Fin heureuse d’une histoire d’intimidation


Pour terminer la soirée, un fait vécu au Québec très positif. Les écoles essaient d’inculqué la tolérance zéro sur l’intimidation, mais sans vraiment de succès. Alors peut-être que la solution est aux mains des jeunes. Un jeune intimidé, décourager trouve une oreille attentive d’un plus vieux qui réussit à le persuader de dénoncer et grâce aux médias sociaux et cette écoute attentive, ce fut un succès monstre
Nuage

 

Fin heureuse d’une histoire d’intimidation

 

Grâce aux réseaux sociaux et à l’appui d’élèves de son école, un jeune de 14 ans d’un collège privé de la Rive-Sud de Montréal a pu mettre fin à une période noire des dernières semaines. Pour protéger son identité, nous l’appellerons Mathieu.

Un article de Gino Harel

Depuis des mois, Mathieu se faisait lancer des insultes gratuites. Il était tenu à l’écart lorsque venait le temps de former des équipes pour les travaux en classe ou était ignoré au dîner. Parfois, il pleurait à la maison le soir, seul, loin des regards de ses camarades de classe.

Mathieu est en secondaire 2 au Collège Durocher Saint-Lambert. Mais curieusement, c’est un grand de secondaire 4 qui l’a pris sous son aile. Ils se voyaient dans l’autobus. Le grand lui demandait de temps en temps comment il allait. Le jeune se confiait à ce grand qui l’écoutait, le conseillait et l’encourageait à dénoncer.

Mercredi dernier dans l’autobus, le grand et un autre garçon ont visiblement trouvé les mots justes pour convaincre Mathieu d’agir. On l’appelle « le grand » parce qu’il est le héros obscur dans toute cette histoire. Et il souhaite que cela demeure ainsi. Pour lui, ce n’est pas de son histoire qu’il faut parler, mais de celle de son ami Mathieu. Mercredi soir donc, Mathieu brise le silence dans une lettre qu’il affiche sur sa page Facebook.

Texte d'un élève du Collège Durocher victime d'intimidation

Texte d’un élève du Collège Durocher victime d’intimidation  Photo :  Conneriesqc.com

Le grand est touché par le message qui montre que Mathieu a décidé d’agir. Il souhaite que d’autres le voient. Il pense à un site populaire auprès des jeunes, et de Mathieu lui-même, le site ConneriesQc.com. Ce site a comme raison d’être de faire rire les jeunes. Son slogan : « Rien de sérieux ».

Le grand transmet le message de Mathieu au responsable du site. Ce dernier décide de déroger à sa ligne éditoriale humoristique. Il publie la lettre de Mathieu dans le but de l’aider dans sa démarche pour faire cesser l’intimidation contre lui.

« Ça m’a touché le fait que la personne intimidée, elle savait pas vraiment à qui se confier, raconte l’administrateur de ConneriesQc.com. Elle gardait tout ça à l’intérieur d’elle, pis elle a décidé de tout dévoiler sur son Facebook. De tout sortir, ce qu’elle avait au plus profond d’elle. Ça, ça m’a vraiment touché aussi. Le fait que quelqu’un me demande de faire de quoi parce qu’elle savait que cette personne-là était fan de ConnerieQc, ça ça m’a touché alors, j’étais comme pris entre les deux. Est-ce que je laisse faire à cause que c’est trop délicat où je tente un risque et je le publie sur la page Facebook de ConneriesQc ? »

L’administrateur, qui travaille dans l’anonymat et ne souhaite pas révéler son nom, écrit un billet pour dénoncer les actes d’intimidation. Avec son billet, il publie la lettre du jeune.

Lettre de l'auteur de Conneriesqc.com

Lettre de l’auteur de Conneriesqc.com

La réaction est immédiate. Les gens envoient des messages d’encouragement, des histoires d’intimidation.

« Juste en quelques minute, j’ai reçu des milliers de likes, des milliers de partages, des milliers de commentaires. Moi, je le savais pas que ça allait être aussi viral que ça. Parce que tout le monde […] ça a été chercher au plus profond d’eux-mêmes. Tout ça en l’espace de même pas 30 minutes », raconte l’administrateur de ConneriesQc.com.

Mathieu reçoit aussi des messages d’appui sur Facebook, de camarades de classe et d’autres de son école qui le connaissent à peine. Il reçoit aussi des messages d’excuse.

Messages envoyés à Mathieu sur Facebook

– « Si t’as besoin de parler je sais qu’on se connait pas vraiment mais tu peux toujours me parler si t’en besoin ! »

– « Jte connais pas mais serieux je tadmire pour ce que tu as fait.. Bravo. »

– « je suis vraiment désolé que ça t’arrive… C’est vraiment horrible ce qu’est d’être intimider et j’ai déjà vécu ça et je te supporte pleinement la dedans. Ta eu du courage de sortir et de dire ce que tu pensais de ça et d’agir pour que ça arrête »

– « Je m’excuse…..(…) tu m’a vraiment ouvert les yeux. Peut-être que je t’ai mal jugé. Tu es quelqu’un de spécial. »

– « j’aimerais m’excuser si jamais j’tai fait de la peine et spécifier que ce n’était pas du tout mon intention. »

Tout un accueil !

À l’école de Mathieu, c’est l’effet boule de neige. Le lendemain matin, Ariane Ferguson, aussi en deuxième secondaire au Collège Durocher, organise un comité d’accueil pour le garçon. Elle en parle à sa classe, puis les autres classes l’apprennent. Finalement, les sept classes de l’étage sortent dans le corridor pour applaudir Mathieu.

Ariane FergusonAriane Ferguson

« Tout le monde lui criait bravo, félicitations, tout le monde était content pour lui pis que ça finisse dans le fond »— Ariane Ferguson

Le message de Mathieu contre l’intimidation a résonné dans toute l’école.

Des étudiants du Collège Durocher Saint-LambertDes étudiants du Collège Durocher Saint-Lambert

Sarah-Maude Sab-Lessard, Benjamin Côté et Andrei Neagu appuient la démarche de leur camarade.

« Le fait que cette personne-là en ait parlé, pis que en plus il le vivait, j’pense que ça va faire un peu arrêter les gens. C’est ça qu’il faut parce que ça fait mal aux gens », affirme Sarah-Maude. « Dénoncer, c’est toujours meilleur que de garder pour soi-même », ajoute Benjamin.

« Tout le monde trouve que c’est vraiment courageux ce qu’il a fait pis que c’était vraiment intelligent », conclut Andrei.

Jacques Gravel, directeur adjoint, deuxième secondaire, Collège Durocher Saint-LambertJacques Gravel, directeur adjoint, deuxième secondaire, Collège Durocher Saint-Lambert

Le Collège Durocher Saint-Lambert a un plan de lutte contre l’intimidation en milieu scolaire, comme le lui impose la loi. Mise au courant du problème de Mathieu, la direction de l’école avait tenté de l’aider, sans résultat concret. Elle est fière de ses élèves, qui sont allés au-delà de ses espérances pour contrer l’intimidation. .

« Les jeunes ont prouvé qu’au moment où on se pose beaucoup de questions sur les réseaux sociaux, ils nous ont prouvé qu’on pouvait en faire une utilisation intelligente.Quant à Mathieu, il a dit à Ariane que c’était la plus belle journée de sa vie, qu’il était vraiment content et ému aussi. » — Jacques Gravel, directeur adjoint, deuxième secondaire, Collège Durocher Saint-Lambert

Le site ConneriesQc.com a fait le suivi de cette histoire le jour-même, en affichant des récits d’évènements envoyés par des élèves du Collège Durocher.

Un message envoyé au site ConneriesQc.com

Un message envoyé au site ConneriesQc.com  Photo :  ConneriesQc.com

Message envoyé au site ConneriesQc.com

Message envoyé au site ConneriesQc.com  Photo :  ConneriesQc.com

Le site ConneriesQc.com continue de recevoir de nombreux messages sur l’intimidation. Plusieurs sont redirigés vers des organismes d’aide aux jeunes.

http://www.radio-canada.ca

3 réponses à “Fin heureuse d’une histoire d’intimidation

  1. J’aime bien ce genre d’histoire, j’espère que cela va faire prendre conscience à ce que c’est l’intimidation et que ça fera changer la mentalité de certain.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s