxygène qui pourrait demeurer dans la bouteille. En éliminant cet oxygène résiduel, on évite que la bière ne développe un goût de carton. Elle se conserve alors plus longtemps.

La vedette de l’emballage c’est la bouteille de ketchup… Elle fut longtemps en verre. Une barrière efficace contre l’oxygène qui décolore le produit, riche en enzymes. Mais le verre est lourd, cassant et très rigide. Pas facile d’aller chercher le ketchup ! Pendant longtemps on a rêvé d’une bouteille plus malléable, une bouteille en plastique. Mais le plastique laisse passer l’oxygène, ce qu’il fallait éviter à tout prix. Il fallait donc fabriquer un plastique comportant de 7 à 9 couches de résines différentes. Tout un défi !

Ainsi, la résine principale, qui bloque l’accès à l’oxygène, est sensible à l’humidité, ce qui peut la faire gonfler. L’humidité permet aussi à l’oxygène de pénétrer dans le ketchup. C’est pourquoi la résine barrière est placée en sandwich entre deux couches de polymère hydrophobe, c’est-à-dire qui repousse l’humidité. En combinant ainsi des couches de polymères aux propriétés différentes, on finit par obtenir la performance recherchée.

Même les boîtes de céréales ont un secret bien gardé. Dans la cire du papier, on incorpore des agents anti-oxydants qui assurent la fraîcheur du produit. Au Japon, la stratégie est différente. On retrouve souvent dans les produits alimentaires un petit sachet qui contient un anti-oxydant, prolongeant ainsi la vie du produit.. Pour les Japonais, c’est un gage de fraîcheur très recherché.

Mais l’oxygène n’est pas toujours un ennemi. Parfois, l’emballage favorise sa présence. Ainsi la pellicule de plastique qui recouvre le steak haché laisse passer l’oxygène. C’est la présence d’oxygène combiné à l’hémoglobine de la viande qui donne la couleur rouge que le consommateur recherche. Sans oxygène, la viande serait brune, comme l’intérieur d’une boule de steak haché.

Les chimistes de l’emballage ne manquent pas d’idées. Et l’emballage ne cesse de relever de nouveaux défis. Il est condamné à être beau et de plus en plus intelligent.

Journaliste : Claude D’Astous
Réalisateur : Yves Lévesque

http://www.radio-canada.ca

2 réponses à “Le saviez-vous ► Les dessous de l’emballage

  1. On n’y pense pas, mais c’est tout un boulot pour fabriquer un emballage, je ne savais pas tout ces trucs, mais par contre c’est dingue le nombre d’emballage que l’on jetter dans une journée.

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