Pas tous égaux devant le grignotage «émotionnel»


Ce n’est pas une surprise pour personne, que certaines personnes ont tendance a manger leurs émotions et choisissent habituellement des aliments riches en sucre et en gras. Quelle en sont les causes ? Génétique ou une reproduction des habitudes familiales ou peut-être les deux ?
Nuage

 

Pas tous égaux devant le grignotage «émotionnel»

 

© Jerry Lampen / Reuters/REUTERS

Les femmes sont bien plus concernées par le grignotage émotionnel que les hommes.

Les femmes et les personnes au régime sont les plus à risque de se jeter sur la nourriture en cas d’émotion négative.

Le constat n’étonnera personne: le grignotage est un réflexe fréquent en cas de stress, d’anxiété, de tristesse… Plus de deux Français sur cinq éprouveraient ce besoin, selon une étude menée auprès de 35.000 personnes. Le travail de la chercheuse Sandrine Péneau, qui s’appuie sur les nombreux témoignages de l’enquête Nutrinet*, a permis d’affiner le profil des personnes les plus susceptibles de se tourner vers la nourriture en réaction à une émotion négative.

Les résultats publiés mercredi par l’American Journal of Clinical Nutrition révèlent qu’une femme sur deux est concernée, contre seulement un homme sur cinq. Manger sous le coup de l’émotion est aussi plus fréquent chez les personnes au régime: elles sont sept sur dix à avoir ce réflexe, un chiffre qui tombe à 6 sur dix pour les personnes ayant fait un régime dans le passé, et moins de quatre sur dix pour celles qui n’ont jamais cherché à maigrir.

«C’est un phénomène bien connu en cas de régime: on est dans une spirale de restriction, et puis on craque», décode Sandrine Péneau, maître de conférences en nutrition à l’université Paris 13.

En parallèle, l’étude confirme aussi qu’être sujet à cette compulsion alimentaire est un facteur de risque de surpoids (57% des compulsifs sont en surpoids, contre 40% pour ceux qui n’ont pas ce réflexe). De fait, les personnes qui se tournent vers la nourriture pour se sentir mieux privilégient des aliments très riches du type gâteaux, sucreries, chocolat ou chips, dont elles font au final une plus grande consommation que la moyenne.

La psychologie au secours des personnes au régime

L’origine de cette compulsion alimentaire reste floue. Elle pourrait intégrer une dimension génétiqueune étude datant de 2010 montre par exemple que ce comportement est fréquent chez les adolescentes porteuses d’un gène spécifique – Mais elle relève aussi certainement d’une habitude acquise tôt par reproduction d’un schéma familial, ajoute Sandrine Péneau.

«In fine, il est probable que les deux facteurs jouent, car le psychologique et le physiologique sont intimement liés», estime-t-elle.

Pour l’experte en nutrition, ces résultats confortent surtout la nécessité d’intégrer une dimension psychologique à la prise en charge des personnes qui ne parviennent pas à perdre du poids.

«Il faut chercher des alternatives aux régimes classique quand ils ne fonctionnent pas à long terme. Dans le cadre de mes recherches, je travaille ainsi sur l’alimentation intuitive et consciente, qui tente de sensibiliser le patient à ses sensations de faim et de satiété afin de limiter naturellement ses apports caloriques».

Fort heureusement, d’autres recherches parues en mars dans la revue Appetite confirment une bonne nouvelle: si les émotions négatives creusent, les émotions positives n’entraînent, elles, aucun grignotage excessif.

http://sante.lefigaro.fr

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