Quand le cerveau n’a rien de musical


C’est rare, mais certaines personnes ont de la difficulté a chanté une chanson ou de reconnaitre une musique. La science a réussi a mieux comprendre ce problème et peut-être un éventuel traitement
Nuage

 

Quand le cerveau n’a rien de musical

 

Un homme chante 

Photo :  iStockphoto

Vos talents de chanteurs sont la risée de votre cercle d’amis? Vous êtes incapable de reconnaître des mélodies pourtant très familières?

Vous souffrez peut-être d’amusie congénitale, un trouble caractérisé par des compétences musicales diminuées qui frappe de 2 % à 4 % de la population.

Une personne qui souffre d’amusie est incapable de saisir le rythme, la mélodie ou les accords d’une musique. Certaines d’entre elles affirment ressentir la musique comme une langue étrangère ou comme un simple bruit.

L’amusie n’est due à aucun problème auditif ou psychologique et ne semble pas liée à d’autres troubles neurologiques.

Les bases neuronales de ce déficit se précisent depuis quelques années. Des chercheurs français de l’Université Claude Bernard Lyon 1 ont découvert que les personnes amusiques présentaient un traitement altéré de l’information musicale dans deux régions cérébrales :

  • le cortex auditif;
  • le cortex frontal, surtout dans l’hémisphère cérébral droit.

Selon la chercheuse Barbara Tillmann et ses collègues, ces altérations semblent liées à des anomalies anatomiques dans ces mêmes cortex.

Ainsi, par rapport aux personnes non-amusiques, leur activité cérébrale est retardée et diminuée dans ces aires spécifiques au moment de l’encodage des notes musicales. Ces anomalies surviennent dès 100 millisecondes après le début d’une note.

Le recours à l’imagerie par résonance magnétique confirme une observation anatomique réalisée par les chercheurs : chez les personnes amusiques, au niveau du cortex frontal inférieur, on trouve un excès de matière grise accompagné d’un déficit en matière blanche, dont l’un des constituants essentiels est la myéline. Celle-ci entoure et protège les axones des neurones, permettant au signal nerveux de se propager rapidement.

De plus, les chercheurs ont aussi observé des anomalies anatomiques dans le cortex auditif.

Ces informations renforcent l’hypothèse selon laquelle l’amusie serait due à un dysfonctionnement de la communication entre le cortex auditif et le cortex frontal.

L’amusie serait ainsi liée à un traitement neuronal déficitaire dès les toutes premières étapes du traitement d’un son dans le système nerveux auditif.

Un programme de réhabilitation de ces difficultés musicales qui cible les étapes précoces du traitement des sons par le cerveau et de leur mémorisation pourrait éventuellement être mis au point.

Le détail de leurs travaux est publié dans la revue Brain.

De précédents travaux ont montré que les personnes amusiques présentent une grande difficulté à percevoir la hauteur des notes, c’est-à-dire leur caractère grave ou aigu. De plus, même si elles retiennent tout à fait normalement des suites de mots, elles mémorisent difficilement des suites de notes.

Le saviez-vous?
Dans les années 1990, la neuropsychologue Isabelle Peretz et ses collègues de l’Université de Montréal ont conçu une batterie de tests qui permet d’évaluer l’amusie.

http://www.radio-canada.ca

Une réponse à “Quand le cerveau n’a rien de musical

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s