Le saviez-vous ►Jeter un sort peut-il tuer ?


Quand on croit beaucoup à quelque chose, on s’imprègne de cette croyance. La magie, personnellement, je n’y crois pas,, car elle n’a aucun pouvoir mais peut-être subjective. En effet, le cerveau peut croire qu’un mauvais sort et de ses conséquences, mais sans croire, ce mauvais sort, ne peut rien contre-nous. Le psychisme du cerveau peut nous jouer de vilain tour et peut dans certains cas être fatale
Nuage

 

Jeter un sort peut-il tuer ?

 

Depuis les temps de l’Égypte et de la Mésopotamie anciennes jusqu’à nos jours, en Haïti, en Australie ou en Afrique, des gens en pleine santé sont tombés malades et sont morts parce qu’on leur avait jeté un sort. Une abondante littérature existe sur ce sujet.

Il y a de nombreuses manières de jeter des sorts. On peut façonner une effigie de la victime et la cribler d’épingles ou la brûler; l’effigie peut être en cire, en bois, en argile, en chiffons ou en paille. Des incantations ou des chants peuvent aussi jeter un sort. Des pierres ou des armes « chargées » de magie, ou bien des objets contenant des poudres ou des herbes aux pouvoirs maléfiques, servent au même dessein.

Mais, quelle que soit la méthode, est-ce le sort jeté qui tue ou l’intime conviction d’une mort prochaine de celui qui en est victime ?

Les scientifiques se sont penchés sur la question. Que l’on y croit ou non, on ne peut qu’être convaincu de notre méconnaissance du psychisme humain.

 La méthode de « l’os pointé »

Une méthode bien connue d’exécution rituelle est celle de l’ « os pointé », utilisée par les aborigènes d’Australie. La victime ne subit aucun contact matériel, mais son destin est aussi sûrement scellé que si on lui transperçait le coeur d’une lance.

L’arme dont on le vise peut être en os, en bois ou en pierre. Ce qui compte, c’est la croyance en sa magie. Dans son livre sur les aborigènes d’Australie, publié en 1925, le Dr Herbert Basedow décrit l’effet du rite de l’ « os pointé ».

" L’homme qui découvre qu’un ennemi est en train de pointer un os sur lui offre un spectacle pitoyable. Il se tient hagard, les yeux fixés sur la pointe meurtrière, les mains levées comme pour se protéger des effluves mortels qu’il imagine se déverser dans son corps. II blêmit, son regard devient vitreux, et ses traits se déforment horriblement… Il veut crier, mais les sons s’étranglent dans sa gorge; il ne peut qu’écumer. Il se met à trembler de tout son corps, et ses muscles se nouent involontairement. Il recule en chancelant et s’écroule sur le sol. Pendant un moment, il paraît évanoui, mais, peu après, il se contorsionne, comme en proie à une atroce agonie, et, se couvrant le visage de ses mains, il se met à gémir. Au bout de quelque temps, il semble plus calme, et il rampe jusqu’à son wurley, ou cabane. A partir de cet instant, il dépérit, il s’agite, il refuse de se nourrir et se tient à l’écart des travaux quotidiens de la tribu. À moins qu’un secours ne lui soit apporté sous la forme d’un contre-maléfice, administré par le nangarri, ou sorcier-guérisseur, sa mort n’est plus qu’une question de temps, relativement court. Si le sorcier-guérisseur intervient en temps opportun, il se peut que le condamné soit sauvé."

 La théorie scientifique

Bien que les méthodes diffèrent, la magie opère si l’on croit suffisamment en sa puissance. Le sorcier doit avoir une confiance absolue en son pouvoir; la victime, être convaincue de son infaillibilité, et la société en général, adhérer à ces croyances. Ce dernier point est particulièrement important.

On imagine l’effet produit, dans les cultures où la communauté considère la victime comme morte à partir du moment où elle sait qu’un sort lui a été jeté. Il arrive au condamné de cesser de boire et de manger, ce qui concourt à hâter sa fin.

À ces réactions de la victime devant l’os « pointé » sur lui, on a proposé une possible explication physiologique. Les effets sur l’organisme d’une forte peur sont analogues à ceux d’une colère violente : les glandes surrénales augmentent leur production d’adrénaline, réduisant l’irrigation sanguine dans les parties du corps moins essentielles, pour privilégier les muscles, dont la vie du sujet, par la fuite ou par le combat, peut dépendre.

L’adrénaline produit cet effet par une constriction du calibre des vaisseaux sanguins dans les parties du corps capables de survivre temporairement avec une moindre irrigation.

Cet avantage n’est toutefois acquis qu’à un certain prix. La diminution de l’irrigation sanguine s’accompagne de celle de l’apport d’oxygène transporté par les globules rouges. Privés en partie d’oxygène, les capillaires sanguins deviennent plus perméables au plasma sanguin, qui s’infiltre dans le tissu entourant ces vaisseaux. Il en résulte, au cours d’un état prolongé de peur ou de colère, une réduction généralisée du volume de la circulation sanguine.

Cette réduction entraîne à son tour celle de la pression du sang, et un cycle potentiellement désastreux peut s’installer : la réduction de la pression sanguine affecte les organes qui assurent la circulation du sang, et l’appauvrissement de la circulation réduit encore plus la pression sanguine. Faute d’une intervention, cet enchaînement peut être fatal.

Le mystère demeure

Qu’un sort ou un maléfice puisse provoquer de tels désordres est déjà mystérieux en soi, mais plus étonnants encore sont les cas de décès survenant alors que les examens médicaux n’ont révélé ni réduction de la pression sanguine ni accumulation anormale de globules rouges.

Tel est le cas par exemple d’un Canaque du Queensland du Nord, en Australie, relaté par le Dr P. S. Clarke :

« il était sûr de mourir bientôt, car on lui avait jeté un sort; le médecin l’examina et ne décela chez lui aucun problème médical; mais, quelques jours plus tard, il était mort. »

Il semblerait que, dans les sociétés où les effets d’un maléfice sont unanimement tenus pour assurés, il soit hors de doute que la « lance de la pensée » ait le pouvoir de tuer.

En 1953, un aborigène nommé Kinjika fut transporté par avion de son Arnhem Land natal (Territoire du Nord), en Australie, jusqu’à un hôpital de Darwin. Il n’était ni blessé, ni empoisonné, ni atteint de maladie connue, mais il se mourait.

A l’hôpital, il survécut quatre jours dans de grandes souffrances, et il mourut le cinquième, victime d’un os « pointé » sur lui.

L’homme avait appartenu à la tribu des Mailli, et il avait violé une de ses lois régissant l’inceste. Convoqué devant une assemblée tribale de jugement, il ne s’était pas présenté et avait été condamné à mort par contumace.

Kinjika avait fui sa patrie, et l’exécuteur de la tribu, le mulunguwa, avait façonné et rituellement « chargé » l’os de la mort, le kundela.

 Le rituel de « l’os pointé »

L’os peut être celui d’un homme, d’un kangourou ou d’un émeu; il peut aussi être en bois. Il mesure en général 15 à 22 centimètres de long, il est pointu à une extrémité et bien lisse. A l’autre extrémité, une tresse de cheveux est attachée à un trou ou collée avec une gomme provenant d’une graminée, le triodia.

Le kundela doit être chargé d’une puissante énergie psychique, au cours d’un rituel complexe qui doit être scrupuleusement suivi et dont le secret n’est divulgué ni aux femmes ni aux étrangers à la tribu. Si le condamné s’est enfui, l’arme est remise aux kurdaitcha, les tueurs rituels de la tribu.

Ces hommes tiennent leur nom des sandales qu’ils portent pendant leur chasse au coupable; elles sont tissées de plumes de cacatoès et de cheveux humains, et ne laissent pratiquement pas d’empreintes.

Le kundela . © Axel Poignant

Les tueurs se couvrent le corps de poil de kangourou, collé sur leur peau enduite de sang humain, et ils portent un masque en plumes d’émeu. Ils opèrent à deux ou trois. Implacables, ils poursuivent leur gibier humain pendant des années s’il le faut.

Quand ils ont enfin acculé leur proie, ils s’en approchent à une distance d’environ 5 mètres et le « frappeur », un genou en terre, vise le condamné comme avec un pistolet. Le kurdaitcha lance l’os dans sa direction, en émettant un chant bref et perçant. Puis les chasseurs se retirent, abandonnant leur victime à son malheureux sort. Lorsqu’ils sont de retour dans leur village, les kurdaitcha brûlent le kundela de façon cérémonielle.

Les aborigènes d’Australie utilisent le kundela dans les cérémonies d’initiation, contre leurs ennemis et contre ceux qui ont violé les lois tribales. Dans ces trois domaines, son pouvoir est redoutable. On ne connaît que peu de cas d’hommes ayant survécu après avoir eu l’os « pointé » sur eux.

Par contre, les effets funestes d’un sort peuvent immédiatement cesser si la victime s’en croit délivrée. Cela tend à démontrer que ces effets sont bien de nature psychosomatique.

http://www.dinosoria.com

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2 réponses à “Le saviez-vous ►Jeter un sort peut-il tuer ?

  1. Intéressant : Jeter un sort , "maudire " sont des rituels vieux comme le monde (comme les guérisseurs par exemple ) ……Je pense que jeter un sort n ‘ a d’effet sur la personne concernée que si cette dernière y croit ……Non pas que la "malédiction " s’accomplisse , mais la peur s’installe souvent et peut entrainer de sérieux troubles psychologiques et détruire une vie …..
    Par contre , même si les effets sont aussi d’ordre psychologique , je crois plus que le guérisseur guérit réellement ….
    En résumé ,ce n’est qu’une question de croyances ( même chose pour les "porte -bonheur " ,les amulettes etc…)
    J’avoue avoir le réflexe de "croiser les doigts " avant d’affronter une situation qui m’angoisse …lol
    F.

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