Surveillance : le citoyen suspect


Je ne sais pas ce que l’on peut penser le fait de mettre des vidéosurveillances partout … Disons que dans les lieux commerciaux, gouvernementaux .. cela devient une nécessité mais dans les rues ?  D’un autre côtés quand un méfait, un crime, une infraction, les caméras sont un atouts mais jusqu’à quel point … En ville se sentir surveiller en tout temps n’est-ce pas dérangeant et ce même si nous n’avons rien a se reprocher ..
Nuage

 

Surveillance : le citoyen suspect

Québec - Surveillance : le citoyen suspect

La vidéosurveillance empiète sur la vie privée à l’insu des citoyens de Québec.

© Jean-François Desgagnés/Agence QMI

Agence QMI 
Diane Tremblay

QUÉBEC – La vidéosurveillance demeure un moyen intrusif qui menace les fondements mêmes de la démocratie, déclare la Ligue des droits et libertés, en réaction au reportage publié mardi dans le Journal de Québec sur la prolifération des caméras à Québec.

« Ce qui est inquiétant, c’est le changement de paradigme, a commenté Denis Barrette, avocat et porte-parole de la Ligue. Le citoyen devient un suspect aux yeux de l’État, qui donne de moins en moins d’informations. » Le simple fait de se sentir observé est assez pour inciter les citoyens à modifier leurs comportements, même s’ils n’ont absolument rien à se reprocher, estime-t-il.

Le professeur en criminologie à l’Université Laval Stéphane Leman-Langlois a analysé en profondeur cette forme de contrôle de plus en plus utilisée par les organismes publics et les entreprises privées.

Titulaire d’une chaire de recherche, il a participé à la rédaction d’un ouvrage intitulé « Sphères de surveillance » dans lequel il affirme que l’industrie est vouée à un bel avenir.

« Force est de remarquer que la plupart du temps, les surveillants sont eux-mêmes des employés surveillés, souvent davantage que leurs cibles quotidiennes », a-t-il souligné.

Culture du secret

Le manque de transparence de la part des organismes viserait à protéger les réseaux de la controverse politique.

« Autrement, pourquoi protéger des informations élémentaires, de nature peu sensible, et qui de surcroît ne sont pas secrètes, puisqu’elles sont directement observables? » a demandé Stéphane Leman-Langlois.

Selon lui, il y a tout lieu de se pencher sur l’omniprésence des caméras dans notre société avant qu’il ne soit trop tard.

« Un jour, nous atteindrons un niveau de surveillance qui aura un impact réel sur notre vie privée », a-t-il prévenu.

L’Université Queen’s s’intéresse au développement d’un indice de surveillance qui permettrait de faire des analyses comparatives entre les villes, mais cet outil n’existe pas encore.

Consultation publique

Actuellement, aucune loi ne légifère l’installation de caméras de surveillance. La Commission d’accès à l’information (CAI), dont l’un des mandats consiste à assurer la protection des renseignements personnels détenus par les organismes publics, possède huit inspecteurs pour couvrir l’ensemble du Québec.

Depuis dix ans, seulement 13 plaintes ont été faites auprès de cette instance.

« Nos enquêteurs ne sont pas sur le terrain pour faire de la patrouille. On reçoit les appels et on traite les plaintes », a dit André Marois, responsable de la Direction de l’analyse et de l’évaluation.

En 2004, la CAI a tenu une consultation publique qui a mené à l’adoption d’une vingtaine de règles concernant l’utilisation de la vidéosurveillance dans les organismes publics.

Selon ces règles, les organismes doivent faire la démonstration que des solutions moins préjudiciables à la vie privée ont été envisagées. Cependant, peu s’y soumettent, puisque rien ne les oblige.

Après cette consultation, la CAI a demandé au gouvernement de considérer une intervention législative pour lui permettre d’évaluer la nécessité pour les organismes publics d’avoir recours à la vidéosurveillance, mais cette recommandation n’a jamais eu de suite.

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Dans l’œil de Big Brother

Les Londoniens sont filmés au moins 300 fois par jour au cours de leurs déplacements ordinaires.

Le Royaume-Uni est le pays le plus surveillé en Europe, et ce, depuis plus de 30 ans.

Cependant, avec les attentats du 7 juillet 2005, les critiques sont de plus en plus nombreuses par rapport aux failles de ce système qui n’a pas pu prévenir cette tragédie.

Ces attentats ont fait 56 morts et plus de 700 blessés.

Malgré tout, de nombreuses sociétés se lancent dans la vidéosurveillance pour contrer leur taux de criminalité.

En Chine, le projet Peaceful Chongging prévoit l’installation de plus de 500 000 caméras.

Au pays du dragon rouge, le marché de la vidéosurveillance est florissant.

En 2009, la Chine représentait 17 % des dépenses mondiales en vidéosurveillance, derrière les États-Unis, à 29 %.

Comme rien n’arrête le « progrès », on prévoit que les parts de marché en Chine exploseront littéralement au cours des prochaines années.

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