Un spray nasal pour prévenir les suicides dans l’US Army


Une nouvelle méthode qui est en essai pour l’armée américaine pourrait d’ici quelques années aider de nombreux patients en dépression avec un risque de suicide. Cela serait un atout pour complété les traitements en santé mentale
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Un spray nasal pour prévenir les suicides dans l’US Army

 

L’armée américaine souhaite mettre au point un spray nasal pour diminuer les suicides de ses soldats. Crédits photos: US Air Force

Romy Raffin

L’armée américaine finance le développement d’un spray hormonal contre les pulsions suicidaires. Une innovation thérapeutique qui pourrait concerner de nombreux patients.

Un suicide par jour environ: les soldats américains n’ont jamais été aussi nombreux à mettre fin à leurs jours. Pour lutter contre ce fléau qui décime ses troupes – les morts par suicides dépassent désormais les décès sur le terrain, l’armée américaine a confié à des chercheurs la mission de mettre au point un spray qui empêcherait les militaires de s’ôter la vie. Au-delà du suicide, une nouvelle arme thérapeutique pourrait naître à l’issue du projet pour traiter la dépression ou même les troubles bipolaires des combattants, mais aussi d’autres patients.

C’est le Dr Michael Kubek de l’Indiana University School of Medicine qui dirigera les recherches, financées sur trois ans par le département de la Défense à hauteur de 3 millions de dollars . Ce n’est pas un hasard si le Dr Kubek a été choisi: ses nombreux travaux sur la TRH (thyrotropin-releasing hormone) ont retenu l’attention de l’ancien responsable de la santé publique de la marine américaine qui s’intéressait à de nouvelles approches contre le stress post-traumatique ou le suicide des soldats. Cette hormone de l’hypothalamus régule en effet la fonction de la thyroïde qui elle-même peut être à l’origine de troubles de l’humeur. Par exemple, la dépression est un symptôme fréquent chez les patients souffrant d’hypothyroïdie.

Trop rapidement dégradée

 

Anxiété, schizophrénie ou dépression sont autant de maladies que la TRH pourrait aider à soigner, de nombreuses études le prouvent depuis une vingtaine d’années. Malheureusement, l’hormone perfusée ou avalée sous forme de pilule est rapidement dégradée dans l’organisme – en cinq minutes seulement – et parvient difficilement au cerveau car elle est bloquée par la barrière hémato-encéphalique, le filtre qui sépare la circulation sanguine du liquide baignant le cerveau (le liquide céphalo-rachidien). Un autre moyen d’administrer la TRH est de l’injecter directement dans la moelle épinière, un geste peu pratique et douloureux. Une solution alternative consiste à modifier l’hormone pour obtenir des dérivés plus résistants, comme la taltiréline disponible au Japon depuis 2000 sous forme de comprimés pour le traitement d’une maladie neurodégénérative du cervelet

De son côté, le Dr Kubek s’est orienté vers un autre moyen d’accéder au cerveau, plus rapide et non invasif, à savoir la voie nasale. Les molécules absorbées par les muqueuses du nez atteignent rapidement le cerveau via les nerfs olfactifs et contournent la barrière hémato-encéphalique. De plus, le neurobiologiste s’est servi de nanoparticules biodégradables (à base de polylactide) comme vecteur protecteur de la TRH afin d’obtenir des quantités plus élevées du produit, pour une meilleure efficacité. Le chercheur a déjà testé avec succès ce qu’il décrit comme «un type de pharmacologie entièrement nouveau» pour soigner l’épilepsie chez le rat, la TRH étant capable d’agir contre les convulsions.

Le temps que les médicaments fassent effet

 

Dans le cas des soldats américains, la TRH pourrait être utilisée comme un médicament de crise pour contrer rapidement d’éventuelles idées suicidaires en produisant un calme et une légère euphorie quasi-instantanément. Pour autant, ces aérosols n’ont pas pour ambition de se substituer aux thérapies actuelles, mais plutôt de les compléter:

«Le spray nasal pourrait stabiliser les patients immédiatement, le temps que les antidépresseurs fassent leur travail», explique le Dr Kubek, dans la mesure où les médicaments traditionnels contre la dépression ne sont efficaces qu’à partir de 2 à 4 semaines après le début du traitement.

La mise au point de ce vaporisateur innovant devrait se dérouler pendant un an en collaboration avec des pharmacologues américains et israéliens, suivis par des essais sur l’homme à l’université de Purdue, dans l’Indiana.

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Le mystère plane toujours sur la cause de la mort de Jack Layton


Je pense que si Jack Layton serait encore parmi nous son partis serait un adversaire de taille pendant les élections .. Aujourd’hui, certains se questionnent sur sa mort. Est-ce si important? On sait qu’il avait un cancer de la prostate alors pourquoi chercher de midi a 14 heures ?
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Le mystère plane toujours sur la cause de la mort de Jack Layton

 

Certaines questions demeurent quant aux renseignements dont disposaient... (Photo: Ivanoh Demers, La Presse)

Certaines questions demeurent quant aux renseignements dont disposaient les électeurs sur l’état de santé de Jack Layton lorsqu’ils se sont présentés aux urnes en mai 2011.

PHOTO: IVANOH DEMERS, LA PRESSE

HELEN BRANSWELL
La Presse Canadienne
Toronto

Un an après le décès de Jack Layton, le public ne connait toujours pas la cause exacte de la mort du chef du Nouveau Parti démocratique (NPD) survenue quelques semaines après qu’il eut exhorté les électeurs à lui confier le pouvoir.

Les proches de M. Layton ont réussi jusqu’à présent à garder cette information secrète et la population ne semble pas s’intéresser à la question. Les journalistes qui se sont penchés sur le sujet dans la foulée de la disparition du leader néo-démocrate ont même été fustigés.

L’admiration et l’affection qu’éprouve une bonne partie du public pour Jack Layton explique peut-être pourquoi il a de la difficulté à séparer le décès du politicien bien-aimé du fait que, selon les experts, les électeurs devraient être au courant de l’état de santé des gens qui aspirent à les gouverner.

D’après le Dr Lawrence Altman, journaliste médical pour The New York Times, il est surprenant qu’à notre époque un chef politique puisse succomber à une maladie sans que le population ne soit informée de la nature exacte du mal qui l’a emporté. Il croit d’ailleurs que les médias américains n’auraient pas aussi facilement lâché le morceau.

«Je pense que, pour le Times, il s’agit d’une information que le public a le droit de connaître, a-t-il déclaré à propos de l’état de santé des politiciens. Aucune maladie ne devrait empêcher quelqu’un de se présenter aux élections. Mais c’est au public de décider si cette maladie peut influencer la capacité d’une personne à s’acquitter de ses responsabilités ou si la personne devrait être élue.»

Certaines questions demeurent quant aux renseignements dont disposaient les électeurs sur l’état de santé de Jack Layton lorsqu’ils se sont présentés aux urnes en mai 2011.

Le leader néo-démocrate avait révélé en février 2010 qu’il souffrait d’un cancer de la prostate, mais n’a jamais dévoilé le type de traitement qu’il a reçu.

Il était resté tout aussi vague à propos de l’opération qu’il a subie après s’être fracturé une hanche pendant une séance d’entraînement en mars 2011, un incident surprenant chez un homme de son âge et de sa condition physique.

Lorsqu’il avait annoncé en juillet 2011 qu’il cédait temporairement les rênes de son parti afin de lutter contre un deuxième cancer, M. Layton avait refusé d’en préciser le type.

Sa veuve, Olivia Chow, et ses enfants n’ont jamais voulu donner de détails à ce sujet. Mme Chow a affirmé que cette décision visait à ne pas miner le moral des gens se battant contre la même forme de cancer par rapport à leurs chances de vaincre la maladie.

La députée torontoise a d’ailleurs indiqué que les seules personnes qui la questionnaient à ce sujet étaient les reporters.

Patrick Lagacé, chroniqueur au quotidien La Presse, fait partie des journalistes à avoir écrit sur cette question.

«Les lecteurs étaient vraiment furieux que j’aborde ce sujet. Pour la plupart de ceux qui ont réagi, cette question relevait complètement de la vie privée, a-t-il confié dans un courriel. Selon certains, et c’est ce qui m’étonne le plus, si M. Layton s’est présenté en sachant que ses chances étaient minces, c’était sa décision et nous n’avons rien à dire là-dessus.»

D’après l’ancien conseiller politique Norman Spector, la cause de la mort de Jack Layton n’est plus une question d’intérêt public mais bien un sujet de débat pour les historiens. Ce n’était toutefois pas le cas avant les élections fédérales de mai 2011.

M. Spector soutient que les gens ont le droit de savoir s’ils seront dirigés par les personnes qui essaient d’obtenir leur appui.

Dans le système de gouvernement qui prévaut au Canada, un leader qui doit se retirer en raison d’une maladie ou qui meurt est remplacé par son parti, pas par le grand public, a noté M. Spector. Alors, si le NPD avait remporté les élections de 2011, les Canadiens se seraient retrouvés avec un nouveau premier ministre choisi par les membres du NPD deux mois à peine après l’arrivée de Jack Layton au pouvoir.

«Si je vote pour les conservateurs, je veux savoir si c’est Stephen Harper ou Vic Toews qui sera le chef, a illustré Norman Spector. Surtout si Stephen Harper s’est engagé à ne pas relancer le débat sur un certain sujet que quelqu’un d’autre pourrait bien relancer.»

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